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Protection de l'enfance
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2016

Vers la validation du document final d'une politique publique intégrée de protection de l'enfance claire, débouchant sur des stratégies adaptées aux exigences de la prochaine décennie.
Le Comité de pilotage du projet d'instauration de la politique publique intégrée de protection de l'enfance se réunit, hier et aujourd'hui, à Tunis pour valider la version finale de ladite politique ; un projet qui a été entamé en juillet dernier et qui vise la mise en place d'une politique claire et clairvoyante, susceptible de déboucher sur des plans d'action et de communication à même de servir l'intérêt suprême de l'enfant. Ce projet s'inscrit dans le cadre de l'insertion voulue du dossier de la protection de l'Enfance dans le plan quinquennal de développement 2016/ 2021. Il est établi par le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, en partenariat avec l'Unicef ainsi que d'autres parties prenantes nationales et internationales. Ouvrant la réunion, Mme Samira Maraï, ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, salue l'engagement collectif et l'esprit participatif dont font preuve les parties prenantes impliquées dans ce projet. Elle rappelle que la protection de l'enfance ne relève pas strictement des prérogatives dudit ministère, mais devrait constituer la préoccupation de tous les ministères, du tissu associatif et de la société. La ministre insiste sur l'indispensable implication des enfants dans l'élaboration de cette politique. Ainsi, et outre la consultation régionale opérée dans le cadre du recensement des données basiques, une consultation avait été menée afin d'interpeller les enfants âgés de 12 à 15 ans et de prendre connaissance de leur évaluation du système actuel et leurs attentes de la politique à venir. Mme Maraï indique que le projet promet d'impacter sensiblement la qualité des prestations destinées à l'enfance. Elle insiste, par ailleurs, sur l'impératif d'œuvrer pour la garantie de trois plans cruciaux à la politique publique intégrée de protection de l'enfance (Ppipe) : un plan d'action, un plan de communication et un plan de prévention. De son côté, Mme Aïda Ghorbel, représentant le bureau de l'Unicef en Tunisie, se réjouit du présent projet. « Le document que nous nous apprêtons à valider représente le fruit des recommandations avancées, en 2013, et couronnant le travail d'évaluation du système actuel de protection de l'enfance », fait-elle remarquer.
Depuis juillet 2015, les manches se retroussent en vu d'établir, au bout d'un an, le croquis d'une politique tant escomptée. Mme Raja Belhaj, chef de service à la direction générale de l'enfance, retrace, dans un bref exposé, le processus mené jusque-là pour fixer les objectifs et définir les axes majeurs de la Ppipe. En effet, le projet permet de définir les aspects majeurs d'une vision stratégique et prospective de la protection de l'enfance en Tunisie. Ce qui nécessite la révision de certaines questions relatives aux droits de l'enfant ainsi que la consolidation des mécanismes de travail, pour des résultats optimaux.
Les enfants ont leur mot à dire
Aussi, un comité de pilotage a vu le jour en juillet dernier, regroupant des représentants de toutes les parties concernées. Ce comité a déjà adopté le document référentiel sur la Ppipe. Puis, un comité technique a été chargé de réaliser les consultations régionale et infantile. « Nous sommes à la dernière étape de la deuxième phase de l'élaboration du projet. Nous allons, en effet, valider la version finale du document du projet. Suite à quoi, nous allons définir un plan d'action pour l'année 2016/ 2017. Ce travail sera, ultérieurement, examiné dans le cadre d'un CMR pour homologation. La Ppipe sera annoncée au public lors d'une conférence nationale, organisée à l'occasion », explique-t-elle.
Pour établir le croquis de la Ppipe, il fallait, outre l'implication des parties concernées, faire appel à un expert chevronné dans la protection de l'enfance. M. Mondher Khaled a assisté ce travail d'envergure. « La Tunisie n'a pas de politique de protection de l'enfance. Elle ne dispose, jusque-là, que de programmes non coordonnés. Aussi, a-t-on dessiné les périphéries d'une politique axée sur les dix ans à venir. Le choix de cet intervalle de temps est purement stratégique, étant donné les éventuels changements d'une société en mouvement », inique-t-il.
Anticiper les changements
L'expert a procédé, dans son travail, à une étude prospective, ressortant les changements qui marquent l'évolution de notre société. Il s'agit en effet d'une société qui s'achemine vers le vieillissement. En 2011, la population juvénile comptait 32% de la population alors qu'elle représentait 50% de la population auparavant. Une population qui a, aussi, tendance à se féminiser. Selon M. Khaled, les femmes représentaient 49,9% de la population en 2004. Actuellement, elles représentent près de 50,2% de la population. La Ppipe doit tenir compte des faux pas d'autrefois, dont la disparité en matière de répartition des richesses. Elle doit aussi prendre en considération le contexte politique. La Tunisie évolue au rythme d'une démocratie naissante ; un contexte caractérisé par le droit à la liberté, mais aussi par des exigences sécuritaires prépondérantes.
Cerner les facteurs propices à la vulnérabilité
S'agissant de la situation de l'enfance, l'expert souligne l'ampleur du risque de vulnérabilité au détriment de l'accès aux droits de l'enfant. L'abandon scolaire, le risque de délinquance surtout chez les garçons déscolarisés et dépourvus d'un soutien familial, l'absence d'alternatives de protection à même de substituer aux mécanismes conventionnels, trop institutionnalisés, la violence, l'exploitation sous toutes ses formes, le terrorisme, le traitement médiatique des thèmes liés à l'enfance; autant de facteurs propices à la vulnérabilité de la classe infantile. « Cela dit, la précarité constitue, à mon sens, le plus redoutable facteur de vulnérabilité chez l'enfant », note M. Khaled. Le système actuel de la protection de l'enfance n‘est autre, selon l'expert, qu'un « présystème, un ensemble inachevé, caractérisé par un cadre juridique incomplet, des programmes peu intégrés, des institutions concentrées sur le littoral, des ressources humaines insuffisantes ainsi que d'une production de la connaissance déficiente ». La Ppipe doit, obligatoirement, combler les failles et assurer une meilleure qualité des prestations destinées à l'enfance. La protection de l'enfant constitue un droit fondamental, qui trouve des assises juridiques aussi bien dans la Constitution que dans les principes de la Convention des droits de l'enfant, dans le Code de protection de l'enfant et dans les Objectifs du développement durable. Le projet sera fondé sur ce socle juridique. Il aura pour objectif de garantir l'intérêt suprême de l'enfant, respecter son cycle de vie et impliquer l'environnement familial et social dans sa protection. M. Khaled insiste sur l'amélioration et la labellisation de la qualité des prestations en matière de protection de l'enfance. Notant que la Ppipe débouchera sur la mise en place d'une série de stratégies, touchant à la prévention des risques, à la protection et la prise en charge des enfants vulnérables, au changement des mentalités en faveur de la protection de l'enfant, à la détection et au suivi des enfants à besoins spécifiques, à la coordination entre les parties concernées et au partenariat.


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