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Les premières désillusions
Qui est Ben Ali? (7e partie)
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 02 - 2011

Aussitôt installé sur le «trône» de la République, Ben Ali renforce son emprise sur le PSD, qui change de dénomination en 1988 et devient le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Il met en route une grande partie des réformes revendiquées par l'opposition, mais il ne tarde pas à les vider peu à peu de toute substance.
Il amende ainsi la Constitution pour supprimer la présidence à vie instaurée par son prédécesseur en 1975, limite le nombre de mandats présidentiels à trois, promulgue une nouvelle loi organisant et limitant la durée de la garde à vue, supprime la Cour de sûreté de l'Etat, supprime la fonction de procureur général de la République, qui symbolisait l'assujettissement de l'ensemble du corps de la magistrature au pouvoir exécutif, fait ratifier sans aucune réserve la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, promulgue une loi sur les partis politiques qui renforce le pluralisme et, dans la foulée, autorise de nouveaux partis.
Dans la même volonté d'apaisement en direction de la société civile, le nouveau président esquisse une ouverture en direction des partis de l'opposition, des associations, dont la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (Ltdh) et de la classe intellectuelle. Un Pacte national rassemblant les différentes formations politiques et sociales du pays est signé le 7 novembre 1988 et engage les signataires au respect de l'égalité des citoyens des deux sexes, des acquis du Code du statut personnel (CSP), des principes républicains et du refus d'utiliser l'Islam à des fins politiques. Ce texte fondateur, aujourd'hui presque jeté aux oubliettes, vise à constituer un front national le plus large possible autour d'un projet de société libérale, séculariste et moderne, dans le but de marginaliser Ennahdha. Accusé de s'opposer ouvertement au principe d'un Etat républicain en préconisant un Etat islamique, et à des lois tunisiennes comme le CSP, ce parti pas reconnu est accusé d'enfreindre au Code des partis politiques, qui interdit la constitution de formations sur une base religieuse.
«En l'espace de quelques mois, tous les détenus politiques [y compris les islamistes] ont été libérés et le paysage de l'information s'est métamorphosé. La radio et la télévision ont, dans une certaine mesure, abandonné la langue de bois, avec des informations sur la Ligue et, de temps à autre, des débats auxquels participaient des opposants notoires, jusque-là absolument interdits d'antenne. Les kiosques à journaux se sont enrichis d'un bon nombre de nouveaux titres. En 1989, avec El-Badil pour le POCT [Parti ouvrier communiste tunisien] et El-Fajr pour Ennahdha, tous les courants d'opinion, de l'extrême gauche à l'extrême droite, avaient leurs journaux», se souvient Charfi, comme pour expliquer l'élan d'espoir suscité dans l'élite tunisienne par l'avènement de Ben Ali à la magistrature suprême, et justifier par là-même sa collaboration étroite avec ce dernier, jusqu'en 1994.
«D'ailleurs, explique encore Charfi, à la veille de l'élection présidentielle du 2 avril 1989, par-delà les conditions restrictives des candidatures, aucun leader politique n'a manifesté le désir de se porter candidat. Comme s'il y avait eu un accord tacite, une sorte de consensus, pour offrir à Ben Ali un mandat de Président élu à titre de reconnaissance pour service rendu à la patrie.» Et d'ajouter cette petite phrase qui exprime l'amère désillusion que le nouveau régime allait inspirer quelques années plus tard : «Personne ne prévoyait que quelques années après tout allait changer».
Il y avait pourtant des signes avant-coureurs d'un retour de manivelle que les représentants de la classe politique et intellectuelle, bercés par les douces promesses du régime ou aveuglés par leurs propres illusions, n'avaient pas saisi la gravité à temps. Charfi les relève après coup : «Après l'adoption du Pacte [national], des mesures politiques sont prises qui me font douter du régime et me posent des cas de conscience: Hichem Djaït est interrogé par le juge d'instruction à propos d'un article qu'il avait fait paraître dans un hebdomadaire ; un huissier-notaire saisit la maison de Mohamed Mzali en vue de sa vente pour l'application du jugement qui l'avait condamné, avant le changement du 7 novembre 1987, à une lourde amende en plus de la peine de prison ; enfin, et surtout, des élections présidentielles et législatives anticipées sont annoncées pour bientôt, sans modification préalable du mode de scrutin». Ce qui signifie le maintien du scrutin majoritaire à un tour, qui favorise les grands partis et écrase les autres. Signe plus inquiétant encore: parmi les quatre revendications que Charfi avait présentées, au nom du comité directeur de la Ltdh dont il assumait alors la présidence (amnistie de tous les anciens détenus politiques, l'amélioration du statut des magistrats, la promulgation du statut des prisons et la réintégration dans la fonction publique d'un fonctionnaire renvoyé pour activité syndicale), seule la seconde ne sera pas satisfaite. «Enfin, le chef de cabinet du ministre de la Justice m'a reçu pour une longue séance de travail. Pas question de commission pour l'amélioration du statut des magistrats. Il a simplement noté mes suggestions sans les discuter. A l'issue de la rencontre, je n'étais pas très optimiste. En fait, ce sujet n'a jamais avancé. Et pour cause : il engageait trop l'avenir», raconte Charfi.
Signes avant-coureurs
Tous ces signes avant-coureurs ont donc fait douter le futur ministre de Ben Ali et lui ont posé des «cas de conscience» (sic !), mais pas au point de l'en repousser définitivement. Et cela a une explication: dans sa volonté de renforcer la légitimité de son régime, le nouvel homme fort du pays a continué à chercher le soutien des représentants de la gauche démocratique, à satisfaire certaines de ses revendications et, ce faisant, à l'impliquer davantage à ses côtés dans la guerre sans merci qu'il allait bientôt livrer aux islamistes d'Ennahdha. A l'instar de Charfi, ces représentants de la gauche démocratique n'étaient pas peu flattés de leurs «rapports cordiaux avec le Président de la République». Charfi, leur chef de file, vouait même une certaine admiration pour Ben Ali.
On s'étonnera cependant que ce brillant universitaire, ancien défenseur des droits de l'Homme devenu ministre d'un gouvernement qui a foulé aux pieds ces mêmes droits, n'ait pas pris conscience plus tôt de la duplicité du Président Ben Ali, qui est passé maître dans l'art de donner d'une main ce qu'il reprend aussitôt de l'autre.
Dans sa guerre contre les islamistes, Ben Ali avait besoin du soutien de la gauche démocratique, et Charfi était, à l'époque, la personnalité la plus emblématique — la plus modérée et accommodante aussi — de cette gauche. Il avait donc le profil de l'emploi et pouvait être mis à contribution, mais dans des limites que le président n'allait pas tarder à lui indiquer, notamment en multipliant les obstacles sur son chemin.
Dans ses mémoires, Charfi s'attarde d'ailleurs sur les coups bas, croche-pieds et actes de sabotage dont il était constamment l'objet durant toute sa mission à la tête du ministère de l'Education, mais — et c'est surprenant — à aucun moment il n'y soupçonne la main de Ben Ali, comme si les collaborateurs de celui-ci, au gouvernement comme au parti au pouvoir, pouvaient agir sans son consentement ou ses instructions.
«Les relations entre le président et moi ont toujours été complexes, ambiguës, elles obéissaient à des sentiments contradictoires», admet Charfi. Tout en continuant de mettre la duplicité présidentielle sur le compte d'une simple différence de caractère.
«Vitrine du régime», «avaler des couleuvres»: ces expressions, sous la plume de Charfi, trahissent le sentiment profond de ce dernier – tu par orgueil mais avoué tout de même à demi-mot – d'avoir été floué, trompé, utilisé.
Relations utilitaires
Par-delà le cas de cet intellectuel progressiste, assez significatif des relations utilitaires que Ben Ali entretenait, durant les premières années de son règne, avec les représentants de la gauche démocratique — qu'il a fini, lorsqu'il s'est senti confortablement installé sur son «trône», par réprimer aussi durement que les islamistes —, les commentaires de l'ancien ministre de l'Education laissent à penser qu'il y avait eu deux périodes Ben Ali: la première s'étendait de 1987 et 1991, et la seconde a commencé après cette date. A le croire, Ben Ali n'avait pas, au début de son règne, un projet de dictature. Ce n'est qu'après, et sous la poussée des islamistes, qu'il l'est devenu. La volonté affichée du nouveau président de promouvoir la démocratie et le pluralisme était-elle sincère ou cherchait-il seulement à gagner du temps pour consolider son pouvoir et asseoir sa domination sur les rouages de l'Etat, de l'administration publique, du parti de la majorité et de tous les autres leviers du pouvoir dans le pays?
Les avis sur ce sujet sont partagés. Certains pensent que le président ne songeait pas à se maintenir à la tête de l'Etat au-delà de trois mandats, mais le goût des fastes associé au pouvoir et la crainte de devoir répondre de certains abus commis dès les premières années de son règne, notamment dans la répression sauvage des islamistes, sans parler des encouragements intéressés d'une cour mielleuse toute soumise à sa dévotion, l'ont finalement poussé à amender la Constitution une seconde fois en 2002 pour se donner la possibilité de briguer un quatrième voire un cinquième mandat, restaurant ainsi, d'une certaine manière, la présidence à vie qu'il avait pourtant promis de supprimer.
Un spécialiste de droit constitutionnel, qui avait été consulté pour l'amendement constitutionnel de 1988, soutient cette thèse. Selon lui, la commission chargée de plancher sur cet amendement a eu du mal à convaincre le président d'opter pour la formule d'un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable deux fois. Ben Ali, qui était favorable à la limitation de la durée du règne d'un président de la République à un mandat renouvelable une seule fois, aurait mis beaucoup de temps avant d'accepter leur proposition.
Le président était-il sincère ou prêchait-il le contraire de ce qu'il désirait au fond de lui-même pour dérouter ses interlocuteurs et les pousser à livrer le fond de leur pensée, stratagème auquel il a recours très souvent, selon les témoignages concordants de personnes qui l'ont côtoyé de près? Avait-il, dès le départ, le projet d'instaurer une nouvelle dictature ou y était-il venu peu à peu, poussé en ce sens par ses proches collaborateurs et par son clan familial, surtout après son second mariage avec Leïla Trabelsi, soucieux de bénéficier le plus longtemps possible des prébendes et privilèges que leur offre la proximité du pouvoir?
Charfi, on s'en doute, soutient la première thèse, qui justifie mieux ses engagements personnels de l'époque. Il parle même d'un «printemps de la démocratie tunisienne», qui n'aura finalement duré que quatre ans: de 1988 à 1991.
De là à penser que les islamistes ont transformé un président présumé démocrate (ou, tout au moins, en voie de l'être) en un redoutable dictateur, ce qu'il est réellement devenu, il y a un pas que Charfi franchit allègrement.
Bien entendu, le débat reste ouvert. Les historiens y apporteront un jour leurs éclairages. Mais quoi qu'il en soit, le résultat est finalement le même : «Le régime devient de plus en plus autoritaire. Les arrestations dans les milieux islamistes sont trop nombreuses, les traitements policiers violents, indéfendables, les condamnations par les tribunaux lourdes et démesurées, donc inacceptables. En outre, après la disparition d'El-Badil et d'El-Fajr, voici le tour du Maghreb, hebdomadaire de qualité, de cesser de paraître, à la suite d'une lourde condamnation de son directeur Omar Shabou. Après les islamistes, c'est le tour des militants du POCT d'être pourchassés, maltraités par la police et lourdement condamnés», écrit le même Charfi.
Puis, de proche en proche, c'est toute l'opposition, libérale, laïque et de gauche, et toute la société civile indépendante qui seront muselées, marginalisées, combattues, réduites au silence…
Vingt ans et quelques milliers d'arrestations plus tard, Ben Ali dirige désormais la Tunisie d'une main de fer, mettant le pays en coupe réglée et imposant le silence à toute voix discordante, fort du soutien — obligé ou intéressé — de la nomenklatura locale et du blanc seing complice des partenaires occidentaux, se disant impressionnés par les soi-disant «progrès économiques et sociaux» réalisés sous sa conduite, ainsi que par la relative stabilité qu'il a su maintenir dans le pays, qui plus est, dans un contexte régional et international particulièrement tendu.
Des actes en contradiction avec les déclarations
En fait, pour contenter ses partenaires occidentaux, Ben Ali n'abandonne jamais clairement et ouvertement le processus de normalisation et de démocratisation de la vie politique. Se présentant toujours comme un «homme de dialogue et d'ouverture», il prend toujours soin d'inscrire toutes ses décisions dans le cadre de ce processus, même si les résultats de ses actes sont souvent en nette contradiction avec ses déclarations de principe. Ainsi il multiplie les mesures visant à libéraliser davantage le secteur de l'information et de la communication, mais ce secteur reste toujours à la traîne des aspirations du pays, enregistrant même un net recul par rapport à ce qu'il était à la veille de son accession au pouvoir. Il prend des dispositions pour renforcer le pluralisme politique, mais c'est la domination du parti de la majorité qui, par un curieux paradoxe, s'en trouve, à chaque fois, davantage renforcée. C'est comme si, dans le domaine politique, le pays ne peut avancer qu'à reculons, en faisant un pas en avant suivi toujours de deux pas en arrière.
Ainsi, lors de la première élection présidentielle après sa prise de pouvoir, en avril 1989, Ben Ali, seul candidat, est élu avec 99,27% des voix. Son parti a raflé tous les sièges au Parlement. Le ver était donc déjà dans le fruit. Pour preuve: en mars 1994, encore candidat unique à sa propre succession, Ben Ali est crédité de 99,91% des voix. En octobre 1999, lors de la première élection présidentielle pluraliste, il est encore réélu triomphalement avec 99,45% des voix contre deux comparses désignés : Mohamed Belhaj Amor (0,31%) et Abderrahmane Tlili (0,23%). L'amendement de la Constitution, approuvé par référendum en 2002, élimine la limitation des mandats présidentiels à trois et élève l'âge d'éligibilité à la fonction présidentielle à 75 ans, ouvrant ainsi un grand boulevard devant Ben Ali. Ce dernier est réélu, en octobre 2004, par 94,49% des suffrages, contre trois comparses. Les élections d'octobre 2009 n'ont finalement pas dérogé à cette tradition d'unanimisme monolithique sous couvert de pluralisme arithmétique et de pur apparat…
(A suivre)


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