L'Espagne comptait à la fin du deuxième trimestre près de 5,7 millions de chômeurs, soit un taux de 24,63%, et de plus de 53% chez les jeunes, encore en hausse malgré les effets saisonniers habituels liés au tourisme, selon les chiffres officiels publiés vendredi. Alors que la récession devrait elle aussi s'aggraver, le nombre de chômeurs a augmenté, avec 5.693.100 personnes à fin juin, même si cette progression s'est ralentie par rapport aux trois premiers mois de l'année. L'Espagne comptait à fin mars 24,44% de chômeurs. 53.500 personnes ont perdu leur emploi, entre avril et juin, contre 365.900 au premier trimestre, selon les chiffres publiés par l'Office national de la statistique (Ine). Le niveau de sans-emploi est particulièrement grave dans la tranche d'âge des 16-24 ans, dont 53,27% sont à présent au chômage, contre 52,01% au trimestre précédent. Le nombre de foyers dont tous les membres sont au chômage continue lui aussi d'augmenter, à 1.737.600 foyers, soit 9.300 de plus qu'au premier trimestre. Ces mauvaises nouvelles, alors que le pays est engagé dans un effort de rigueur sans précédent, s'ajoutent à l'aggravation probable de la récession, dont les chiffres provisoires seront annoncés lundi: selon les prévisions de la Banque d'Espagne, généralement confirmées par les chiffres officiels, le recul du PIB devrait s'établir au deuxième trimestre à 0,4%, contre 0,3% au premier. Selon les nouvelles prévisions du gouvernement, l'Espagne, qui affiche le taux de chômage le plus élevé parmi tous les pays industrialisés, devait compter 24,6% de demandeurs d'emploi à la fin de 2012. Le pays, qui a obtenu de Bruxelles un assouplissement de ses objectifs de déficit public jusqu'en 2014, a dû annoncer en échange un nouveau plan de rigueur draconien, associant coupes budgétaires et hausses d'impôts dans le but d'économiser 65 milliards d'euros sur deux ans et demi. Des mesures qui, selon de nombreux analystes, devraient encore aggraver la récession et le chômage.