Amour sous surveillance ? Les diplomates américains interdits de relations en Chine    Par Imed Dérouiche : Danse avec la Mort    Mesures protectionnistes de « Trump » : La Tunisie face au séisme du commerce mondial    Tunisie – Gafsa : Un ouvrier du zoo attaqué par un lion    FIFA : Lancement de packs de billets exclusifs pour la Coupe du Monde des Clubs 2025    Mondher Zenaidi fustige les contradictions dans le discours présidentiel    Sud Liban : Tsahal bombarde un centre de santé à la ville frontalière Naqoura    Droits de douane : ils ont tout vu et disent tout, ce que Trump a commis est innommable…    Les choses s'améliorent, Sonia Dahmani cesse sa grève de la faim    HCR : Diminution significative des arrivées de migrants sur les côtes italiennes    Tunisie – Mandat de dépôt à l'encontre d'un ex DG d'une société nationale    Guerre économique de Trump des effets négatifs sur la Tunisie... Mais aussi des effets positifs indirects    Ministère de l'Agriculture: Karim Mama, nommé PDG de la SECADENORD    Foot-Sélection tunisienne féminine : Deux tests amicaux face au Maroc les 5 et 8 avril    Conseil supérieur de l'éducation : Kais Saïed fixe le cap de la réforme scolaire    Apple, Amazon et les autres géants de la tech sous pression : Les détails des impacts des surtaxes sur la Bourse    Prix du design de l'Institut du monde arabe 2025 : l'IMA annonce l'ouverture de l'appel à projets    Transport : Réception d'un nouveau lot d'autobus au cours de ce mois    Taxis individuels : la hausse à 1 dinar 200 du tarif de départ des compteurs est insuffisante, selon les chauffeurs    Firas Gattoussi, numéro 1 mondial et olympique dans la catégorie des moins de 80 kg    GNV étend son réseau au Maghreb et fait son entrée en Algérie    34ème édition du mois du patrimoine : les préparatifs au sein d'une réunion de travail    Vient de paraître : Tunisiens émérites    Ajbouni à Saïed : arrêtez de perdre votre temps à insulter l'opposition et faites votre travail !    Goethe-Institut Tunis organise masterclasses et projection en avril et mai 2025 : Un regard sur l'art et le cinéma    Figures de Sfax : Un livre instructif de Ridha Kallel    Tunisie Telecom brille également par sa communication    Nomination de Laurent Thuillier en tant que DG de la Star    Les voitures électriques en Tunisie: est-ce un avenir prometteur?    Météo en Tunisie : vent fort et mer très agitée dans la région du Cap Sarrat et le Golfe de Gabès    Le Royaume-Uni organise son premier grand sommet international sur la sécurité des frontières    Festival « Vues d'Afrique » 2025 : « Les Enfants Rouges » de Lotfi Achour en lice dans la compétition des longs métrages    Grève Générale des Agents de Santé à cette date    Tourisme alternatif : Le ministère finalise les cahiers des charges    Guerre commerciale mondiale : la Tunisie face au choc Trump    Rapatriement forcé d'immigrés tunisiens : la vérité sur ces vidéos    Chèques sans provision : Jalel Khedmi affirme que l'amnistie générale sera adoptée    Kaïs Saïed : « Les révolutions n'admettent pas les demi-mesures »    Hannibal Lease propose un dividende de 0,45 dinar au titre de l'année 2024    Kaïs Saïed exige un recensement de tous les projets bloqués    Prime jugée inéquitable à Tunisie Telecom : 12 syndicats et la fédération s'indignent d'un traitement jugé « discriminatoire »    Appel téléphonique Saïed-Dbeibah    Incidents en Afrique du Sud : l'ambassade de Tunisie intervient pour les supporters de l'EST    Le festival E-Fest revient à Ksar El Ferch : l'art numérique à l'honneur tout en préservant le patrimoine tunisien    Demandes de visa : l'ambassade des Etats-Unis en Tunisie met en garde contre les intermédiaires    Basket-ball : Des confrontations intenses en demi-finale de la compétition    Incidents en Afrique du Sud : l'Espérance Sportive de Tunis dénonce des violences contre ses supporters    Foot mondial : résultats des matches du dimanche 30 mars (vidéos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Haro sur les violences sexuelles dans les conflits
Tribune
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 04 - 2015


Par Zainab Hawa Bangura
Une adolescente est kidnappée dans son village en Irak pour être vendue ou offerte aux combattants de l'EIIL en tant qu'esclave sexuelle. Dans un centre de détention en Syrie, un homme subit une agression sexuelle destinée à le punir pour ses opinions politiques, réelles ou supposées. Au Soudan du Sud, une femme doit choisir entre nourrir sa famille ou être attaquée par des hommes armés alors qu'elle tente de ramasser ses récoltes. En Bosnie, une femme passe chaque jour à l'endroit où elle a été violée pendant la guerre, il y a vingt ans. Voilà la réalité vécue par les femmes, les enfants et les hommes du monde entier qui subissent la menace de violences sexuelles dans les conflits.
Au cours de l'année dernière, d'importants progrès ont été enregistrés dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits. Le Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles commises en période de conflit qui s'est tenu à Londres en juin 2014, a rassemblé des milliers de dirigeants politiques, de chercheurs, d'acteurs de la société civile et de survivants qui se sont à nouveau engagés à éradiquer ce type de violation des droits de l'Homme. Les pays en proie aux violences sexuelles liées aux conflits ont pris d'importants engagements, la République démocratique du Congo a désigné un représentant présidentiel sur les violences sexuelles dans les conflits et l'enrôlement d'enfants et la Colombie a assuré que les survivants de violences sexuelles occuperaient des places de choix à la table des négociations d'un accord de paix pour mettre fin aux longues décennies de guerre civile de ce pays.
Toutefois, malheureusement, les réussites de l'année dernière se sont heurtées à des défis nouveaux et terrifiants. En avril, le violent groupe extrémiste Boko Haram a fait les gros titres en enlevant 276 écolières de leur dortoir au Nigeria et en proclamant que les sévices qu'ils font subir aux femmes et aux filles sont un des piliers de leur doctrine. En août 2014, l' Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) a commencé à s'attaquer à des femmes yezidi au nord de l'Irak, en les capturant par centaines et en les forçant à devenir des esclaves sexuelles. Les histoires horribles issues des témoignages de ces jeunes femmes ayant réussi à s'échapper dépeignent une image d'une sauvagerie et d'une brutalité inimaginables, certaines jeunes femmes préférant se suicider plutôt que de vivre en captivité chez les membres de l'EIIL.
Ces groupes extrémistes violents sont les plus effrayants à cause de l'organisation et de la sophistication dont ils font preuve pour soumettre les femmes et leur faire subir des sévices dans les zones qu'ils contrôlent. Ils les exploitent comme des trophées pour récompenser leurs combattants puis diffusent ces crimes sur les réseaux sociaux pour attirer de nouvelles recrues. Leur utilisation des technologies du XXIe siècle amplifie leur voix et les aide à diffuser leur message moyenâgeux à un public international.
Cette année, le rapport des Nations unies sur les violences sexuelles dans les conflits décrit des crimes affreux tels que ceux-ci, commis partout dans le monde. Il constitue une chronique de la tendance dérangeante de l'utilisation de violences sexuelles à l'encontre d'adolescentes, notamment des viols, de l'esclavagisme sexuel et des mariages forcés. Il consigne l'utilisation des violences sexuelles pour persécuter des minorités ethniques et religieuses et cibler des personnes en fonction de leur orientation sexuelle réelle ou soupçonnée. Il décrit la vulnérabilité accrue des personnes déplacées et des populations de réfugiés vis-à-vis des abus sexuels. Il décrit en détail la stigmatisation et la honte qui empêchent les femmes, les hommes et les enfants de parler lorsqu'ils ont été attaqués et souligne le manque de services et d'aide à l'intention des survivants qui trouvent la force de parler de ce qu'ils ont subi. Le rapport établit une liste de 43 groupes armés fortement soupçonnés d'avoir commis de tels crimes, notamment des forces armées d'Etat, des groupes d'opposition et des groupes extrémistes violents.
Le rapport indique la brutalité affreuse à laquelle nous faisons face dans le combat pour l'éradication du viol comme une arme de guerre, mais sert aussi de tableau de bord à la recherche de solutions. En soulignant l'importance du renforcement des systèmes de justice civile et militaire, le rapport insiste sur des efforts nécessaires plus larges pour renforcer les protections institutionnelles contre l'impunité. Par exemple, l'année dernière, des officiers de police et de l'armée, dont certains de haut rang, dans des pays abordés dans le rapport, ont été accusés, poursuivis et reconnus coupables d'accusations de violences sexuelles dans les conflits.
Le rapport indique, également, la nécessité d'inclure les violences sexuelles dans les négociations de cessez-le-feu et de paix et d'exclure toute amnistie pour les coupables. Il demande le déploiement d'un nombre plus important de femmes soldats du maintien de la paix dans les zones de conflit et une participation accrue des femmes dans tous les processus de maintien de la paix et de consolidation de la paix. Parmi les solutions figurent le besoin urgent d'une augmentation des services médicaux, psychosociaux, juridiques et économiques et un appui aux survivants pour les aider à reconstruire leur vie. Les systèmes d'alerte précoce nationaux et internationaux qui font sonner l'alarme contre l'escalade des violences sexuelles doivent être adoptés pour prévenir ces atrocités avant qu'elles ne soient commises.
L'année dernière a permis de démontrer que, grâce à une volonté politique et à des actions qui fonctionnent sur la durée, nous pouvons renverser le courant contre les violences sexuelles dans les conflits. Malgré ces avancées, la communauté internationale doit renouveler ses engagements et imposer une pression accrue pour ne pas perdre le terrain que nous avons gagné et répondre aux problèmes que posent les menaces nouvelles et émergentes.
Les coupables des violences sexuelles dans les conflits sont des adversaires impitoyables dont les crimes peuvent prendre plusieurs formes et exigent des réponses complètes. Nous devons redoubler d'efforts pour mettre fin à l'impunité des coupables, garantir une justice et des réparations pour les victimes et renforcer l'état de droit jusqu'à ce qu'aucun innocent ne se trouve sous la menace de telles violences.
Ces défis sont importants mais la vie de milliers de personnes dans le monde ainsi que la paix et la sécurité futures de notre communauté mondiale en dépendent. Il n'est pas question de perdre cette bataille.
(Zainab Hawa Bangura est secrétaire générale adjointe des Nations unies et représentante spéciale du secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.