Le cerveau et le temps : une découverte qui bouleverse tout ce que l'on croyait savoir    Le ciel va s'éteindre en plein jour... une éclipse exceptionnelle attendue en 2026    L'or recule sous la pression du dollar et des craintes inflationnistes    Hôpital Habib-Thameur : un nouveau parcours pour améliorer l'accueil des patients    Déplacement en Tunisie de Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance, sur la protection des enfants face au numérique    Autoroute A1 : trafic perturbé à Nabeul après la reprise des travaux    Etats-Unis : rappel strict sur le respect des lois pour les visiteurs    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    La caille domestique: Un grand potentiel nutritionnel et économique peu exploité    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    Lotfi Chedly - Sadok Belaïd: Un professeur, un modèle...un ami    Prix des billets, dates, vente officielle : le guide complet du Mondial 2026    Le Marché de l'agriculteur à Tunis les jeudis et vendredis pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens    Chômage de longue durée en Tunisie : la nouvelle plateforme va-t-elle enfin débloquer les recrutements ?    Météo en Tunisie : températures en hausse    Santé, innovation, IA : Philip Morris International plaide pour une transformation à impact réel    Le Pr Slim Laghmani poursuit ses entretiens à New York, en soutien de sa candidature au poste de juge au Tribunal international du droit de la mer    L'hérédité et le destin: la part du biologique et la part du social    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    Voici le programme de la Ligue 1 aujourd'hui... deux duels à ne pas rater !    Bonne nouvelle pour les diplômés chômeurs ? Saïed fait le point    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Stade olympique d'El Menzah : les travaux reprennent enfin fin 2026 !    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Que reste-t-il du droit international ? Un colloque international à la Faculté des Sciences juridiques de Tunis, les 13 et 14 avril 2026    Accès gratuit aux musées et sites historiques de Tunisie à l'occasion de la fête des martyrs    Championnat mondial de calcul mental 2026 : un élève tunisien âgé 8 ans remporte le 1er prix    Téléviseurs QNED evo 2026 : LG repousse les limites du grand écran avec l'IA    L'Institut supérieur de biotechnologie de Sfax organise une journée portes ouvertes avec plus de 30 entreprises industrielles    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale : Alors que tout change...    Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027 : lancement de l'appel à candidatures    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'affaire des eaux
Mémoire collective - Février 1885
Publié dans Le Temps le 01 - 03 - 2007

Cette affaire était décrite par H. Pontois dans son ouvrage « Les odeurs de Tunis », comme « une de ces affaires qui font véritablement époque dans l'administration d'un pays protégé en voie de réorganisation ».
En effet, des mesures prises par l'administration à la fin de l'année 1884, consistaient notamment à augmenter le tarif de consommation des eaux de 60% dans la ville de Tunis. Ce qui suscita le mécontentement général de la population.
Qu'y avait-il d'abord derrière cette mesure ?
La société Baccouche et associés a bénéficié en 1872 d'une concession pour une durée de trente ans aux fins de l'entretien et de l'exploitation des eaux de Zaghouan pour l'alimentation de Tunis et ses proches banlieues.
Faisaient partie de cette société le général Rostom et le Général Hassine.
Cependant et dans le but de favoriser un banquier français : Charles Durand, l'administration des travaux résilia le contrat de concession de cette société constituée de Tunisiens, au profit dudit banquier et ce d'une manière unilatérale et abusive.
Au vu de cette nouvelle situation, on somma les usagers de payer le nouveau tarif en contractant une nouvelle police. Ce qui engendra la coupure d'eau pour tous ceux qui ont refusé cette nouvelle mesure jugée inique.
Dès février 1885, les habitants de la capitale se sont vus privés d'eau.
Cette affaire prit un caractère politique et religieux, l'eau étant nécessaire pour le musulman, tenu de faire ses ablutions cinq fois par jour.
Après des manifestations à travers la capitale et suite à un autre décret du 2 avril 1885 pris par l'administration coloniale, fixant une nouvelle réglementation en l'occurrence un grand nombre de manifestants se dirigèrent au Palais d'Ali Bey afin de protester contre cette situation.
Le Bey qui, malheureusement, régnait mais ne gouvernait pas, parce qu'il avait les mains liées, et que le pouvoir réel était entre les mains du Résident Général, ne trouva rien d'autre à faire que d'indiquer aux représentants des manifestants, les notables du pays, habilités à parler en leur nom, de rédiger une lettre au Résident Général, dans laquelle ils lui font part de leurs doléances.
Ce qui fut fait et le Bey permit de la faire parvenir entre de bonnes mains, en chargeant à cet effet, son Premier ministre à l'époque, Abdelaziz Bouâttour.
Dans son ouvrage, « La Tunisie, protégée par la France... », déjà cité dans notre rubrique, Mohamed Abdelmoula, cite cette anecdote lors de la rencontre d'Ali Bey avec les représentants des manifestants à son palais de la Marsa, en ces termes : « Ces délégués en présence de plusieurs manifestants, qui remplissaient les places de la Marsa, ont donné lecture à S.A. le Bey de la plainte susdite, et lorsqu'on vint au passage concernant la réglementation nouvelle... les sanglots ont éclaté. C'est alors que le Bey tout ému, leva les bras au ciel, s'écria : « Vous venez pleurer dans la maison des larmes ! ».
Quelque temps après, les représentants des manifestants, qui avaient signé ladite pétition adressée au Résident, étaient revenus à la charge.
Ils allèrent à nouveau voir le Premier ministre du Bey afin de s'enquérir de ce qu'il était advenu de leurs doléances. Mais indirectement, il leur fit comprendre que le Bey n'y pouvait rien et qu'en tout état de cause celui-ci n'avait aucun pouvoir ni aucun moyen pour influencer la décision du Résident Général.
En désespoir de cause, une nouvelle manifestation, organisée par lesdits représentants et dirigée par le Cheikh Mohamed Senoussi, eut lieu à la mosquée de Sidi Mehrez à Bab Souika.
Mohamed Senoussi, que nous avons plusieurs fois cité dans notre rubrique, fut un réformiste qui s'était érigé avec véhémence contre les injustices du colonialisme, et qui fut pour cela sévèrement réprimandé.
D'ailleurs, suite à cette manifestation il fut arrêté ainsi que d'autres manifestants. Ils ont été déportés à plusieurs endroits à l'extrême sud tunisien.
Le problème ne fut donc pas résolu pour autant.
Bien plus, suite à la répression des autorités coloniales, les autres notables qui étaient, pourtant, au départ, résolus à aller jusqu'au bout, finirent par se résigner afin de ne pas subir le même sort que leurs collègues et d'éviter les réprimandes et les pires des exactions perpétrées par les autorités coloniales.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.