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L'autopsie révèle que l'ancien avant-centre de la sélection fut tué par balles
33ans après la mort par la foudre d'Akid en Arabie Saoudite
Publié dans Le Temps le 19 - 07 - 2012

• A l'époque les Tunisiens croyaient à un autre coup de foudre

Les moins de vingt ans ne se rappellent certainement pas de Mohamed Ali Akid, cet attaquant du club sfaxien qui disputa avec l'équipe nationale de Tunisie la Coupe du Monde en 1978, en Argentine.
Il n'avait à l'époque que 28 ans.

Après ce mondial historique où il se distingua par son dynamisme et ses buts sans bavure, il rejoignit le Club saoudien Anasr Ryadh avec lequel il signa un contrat pour quelques années. Hélas ce contrat a été soudainement interrompu en 1979, suite à sa mort dans des conditions restées à l'époque mystérieuses, malgré la version officielle annonçant qu'il fut frappé par la foudre. Les foudres en Arabie Saoudite, ne sont pas très fréquentes. C'est un coup du sort qui laissa les membres de sa famille ainsi que ses amis, aussi coi que dubitatifs.

Après la Révolution, pour inciter la famille du défunt, de demander au parquet la réouverture de l'enquête, afin de déterminer les conditions réelles de la mort de leur fils.

Le procureur de la République ayant déclaré cette requête recevable a ordonné l'exhumation de la dépouille de l'intéressé afin de l'autopsier à nouveau.

Celle-ci a abouti dernièrement à la découverte de deux cartouches dont l'une était logée dans son œil et l'autre dans son bassin.

Le défunt a été donc bel et bien tué par balles, chose qui a été tue, pendant trente trois ans.

Maintenant que la vérité éclate au grand jour, quelle suite sera donnée à cette affaire ?

La famille du défunt et le procureur demanderont-ils aux autorités saoudiennes la réouverture du dossier en présence de ces nouveaux éléments ?

En tout état de cause, la famille de la victime est en droit de défendre ses droits sur cette base, et demander une réparation équitable aux responsables de ce crime occulté pour des raisons qu'on peut imaginer surtout pendant la conjoncture de l'époque, où les droits de l'Homme étaient bafoués, voire violés.

Forclusion dans quel cas ?

Sur le plan juridique, il n'y a pas de prescription, pour demander la réouverture de l'affaire, face à la révélation d'éléments nouveaux.

L'auteur du crime peut bénéficier de la prescription selon les cas de figure suivants.

Selon l'article 5 de notre code de procédure pénale, l'action publique se prescrit par dix ans révolus à compter du jour où les faits ont été commis.

Or dans le cas d'espèce la famille de la victime n'avait aucune idée du jour où le crime a été commis, puisqu'elle ne savait même pas qu'il s'agissait d'un crime.

Il n'y a point de droit qui soit perdu, tant que celui qui le réclame ne baisse pas les bras. C'est ce que dit un proverbe arabe, qui fit même jurisprudence à l'occasion d'une affaire examinée par la Cour de Cassation de Tunis.

C'est aussi un principe de la vie, car il n'y a point de vie digne sans justice.

Cela dit, à l'annonce de sa mort, les Tunisiens sont restés en proie au doute.

Personne ne croyait en l'histoire de cette foudre, mais l'imagerie collective faisait plutôt miroiter un autre coup de foudre.... !

Même son entraîneur de l'époque, jurait par tous ses dieux qu'il l'avait vu tomber, foudroyé.


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