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La hausse du taux directeur ne nous aidera pas
Publié dans Business News le 18 - 05 - 2022

Et hop ! On reprend les mêmes méthodes et on espère un résultat différent. Pas une fois, pas deux, pas trois, pas dix. Pour la énième fois, la Banque centrale de Tunisie (BCT) décide de relever son taux directeur pour juguler l'inflation galopante.
Ainsi, la BCT a décidé mardi 17 mai 2022 de relever son taux directeur de 0,75% pour l'amener à 7%.
Une décision unilatérale prise sans aucun débat public contradictoire.
Cette théorie de l'augmentation du taux de directeur pour juguler l'inflation, nous a été répétée des dizaines de fois et quasiment plus personne n'essaie de la remettre en doute. On prend ce que nous dit la Banque centrale pour de l'argent comptant, comme si ses décideurs détiennent la science infuse.
Concrètement, la BCT espère que cette augmentation du taux directeur va agir mécaniquement sur les prix.
Sauf que voilà, la conséquence directe est que cette augmentation va pénaliser les entreprises dont les mensualités de crédit vont augmenter. Mécaniquement, ils vont faire impacter cette augmentation sur les prix de leurs produits. Donc sur le consommateur final.

La question qui mérite débat entre les différents acteurs économiques est de savoir si l'on doit avoir un taux directeur élevé ou pas. Ce débat est rarement posé sur la place publique. La BCT a toujours agi seule dans son coin, imposant son diktat à tout le monde, politiques, entreprises et consommateurs. Le Tunisien est tout simplement infantilisé par sa banque centrale.
Dans les pays développés, le taux directeur est proche de zéro. Malgré la hausse rapide de l'inflation dans la zone euro, la Banque centrale européenne a décidé en mars dernier de maintenir inchangés ses taux directeurs. Le taux de dépôt est fixé à -0,5% et zéro pour le taux de refinancement.
Au Canada, le taux directeur est passé de 0,5% à 1% en avril et on envisage de le porter à 2% à l'horizon 2024.
Aux Etats-Unis, la Fed a augmenté son taux directeur en mars dernier, une première depuis 2018, pour le situer dans une fourchette entre 0,25% et 0,5%.
Entre-temps, ici et là, il y a un débat sur la place publique. Ici et là, on relève légèrement et on annonce cela des semaines à l'avance.
Chez nous, ce débat manque, la BCT impose ses décisions sans préavis et la population dispose.
Pourtant, force est de remarquer que si la Banque centrale tunisienne adopte la même politique que ses homologues européenne ou canadienne. C'est-à-dire que si elle adopte des taux directeur bas (entre 0 et 2), l'économie tunisienne se portera mieux.
En clair, cette mécanique de relever le taux directeur pour juguler l'inflation n'est pas toujours vraie.

Bertrand Schepper, chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (Iris, Canada) est catégorique : « la hausse du taux directeur ne vous aidera pas ».
Dans cette excellente analyse publiée par l'Iris, il explique : « la hausse de l'inflation est causée par des facteurs exogènes, c'est-à-dire qu'elle découle de la hausse du prix du pétrole, de la rareté de certains produits céréaliers et des nombreux problèmes affectant les chaînes de distribution internationales. Ces phénomènes, qui se sont accentués avec la guerre en Ukraine, résultent principalement de la crise sanitaire mondiale et des effets du réchauffement climatique. Or, la hausse du taux directeur n'affectera aucun de ces facteurs. (…)
Lorsque l'inflation est causée par des facteurs endogènes (qui relèvent de dynamiques internes à un pays) tels qu'une trop grande capacité d'achat liée à des salaires trop élevés, la hausse du taux directeur aura l'effet escompté, soit une baisse de la consommation et donc de l'inflation. »
Or l'inflation en Tunisie n'est pas causée par des facteurs endogènes et, jusqu'à nouvel ordre, les salaires en Tunisie sont loin d'être élevés.
« La hausse du taux directeur ne permettra pas soudainement d'avoir accès à plus de pétrole à l'international ni ne réglera les problèmes d'approvisionnement pour les produits en provenance d'Asie ou d'Europe. En agissant de la sorte, la banque centrale donne l'impression d'agir pour contrer l'inflation, mais ce faisant, elle pourrait empirer la vie de millions de personnes », explique M. Schepper en parlant du Canada et de la Banque centrale canadienne.

Un parallèle entre ce qui se passe dans les pays de la zone euro ou l'Amérique du nord et la Tunisie s'impose et mérite débat.
La BCT relève régulièrement ses taux directeurs sans aucun débat.
Sous prétexte de juguler l'inflation, elle pénalise des milliers d'entreprises. Or ce sont ces entreprises qui emploient des millions de personnes et ce sont elles qui alimentent les ressources de l'Etat avec leurs impôts.
Pour la BCT, l'inflation est prioritaire. Soit. Mais qui décide de ce qui est prioritaire et de ce qui ne l'est pas ? Ne faut-il pas un débat entre les différents acteurs pour que la question soit tranchée ?
Quelle preuve la BCT présente pour dire que le relèvement de ses taux directeurs agit sur l'inflation ? Le fait est que les entreprises tunisiennes sont fortement pénalisées par sa politique et son taux de 7%. Elles freinent du coup, tout investissement (puisqu'il devient cher) et donc la croissance.
Plutôt que de chercher à freiner l'inflation, la BCT pourrait chercher à encourager la croissance, comme le font ses homologues des pays développés.
Jusque-là, ses méthodes d'un taux directeur élevé ont montré leurs limites et il est peut-être temps de les changer pour espérer un résultat différent.
On pourrait dire que sans cette politique monétaire, la situation aurait pu être pire et que le chercheur canadien cité ci-dessus ou les décideurs de la BCE ne sont pas plus intelligent que les membres du conseil de la BCT.
Soit. Mais que la BCT en parle ! Qu'elle en discute ! Qu'elle pose le débat sur la scène publique !


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