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Tribunes: Hurlements dans les gradins
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 08 - 2020


Par Omar Bouhadiba
S'il y a une image qui résume la décomposition du système politique tunisien, c'est bien celle d'une dame d'un certain âge, toute de rose habillée, déboulant les gradins de l'ARP d'un pas vif, les bras écartés comme une basketteuse jouant la défense, et hurlant à pleins poumons "ne me frappez pas". Une scène pitoyable qui amenait les Tunisiens à se demander comment avons-nous pu tomber si bas?
D'autant que la dame aux cris d'orfraie n'est pas la première venue. Pendant des années, vice-présidente du parlement, elle n'était rien de moins que la troisième personnalité de l'Etat. Avons-nous vraiment mis notre pays entre les mains de gens comme ça?
Il faut se rendre à l'évidence, aujourd'hui, l'institution la plus rejetée par le Tunisien n'est autre que le Parlement. Les organisations en qui il a le moins confiance sont les partis. Car on est bien loin de la formule favorite de BCE, quand le défunt clamait avec conviction "la patrie avant les partis".
Stratégiquement, on ne peut faire grand-chose que de pousser de l'avant, élection après élection, gouvernement après gouvernement, qui pour 100 jours, qui pour un peu plus longtemps, avec toujours un étalage d'incompétence, une déliquescence croissante de l'Etat et la quasi-certitude que ça va aller encore plus mal.
Nous l'avons tous compris. Avec ses combines, trahisons et petites manœuvres minables, ce Parlement est le vrai problème. Si seulement on pouvait concevoir un système où il n'existerait pas, tout marcherait tellement mieux, entend-on dire de plus en plus. La déception envers le système de démocratie parlementaire est grande, et le Tunisien, qui, un temps, se voyait expert constitutionnaliste, est perdu. Rejetant la dictature d'un homme, nous avons instauré ce que de Gaulle appelait la dictature des partis. Seulement, pour découvrir que finalement le pays ne fonctionnait pas si mal avant, et que la corruption, endémique en dictature, n'en est guère moindre en démocratie. Etonnamment, il y avait, malgré tous les excès, plus de garde-fous sous la dictature car les anciens corrompus s'inscrivaient dans la durée alors que les nouveaux savent qu'ils n'en ont que pour quelques années.
A cela, il convient d'ajouter un fait incontestable que beaucoup refuseront d'admettre. Ben Ali avait bien des défauts, mais il savait s'entourer de bons ministres connaissant bien la machine étatique. On ne peut les comparer à leurs successeurs, qui présentent un profil très différent. Respectés au sein de leurs partis, beaux parleurs motivés idéologiquement, ils sont dans leur majorité totalement dénués de l'expérience opérationnelle requise pour faire fonctionner un Etat moderne. Le résultat, nous l'avons vécu quand, gouvernement après gouvernement, le pays s'enfonce.
Nous sommes aujourd'hui dans une impasse constitutionnelle. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, le duo Président – Chef du gouvernement semble avoir une chance de faire les choses différemment. Rien ne rendrait le Président plus populaire qu'une dissolution de l'Assemblée. C'est donc une carte qu'il doit garder sur la table, avec la menace de la jouer à tout moment. En revanche, rien ne rendrait le nouveau Chef du gouvernement plus impopulaire que de composer un autre gouvernement de partis. Quatre de chez celui-ci, une demi-douzaine de chez celui-là, le tout saupoudré de quelques indépendants pour faire bonne figure et on recommence. Le résultat, nous le connaissons déjà. Ce gouvernement a échoué avant même de commencer. Entre-temps, un autre Liban prend déjà forme chez nous, et le cèdre prend racine au pays du jasmin.
Il faut donc écouter le peuple et ignorer les partis. Choisir ce que le pays a de mieux parmi ses enfants. Ces fameuses compétences dont on parle tant. Si le gouvernement n'est pas approuvé par l'ARP, ou si celle-ci entrave son bon fonctionnement, la dissolution en serait automatique, et on recommence à zéro avec l'espoir que cette fois, enfin, le Tunisien saura mieux choisir. A moins qu'il ne décide que la vie était bien meilleure avant, rejoigne la communauté croissante des nostalgiques de l'ancien régime et n'aille se dénicher un autre dictateur, comme d'autres, proches de nous, l'ont fait. Et nous voilà repartis pour une autre aventure de 23 ans...


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