Tunisie – VIDEO:Le président Kaïs Saïed se rend au centre des grands brûlés pour rendre visite aux agents de la protection civile brûlés à Ras Jedir    Tunisie – Mohamed Abbou : Nos exigences concernant le nouveau gouvernement ont été déformées par les médias    2ème Concours National de l'Invention & 1er Salon des Inventeurs Méditerranéens en février 2020 à Tunis    Jabnoun : Il n'est pas exclu de réaliser un taux de croissance négatif    Forum Entreprises ENICarthage le 2 décembre à l'UTICA    Tunisie – Judo : Nihel Cheikhrouhou participe au Master Chinois    Imed Dghij, costumé, discute du nouveau gouvernement    Espérance de Tunis : la reprise des entraînements    La banlieue sud de Tunis, Inauguration du centre commercial Azur City et du nouvel hypermarché Géant    Youssef Chahed supervise la réception du nouvel avion bimoteur ATR_72_600 de TUNISAIR EXPRESS    Chahed : je ne ferai pas partie du prochain gouvernement    La Justice transitionnelle et transition démocratique dans les pays arabes à partir du 21 novembre    Makhlouf veut exclure 9alb Tounes du gouvernement    Abdelamajid Zar : le ministère de l'agriculture a détourné le FIDAC    Tunisie- Habib Jemli reçoit une délégation du Courant Démocrate    Mohamed Habib Jemli se concerte avec Nabil Karoui patron du parti Qalb Tounes    Journées des arts de la marionnette de Carthage : Date limite des demandes d'accréditation-presse    Football : Programme des plus importants matchs de ce mardi 19 novembre    Mise en garde du Conseil du Marché Financier    Yaya Touré ne compte pas raccrocher les crampons    Programme TV du mardi 19 novembre    Bouallègue : nous avons retiré l'autorisation de servir l'alcool au Madison    Voici le goûter dans une école tunisienne    Feu Adam Boulifa : Une Tragique fin…du Madison…au cimetière !    Le Président du Parlement reçoit une délégation de la Commission nationale des victimes de la tyrannie    Tunisie: Hausse de 6% du nombre des demandes d'emploi    En Italie, les sangliers luttent contre le trafic de cocaïne    La Tunisie décroche 13 médailles dont 7 d'or aux mondiaux de para-athlétisme de Dubaï 2019 (vidéo et photos)    Tunisie – Météo : Ciel partiellement voilé sur la plupart des régions    Le Consulat général de Tunisie organise une réception en l'honneur de la communauté tunisienne à Istanbul    Mort le jour de son anniversaire, ce que partageait Adam sur Facebook    Euro 2020 (qualifications / J9) : le programme de samedi    Le mot « Zbeul » figure désormais dans l'abécédaire des Gilets jaunes en France    Vers la suspension de l'accord «Pharmacies privées – CNAM» menacé pour engagements non tenus    Une fin dramatique pour l'artiste Janice Thomson    Volée il y a 20 ans, La bague d'Oscar Wilde retrouvée    Tunisie: Libération de Sami Fehri, précisions de Sofiene Selliti    Une chose qui se tient droite dans le pays, l'écriture de Kaïs Saïed    La Tunisie réaffirme son soutien à la juste cause palestinienne    TOUS EN BASKETS … CONTRE LE DIABÈTE    Les exposants de Décoration à EL Vitrina Sfax – Novembre 2019    Les exposants de la beauté et accessoires à EL Vitrina Sfax – Novembre 2019    Pour Zine El Abidine c'est sa première et son ultime qualité...    Kais Saïed invité par le président turc Recep Tayyip Erdoğan à se rendre en Turquie    Soutenons Aya Bouteraa, la Tunisienne finaliste de l'Arab Reading Challenge (vidéos)    Palestine: Israël annonce l'assassinat d'un dirigeant du Jihad islamique à Gaza    Fête du Mouled 2019 : Quelque 12298 activités au programme en Tunisie    Exposition SHIFT, à mi-chemin entre bandes dessinées et récits de vie du 8 au 18 novembre à Central Tunis    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Moncef Ben Slimane: Le statut des universitaires est caduc, dirait l'Autre...
Publié dans Leaders le 06 - 03 - 2019

Le ministère de l'enseignement supérieur a publié les premiers résultats des travaux de la commission des présidents d'université concernant la révision du statut des enseignants-chercheurs.
L'actualité de ces derniers jours, nous apprend que cette commission a déclenché le courroux de la fédération syndicale des universitaires, ce qui laisse supposer qu'elle ne fera pas long feu. Elle a toutefois le mérite de provoquer le débat autour du métier d'universitaire.
Le décret est caduc…
Actuellement, les grades et la carrière des collègues sont régis par le décret N°93-1825dont on peut aisément dire qu'il est CADUC. Il est uniforme, simple et réducteur ne stipulant de façon claire et précise que la seule charge d'enseignement en présentiel.
De plus, force est de constater que la verve du service public d'enseignement est devenue une denrée rare laissant la place au découragement chez certains collègue sou, pire, à la débrouillardise et arrangements chez d'autres.
Quant à nos ministres de tutelle, la tradition veut que, face aux difficultés et contestations, ils ont souvent recours à une politique de replâtrage en décrétant des mesures transitoires ou des correctifs de dernières minute aux textes en vigueur. Aucun ministre n'a été capable de créer un climat favorable à une émulation et discussion sereine autour de la réforme universitaire. Excepté probablement Tijani Chelli.
Ceci dit, toute révision sérieuse et courageuse du statut des enseignants-chercheurs doit tenir compte du fait que leurs activités se sont fortement démultipliées et diversifiées. A l'enseignement et à la recherche se sont ajoutées la direction de publication, les conceptions de parcours de formation, les expertises et évaluations, sans oublier les activités syndicales, associatives et culturelles.
Des activités d'universitaires visibles et lisibles
Aussi, si on tient véritablement à l'identification et à la visibilité de toutes ces activités, il est préférable de penser à une nomenclature des grades universitaires articulés à des missions et des itinéraires professionnels précis et aux émoluments qui vont avec.
Y'a-t-il besoin de rappeler ce que chaque universitaire sait fort bien ? Qu'on peut exercer2 jours par semaine ou 7 jours sur 7 pour le même salaire Pourquoi ? Parce que la seule obligation statutaire quantifiable est, jusqu'à aujourd'hui, l'enseignement. Le reste relève de la bonne volonté ou de la disponibilité du collègue.
Les éléments de bilan précédents m'avaient incité à exposer, à l'occasion d'un séminaire syndical, une proposition de révision du statut. Luttes de clans et petites stratégies pour monter dans l'échelle des responsabilités au sein de l'UGTT, ont parasité, à l'époque, écoute et débats. Je note aujourd'hui, avec satisfaction, que des aspects de cette proposition ont retenu l'attention des rédacteurs du projet syndical de statut.
En quoi consistent les orientations générales de la proposition de reforme du statut ?
Primo: la diversification et la valorisation du métier d'enseignant-chercheur n'ont de sens que s'ils font partie en amont d'une nouvelle définition de l'identité de la communauté universitaire. Ce qui veut dire que l'enseignant-chercheur d'aujourd'hui doit ainsi trouver sa place dans le collectif universitaire sans que ses compétences individuelles ne soient étouffées ou sous-évaluées.
Secundo: il faudrait accorder plus d'autonomie et de prérogatives aux établissements et universités, tout en repensant la carte universitaire en fonction du processus de décentralisation et déconcentration en cours.
Tertio: La gestion des budgets d'établissements; actuellement sous la coupe de la comptabilité publique; doit d'urgence être remplacée par un système de gestion plus souple et moins bureaucratique.
Des grilles de missions identifiées et volarisées
Concrètement, cette reformulation du métier d'universitaire pourrait débuter par la fixation d'un service statutaire da base, une sort de SMIG académique, décliné sous forme d'activités, masse horaire et émoluments.
Le complément au SMIG académique, serait listé dans des grilles ou tableaux comportant des activités ventilées en 3 missions: formation, recherche, gestion.
Les 3 grilles prendront la forme suivante:
Missions formation
Missions recherche
Missions de gestion
* Orientation, accueil, sélection, tutoring d'étudiants;
* Promotion, conception, expertise de modules ou/et de filières de formations présentiel ou virtuels;
* Constitution de réseaux internationaux de formation, protocoles d'échanges des étudiants, harmonisation des cursus, équivalences;
* Création de ressources pédagogiques, bibliothèques et centres de documentation…
* Direction d'Unité ou de Laboratoire de recherche;
* Valorisation des projets de recherche;
* Gestion de programmes internationaux de recherche;
* Expertise de recherches et de publications;
* Participation à des projets de recherche opérationnelle…

* Direction de départements, d'écoles doctorales, de stages, de formations, d'université;
* Participation aux jurys de recrutement, à des commissions (d'évaluation, de spécialistes, d'équivalences…)
* Direction et participation à des comités de lecture, diffusion de publications;
* Animation d'associations scientifiques, culturelles, structures syndicales…
Chaque enseignant disposera d'une fiche individuelle comportant missions et activités auxquelles il a choisi de s'astreindre. Ces dernières seront consignées dans un emploi du temps affiché etcommuniqué aux étudiants.
Les grilles qui constitueront un cadre national d'exercice à l'université doivent être assez flexibles pour s'adapter aux spécificités des institutions universitaires.
Evidemment, une politique universitaire efficace et motivante gagnerait à prévoir des mesures incitatives pour que les enseignants-chercheurs qui s'engagent dans des missions dépassant le SMIG académique bénéfice de modalités d'évolutions dans la carrière plus créatrices de droits et devoirs et des salaires conséquents.
Les missions clarifiées et identifiées, le statut pourrait comprendre deux grandes catégories d'enseignants et chercheurs : les Plein-Temps et les Temps-Partiels.
L'organigramme suivant explicite le profil de chacune de ces catégories :
Universitaires à temps plein
Enseignants à Temps-Partiel
De même, il faudrait réviser les modalités de recrutement actuelles en prenant en considération l'avis de 2 instances : l'une nationale (jury) et la seconde locale (établissement ou labo d'accueil possible).
Cette proposition de réforme n'est pas sans risque. L'administration et les hauts commis de l'Etat tunisien nous ont habitué à pervertir et étouffer dans l'œuf toute idée ou souffle nouveau.
Aussi la supervision et le suivi de la conception et de la mise en œuvre de la réforme du statut des universitaires sont aussi importants que le contenu même de la réforme de ce statut.
Autrement dit toute réforme du statut doit être accompagnée par celle des organes de gestion des universités et établissements universitaires pour qu'elle soit pertinente et efficiente.
A bon entendeur salut !
Prof. Moncef Ben Slimane
(Ex SG du Syndicat de l'Enseignement Supérieur)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.