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La terrasse de la liberté
Publié dans Le Temps le 02 - 12 - 2020

Dans un film court, Khawla Louhichi monte sur sa terrasse pour conjurer l'enfermement et poser quelques questions existentielles.
Du haut de sa terrasse, Khawla Louhichi raconte à sa manière le confinement. Dans une succession de séquences mimées et dansées, cette réalisatrice propose au public une vidéo d'art très rythmée et aux significations complexes.
Un film né du confinement
Réalisé avec une économie de moyens, "Le Syndrome du confinement" est une oeuvre qui associe quatre talents. Les images de Khalil Ben Hamida se conjuguent au montage de Safa Borgi et à la bande-son de Wassim Zmerli. Signant la réalisation, Khawla Louhichi est aussi l'unique interprète de ce monodrame qui se déroule sur une terrasse, dans une ville confinée et comme déserte.
Le film se veut une réflexion sur la situation psychologique globale durant la période du confinement. À travers ses gestes, le personnage interprété par Louhichi semble poser des questions muettes sur fond d'une performance corporelle. Brève, cette oeuvre est aussi un questionnement sur le temps, l'espace et l'enfermement.
Ici, la terrasse devient un symbole de liberté même si les limites qu'elle offre restent évidentes. Le personnage bouge dans tous les sens comme s'il se débattait et cherchait une issue. Pourtant, même si l'horizon est bien là, il reste difficile d'échapper à la gravité. Malgré des appels au secours, des moments d'excitation et un désir d'envol, le personnage reste rivé à cette terrasse dominée par la ville. Entre prostration et réveil, le temps semble s'écouler immuable et pesant. Le monde reste suspendu à la litanie des chiffres et des statistiques macabres alors qu'une âme solitaire cherche un espoir auquel s'accrocher.
Ce qu'on retient de ce film, c'est d'abord la réalisation impeccable et le tempo de la narration qui avance par petites touches. Ensuite, la qualité de l'interprétation de Khawla Louhichi fait le reste. Sobre et expressive, elle retient le regard et joue sans artifices. On découvre une comédienne doublée d'une danseuse et aussi une activiste qui pèse chacun de ses gestes et mimiques.
Un laps de temps abstrait du temps
Le film s'écoule comme le temps et se regarde comme une oeuvre plastique. En six minutes, le spectateur suit chaque péripétie dans une suite rigoureusement agencée. En gants bleus et bavette jaune, le personnage souffle dans un coquillage alors que le linge sèche au vent. Il dessine un carré parfait et s'y installe dans une posture de méditation. Le personnage abandonne le coquillage pour une pierre puis écrit un message dans le carré tracé au charbon.
Une horloge apparaît ainsi que d'autres accessoires. Le bleu sur le jaune se fond dans la blancheur chaulée de la terrasse. Le personnage sautille, s'appuie sur le rebord, se couche ensuite. Une sarabande d'objets ponctue un panoramique. Le personnage est confronté à un pilon, mange du pop corn, compulse un thermomètre, lit un peu et danse beaucoup. La caméra s'attarde sur les toits, les paraboles et les chauffe-eau qui les hérissent. Un fond sonore s'incruste dans le silence. Dans un beau mouvement esthétique, les images plongeantes montrent le personnage, le réduisent et le confinent. Dans un geste dérisoire et un ressassement qui continue, le personnage écrit des chiffres sur le sol, se retrouve encerclé par les signes. Dans un dernier geste, il s'empare d'un seau d'eau et efface le message qui était écrit au sol. Le mot "Safe" disparaît dans une flaque d'eau comme pour suggérer l'insécurité qui règne partout. La rêverie s'achève alors et le film laisse le spectateur à ses interrogations. Tout en symboles, "Le Syndrome du confinement" ne laisse pas indifférent et installe un malaise, une sensation d'encerclement, une incarcération métaphorique à laquelle il est difficile d'échapper.
Une artiste
pluridisciplinaire
Le film est bien servi par la prestation de Khawla Louhichi et donne une vision mitigée des sensations que l'on traverse dans une période indécise. Un film court à voir et revoir dans le cadre de l'exposition Culture Solidaire qui révèle la grande sensibilité des vidéastes tunisiens et leur capacité à se mouvoir entre les différentes disciplines. Car si ce film nous met face à une réalisatrice qui excelle aussi en tant que comédienne, il ne doit pas nous faire oublier que Khawla Louhichi a à son actif plusieurs expositions et une technique très appréciée en matière de travail sur le textile, le dessin ou la photo. Une artiste complète frappe à nos portes et convainc amplement grâce à son tonus et ses engagements.
H.B


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