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Mansour M'henni commente à sa manière les démissions d'Abderraouf Chérif du ministère de la Santé et de Ridha Charfeddine de Nidaa Tounes
Publié dans Tunivisions le 24 - 03 - 2019

Nous reproduisons ci-dessous l'article écrit par notre grand ami et collaborateur Mansour M'henni, relatif à la démission du ministre de la Santé Abderraouf Chérif, et à celle de l'homme d'affaires et député à l'ARP, Ridha Charfeddine, qui a claqué la porte au bloc et au parti de Nidaa Tounes.


La scène politique tunisienne a connu, ces deux dernières semaines, deux démissions qui ont été différemment perçues quant à leurs motivations et à leurs effets politiques et autres. Il s'agit de la démission de l'ex-ministre de la Santé, Abderraouf Cherif, très peu de temps après sa nomination, et du député et cadre de Nidaa Tounès, Ridha Charfeddine, non seulement de la présidence du comité de direction du premier congrès du parti, mais du parti aussi. Aujourd'hui encore, ces démissions continuent de revenir à l'ordre du jour de certains débats et de servir d'arguments pour les uns et pour les autres en faveur d'opinions parfois contradictoires. Pour ma part, après l'intention de considérer comme un non-événement, me voici tenté de les commenter à ma façon.
Je voudrais d'abord rappeler, comme précédemment écrit ici même, que je suis de principe contre la démission parce qu'à mon avis un responsable est en devoir de s'assumer en tant que tel et d'assumer sa responsabilité jusqu'au bout, à moins de concevoir la démission comme un détournement, politique ou autre, de la responsabilité. Dans un cas comme dans l'autre, il me semble discutable d'exagérer les motivations éthiques de la démission, celle-ci constituant logiquement et de fait un acte politique, tout comme la nomination qui l'a précédée.
Concrètement, je commence par la démission de Ridha Charfeddine, dont le caractère politique est par trop évident et qui ne peut se lire que comme un message de raz le bol quant à la crise de Nidaa Tounès et comme le signe d'un désespoir de son redressement si certaines conditions, par trop connues, ne sont pas fournies par qui de droit et de devoir, politique et moral. La démission de Charfeddine fonctionnerait alors comme un autre signe d'alarme et un message de responsabilisation à l'adresse du président fondateur du parti, l'actuel Président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour lui dire : « Maintenant, on en a assez ! Trop, c'est trop ! On a assez encaissé par respect pour vous, mais vous ne faites rien en échange. Alors, on claque la porte. »
On peut comprendre cette façon de voir et d'agir de R. Charfeddine, mais on peut lui préférer un autre cheminement, surtout en voyant justifier cette décision par un réveil de conscience, chez l'intéressé, sur la nécessité de se concentrer davantage sur la gestion de son équipe sportive, l'ESS, et ses entreprises économiques. D'ailleurs, certaines gens y verraient plutôt une anticipation sur un changement de bord politique en perspective. En tout cas, la démission simultanée du parti et de l'ARP est un acte qui donne à réfléchir et qui serait de l'ordre des humeurs, de la nature de sa démission déclarée à la fin d'un match de l'Etoile.
Quant à l'autre démission, celle de l'ex-ministre de la Santé, une démission saluée par certains comme une décision « héroïque », à la suite du drame des bébés morts à La Rabta, par négligence médicale, elle me paraît d'un autre ordre et nullement comparable, comme ce fut souvent le cas, à la démission de l'ancien ministre des Finances, Fadhel Abdelkefi. En effet, ce dernier avait démissionné pour se mettre à la disposition de la justice suite à une inculpation officielle qui s'est finalement soldée par un verdict de non-lieu. Abdelkefi était bien dans une démarche saine car respectueuse de la civilité de l'Etat et de l'indépendance de la justice. Il avait assumé son inculpation jusqu'à son blanchissement judiciaire et sa démission était ainsi justifiée et ne méritait même pas d'être ainsi nommée.
Pour ce qui concerne l'ex-ministre de la Santé, Abderraouf Cherif, les choses sont différentes. Il venait d'être nommé, normalement pour corriger les erreurs et les insuffisances de son prédécesseur, qui qu'il fût. Il avait d'ailleurs, d'emblée, aligné plusieurs visites d'inspection et plusieurs déclarations faisant état d'un tel objectif. D'un autre côté, même après le scandale de la Rabta, personne ou presque ne l'en tenait pour responsable. Ainsi, à moins d'un calcul politique ou d'un dégonflement personnel, d'aucuns parlant d'une anticipation sur un limogeage programmé, son devoir aurait été plutôt d'ordonner et d'assumer l'enquête qu'il fallait et d'en dévoiler les effets et les causes, ne manquant pas à l'occasion de pointer du doigt les responsables présumés.
Si des obstacles sont dressés devant une telle démarche, y compris le limogeage présumé, c'est leurs auteurs qui se dévoileraient d'eux-mêmes et qui mettraient à nu le caractère suspect de leur gouvernance. Mais si l'enquête objectivement menée implique personnellement le ministre en question, d'une quelconque manière, il serait alors en droit et en devoir de se mettre à la disposition de la justice. Voilà pourquoi, me semble-t-il, cette démission de M. Cherif n'avait rien de comparable à celle de M. Abdelkefi et n'était pas aussi louable.
Quant à l'analyse de cette démission du point de vue de l'appartenance partisane de son auteur, c'est une autre histoire qui ressurgirait peut-être bientôt et qui nous conduirait à en reparler.
M. M'Henni


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