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Comment promouvoir la liberté de religion et de conviction dans les pays à majorité musulmane?
Publié dans Leaders le 04 - 01 - 2017

"Vous ne pouvez pas changer ce dont vous n'êtes pas conscient" .
En Europe occidentale, il a fallu des années d'effusion de sang et de longues guerres de religion pour régler le difficile contentieux à savoir si les dirigeants doivent se prononcer par l'autorité de Dieu ou par celle du peuple. C'est seulement quand le consensus a finalement été réalisé autour de l'idée que l'autorité de l'Etat doit être située dans le peuple, que la sécularisation a pu progressivement se constituer, formant l'épine dorsale des démocraties libérales émergentes dans ces pays.
Le même fanatisme religieux, qui a semé les graines de ces guerres médiévales, motive les groupes extrémistes violents d'aujourd'hui, comme Al-Qaïda et Daesh, dans la guerre qu'ils mènent au nom de Dieu, de la Tchétchénie au Nigeria et de l'Afghanistan à la Californie en passant par l'Irak, la Syrie, la Turquie, la Belgique, la France et tout récemment l'Allemagne.
La dévastation que ces groupes sont en train de répandre dans le monde entier, est en partie due au fait que la démocratie a été "exportée" ou "importée" par de nombreux pays en développement avant que la bataille pour la laïcisation et la liberté religieuse n'ai été gagnée. La plupart des dirigeants, en particulier ceux des pays exportateurs, ne reconnaissent pas suffisamment que la lutte pour la laïcisation et la liberté religieuse est encore un point principal à l'ordre du jour de ces pays, et ne se rendent pas compte que la sécularisation et la liberté religieuse sont des piliers essentiels pour la paix et la prospérité d'un pays.
La pleine jouissance de la liberté de religion et de croyance est la preuve qu'une nouvelle culture peut prendre racine dans l'esprit et le cœur des gens, qui leur permet de réaliser qu'il n'y a pas de vérité absolue et que: «sur l'ensemble des sujets sur lesquels la différence d'opinion est possible, la vérité dépend d'un équilibre à trouver entre deux groupes de raisons contradictoires». C'est ce que John Stuart Mill a expliqué dans sa défense de la souveraineté des peuples sur leur propre esprit, cf.leur liberté de conscience. La pleine jouissance de la liberté de religion et de croyance devient une réalité uniquement lorsque tout le monde comprendra que personne n'a le droit de tuer qui que ce soit au nom d'aucune vérité absolue.
La liberté religieuse et la culture de la tolérance de la diversité des croyances et des opinions est une condition préalable à la démocratie parce que la démocratie n'est rien d'autre qu'un Pacte entre les peuples à se gouverner eux même car ils sont nés avec des capacités physiques et mentales égales et avec les mêmes droits à leur propre vérité. L'accès aux moyens d'une vie confortable pour la grande majorité des citoyens est une condition tout aussi importante pour l'épanouissement de la démocratie. Le fléau de la pauvreté et le désespoir créé par le chômage chronique de long terme, transforment les gens en proies faciles pour les prédicateurs des interprétations extrémistes des révélations divines.
Vu à travers le prisme de la "Spirale dynamique", d'abord développé par Clare Graves et Susanne Greuter et plus tard approfondi par Ken Wilber, la plupart des pays à majorité musulmane, qui ont été colonisés par les puissances occidentales, étaient encore, au début de la colonisation,au "stade tribal" de leur développement. Dès leur accession à l'indépendance, ils se sont trouvés propulsés artificiellement au stade de «l'Etat moderne»sans être passés par le processus naturel que les pays occidentaux, ayant dépassé le tribalisme,se sont établis en tant qu'Etats-nations laïques forts. Ils ont choisi une forme «sui-generis» de gouvernance, consistant en un mélange de Charia et tribunaux charaïqueset de droit positif ainsi que des institutions modernes qui possèdent toutes les cloches des démocraties libérales, en plus de leur allégeance à toutes sortes de conventions internationales de Droits Humains. Pourtant, ils continuent à faire semblant d'ignorer les coutumes tribales traditionnelles telles que les mutilations génitales féminines, les mariages forcés et précoces et d'autres crimes commis au nom de Dieu.
L'émergence de mouvements comme Daesh/Isiscontinuera de menacer ces Etats fragiles, leur objectif déclaré étant d'éradiquer la liberté de religion et de restaurer l'autorité de «Dieu» dans la conduite des affaires humaines.Avec cette toile de fond historique complexe à l'esprit, la bataille pour la liberté religieuse dans les pays à majorité musulmane appelle ce qui suit:
1. Faciliter et soutenir l'ouverture du débat sur la laïcité et la liberté de religion
A en juger par l'expérience de la Tunisie cela ne va pas être facile. Bourguiba, leader du mouvement de libération de la Tunisie, était un farouche partisan de la laïcité, et bien qu'il ait eu le courage de promouvoir une égalité dans le code de la famille, entre les hommes et les femmes, il a néanmoins dû accepter que la nouvelle Constitution reconnaisse que l'Islam est la religion de l'Etat. Cinquante-cinq ans plus tard, personne dans l'Assemblée Nationale Constituante, chargée de rédiger la nouvelle Constitution, après le soulèvement populaire de Janvier 2011, --qui a été une révolte, plus qu'une révolution-- n'a osé remettre en question son article premier qui stipule que: «La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, l'Islam est sa religion… », tout en affirmant dans son Article 6 que: «L'Etat protège la religion, garantit la liberté de croyance, de conscience et de l'exercice des cultes…».
2. Promouvoir et faciliter le début d'une discussion relative à l'interdiction de partis politiques fondés sur la religion
De plus, les mouvements religieux qui ont voulu se transformer en partis civils, seraient bien accueillis tant que leur intention est de se réaligner sur le principe de la laïcité et aussi longtemps qu'ils sont prêts à ouvrir une conversation sur quelques-unes des interprétations traditionnelles de l'Islam qui légitiment l'appel aux armes pour imposer un Etat religieux et opposer certains droits humains universels notamment ceux des femmes.
3. Soutenir la diffusion d'une culture qui incarne les valeurs universelles en renforçant la confiance et la promotion de la pensée critique
La diffusion de cette culture va aider les gens à prendre une position personnelle contre toutes les pratiques traditionnelles néfastes et le système patriarcal autoritaire. Les grands changements, dans de nombreuses régions,dépendent de la participation active des chefs religieux, les gardiens des valeurs et des normes culturelles. Il est essentiel de les engager dans les débats sur les droits humains universels et la liberté religieuse, tout en respectant leur engagement et leur point de vue éthique. À cet égard, le travail remarquable accompli avec les leaders religieux musulmans et chrétiens dans la lutte contre l'épidémie du SIDA, dans la région Arabe, est digne d'être cité.
4. Soutenir et promouvoir la coopération internationale
En résolvant les principaux défis économiques et environnementaux auxquels est confronté le monde d'aujourd'hui parce que le développement durable et la paix ne peuvent prospérer dans les marais de la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale. La réponse aux défis du développement exige un contrat social qui dépasse toutes les dénominations confessionnelles. Ce contrat doit découler de l'héritage spirituel et mobiliser des réponses courageuses qui inspirent quelque chose de plus grand et de plus profond que tous les défis!
Enfin, plus que jamais nous avons besoin d'apprendre les uns des autres et progresser avec une vision commune qui unit les peuples de notre région, loin de n'importe quel chauvinisme machiavéliquement entretenu par tous les dictateurs. Loin de cette absurde croyance que nous détenons la vérité et lutter quotidiennement contre notre ego pour réussir à amplifier l'espace de notre conscience qui doit devenir multidimensionnelle et intégrer l'humanité dans toute sa richesse et beauté.


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