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Think-tank prospectif « Océan 2050 »: Multiplier les efforts pour la reconquête de la bonne santé des océans
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 10 - 2023

Le terme « Ere de l'ébullition », formulé par le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, ne pourrait être plus pertinent pour décrire la période dans laquelle est entré l'océan. Dès 2019, le Rapport Spécial du Giec sur l'Océan et la Cryosphère de 2019 avait fait figure d'avertissement. Dans ce contexte, la trajectoire fixée par l'Accord de Paris, visant à maintenir l'élévation de la température globale en deçà de 1,5°C, doit être scrupuleusement suivie. En effet, les conséquences du changement climatique constatées aujourd'hui, telles que la hausse de l'acidité, le réchauffement de l'eau, ou le ralentissement de la circulation thermohaline, risquent de s'accroître dans les décennies à venir. Alors que l'été 2023 a contribué à une prise de conscience des effets du changement climatique, malheureusement tardive, la science ne peut plus être en marge ou considérée comme une opinion. Ainsi, il est important de reconsidérer le rôle des scientifiques dans la société, notamment à mettre en œuvre urgemment les solutions fondées sur la science, à l'instar des aires marines protégées. Cependant, les efforts de conservation et de restauration de la biodiversité seront réduits à néant s'ils ne sont pas précédés et accompagnés par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.
Dans cette lutte vers l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, l'océan incarne à la fois le plus grand écosystème menacé de la planète, mais aussi l'une des solutions. En matière de recherche académique et de construction des savoirs, nous soulignons l'intérêt d'une collaboration entre le Sud et le Nord. Plus qu'un impératif scientifique, celle-ci est aussi une nécessité diplomatique. Ce contexte changeant de nouvelles réalités climatiques requiert également des innovations dans les pratiques et les méthodes de recherche.
Par conséquent, l'adaptation des pratiques et méthodes de recherche scientifique aux nouvelles réalités climatiques implique une transformation des paradigmes éducatifs. Le progrès scientifique ne peut s'accomplir sans une génération de décideurs formée pour relever les défis climatiques et environnementaux actuels. Le grand public doit également être informé et éduqué sur les enjeux climatiques et marins à travers l'oceanliteracy pour que chaque individu contribue à un océan durable et un futur désirable en 2050.
Géopolitique et sécurité internationale
Dans le contexte actuel, marqué par des transformations rapides et parfois imprévisibles décrites par les scientifiques, l'océan risque de devenir un espace de crises. Il sera de plus en plus marqué par une compétition, une contestation et une confrontation accrues. Ainsi, nous constatons aujourd'hui un effort inédit de réarmement de puissances navales en parallèle d'un réveil des souverainetés, caractérisé par un mouvement paradoxal de territorialisation de l'océan. Outre les enjeux primordiaux de défense, nous attendons des marines une contribution accrue à la compréhension et à l'anticipation des évolutions de l'océan, à la lutte contre les trafics, contre la pêche INN et au soutien des populations lors d'événements climatiques extrêmes.
Le concept de basculement naturel et géopolitique illustre une réalité inévitable à laquelle nous devons nous préparer. Le changement des conditions océaniques aura un impact inéluctable sur les ressources, exacerbant les tensions autour de la pêche, des métaux rares ou des voies de navigation. Dans ce contexte, il est impératif d'anticiper les crises et de créer des mécanismes de coopération multilatérale. Le développement d'outils comme le jumeau numérique de l'océan, s'avère donc essentiel pour garantir la qualité de l'information qui servira d'appui à des décisions techniques et opérationnelles.
Il est donc à espérer qu'en 2025, à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur les océans, sera annoncé le fonctionnement de ce jumeau numérique de l'océan et de l'organisation intergouvernementale chapeautant son fonctionnement. Les banques publiques de développement, qui gèrent des milliards sous l'égide des Etats, jouent un rôle crucial dans ce panorama géopolitique qui doit faire de l'océan un pacificateur et un faiseur de lien à l'horizon 2050. Afin de mieux aligner ces institutions sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) et sur les conventions internationales en matière de durabilité, il semble fondamental de soutenir l'exemple de la coalition des banques d'investissement bleues formée à la suite de la réunion de Carthagène. Cela doit aller de pair avec le désinvestissement dans les énergies fossiles et les secteurs néfastes à la biodiversité, et la redirection de ces capitaux vers des initiatives positives et d'ampleur et d'échelles différentes. Véritable enjeu géopolitique, la refonte des systèmes financiers internationaux doit accompagner ces efforts. Il est important que la piste de la réforme de l'endettement soit étudiée, ce qui devrait être lié à la performance environnementale des nations, de même que le concept d'échange de dette contre la protection de la nature, comme ce fut le cas pour la Barbade et l'Equateur. Enfin, la solution à ces défis complexes doit nécessairement impliquer des partenariats public-privé, associant l'ensemble des parties prenantes, y compris les scientifiques et les organisations non gouvernementales. Ceux-ci contribuent par la même occasion au transfert de compétences entre les différentes parties, rendant ainsi possible une réponse multidimensionnelle et efficace aux défis géopolitiques et environnementaux que nous rencontrons. A l'occasion de la Conférence des Nations unies de Nice en 2025, la perception de l'océan doit évoluer pour que l'on cesse de le considérer exclusivement comme un espace géopolitique stratégique pour l'envisager comme un système connecté complexe, au cœur des équilibres naturels et potentiel pacificateur en vue d'un futur souhaitable.
Gouvernance européenne de l'océan
Les récentes crises internationales ont démontré la capacité de l'Union européenne à se saisir d'un sujet et à jouer un rôle stabilisateur et directeur. Les crises liées à l'océan représentent un tel contexte et réclament en conséquence une action coordonnée et bien articulée à l'échelle européenne. Il est donc impératif que l'UE déploie une approche intégrée de la gouvernance de l'océan et du milieu aquatique, notamment en suivant les préconisations de la Mission « Starfish » et en créant une Agence européenne de l'océan qui aurait pour mission de coordonner les politiques et stratégies relatives au milieu marin. La communication transparente et efficace entre les milieux scientifiques et les décideurs politiques européens constitue un autre élément crucial de travail. Des initiatives comme l'« International Panel On Ocean Sustainability », ou encore la création d'un jumeau numérique de l'océan, pourraient grandement contribuer à cette fin.
De plus, il convient de souligner le besoin pressant d'un courage politique au niveau européen pour se saisir de questions sensibles qui ne sont pas traitées à la hauteur de l'urgence écologique et des constats scientifiques comme les aires marines protégées et la gestion de la pêche. D'autres domaines, moins fréquemment abordés, mais tout aussi cruciaux, comme les opérations de sauvetage en mer, doivent également être inclus dans le spectre des responsabilités européennes.
Enfin, la position globale de l'Union européenne fait d'elle un candidat idéal pour adopter une position diplomatique de premier plan sur les questions maritimes. L'UE a la possibilité, et peut-être même l'obligation, de jouer un rôle majeur dans l'orientation des normes et des politiques mondiales relatives à l'océan lui offrant l'opportunité précieuse de renforcer son rôle en tant qu'acteur mondial.


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