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Raja, ou les confessions amères d'une femme
Journées du théâtre libre
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 04 - 2011

Le public amateur de théâtre libre était au rendez vous, mardi dernier, au 4e Art, pour voir la pièce théâtrale Raja.
Cette pièce, mise en scène par Nasib Barhoumi et écrite par Alya Tabai, présente une situation bien particulière d'une jeune femme qui se trouve tiraillée entre deux options majeures. A partir de cela, commence une série de questions d'ordre philosophique, sur plusieurs notions : la vie, la mort, l'amour….
Incarné par Nourhène Bouzayène, le personnage éponyme Raja lance un cri de douleur et s'insurge contre sa situation de femme délaissée, et trouve dans la musique un refuge, un lieu de libération, de rêve, de joie et d'extase qui peut lui faire oublier l'amertume du quotidien vécu avec un homme qu'elle n'aime pas et un amant parti très loin.
Face à cette situation, Raja se plonge dans un autre monde propre à elle, et se confronte ainsi à un autre monde, celui du réel incarné par deux autres protagonistes, à savoir Yahya Faydi pour le rôle de Adel, le mari, et Mohammed Houssine Griaa, pour le rôle de Ahmed, l'amant. Ce conflit, mis en relief avec le recours fréquent au jeu de mots, mais aussi au jeu de sonorités (chansons) et aux tableaux de danse, vise à provoquer la réflexion et l'émotion chez les spectateurs et les renvoient de la sorte à la vanité de l'existence humaine, à l'incompréhension de cette époque dans laquelle on vit.
L'actrice a bien puisé dans son imaginaire pour dessiner la situation d'une femme souffrante, et a bien joué avec les mots mis en exergue pour démontrer l'insécurité de la condition humaine.
Théâtre de l'absurde ?
La pièce peut être comprise comme une réflexion, où l'insertion de bribes de chansons nostalgiques,et le recours à des figures emblématiques de la littérature française et de la poésie arabe se joignent pour nous donner un aperçu général de l'amertume de la réalité, et met en exergue cet écart entre ce qui devrait être et ce qui est en réalité.
Bien que la mise en scène de cette pièce ait été bien maîtrisée, l'utilisation d'un décor chargé qui tient à des tableaux, des tables et une chaise longue ainsi que d'autres accessoires n'a pas contribué à mettre les acteurs en valeur.
Ainsi, cette pièce acquiert une dimension tragique loin de tout divertissement, les questions qui y sont traitées d'une façon philosophique demandant aux spectateurs de fournir un effort pour déchiffrer un certain langage codé, ce qui nous laisse comprendre que la pièce s'adresse à un public particulier.


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