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Et Dibango fut là !
Le festival international de Carthage ne s'arrêtera PAS !
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 07 - 2013

« Si le mot solidarité a un sens, c'est bien ce soir qu'il prend toute son ampleur », a déclaré l'artiste camerounais.
Pénible était la soirée de lundi dernier au festival de Carthage, les mauvaises nouvelles n'arrêtaient pas de fuser de Châambi et de l'exécution sauvage de 9 de nos valeureux soldats. L'appel à la vie était plus fort que l'obscurité de la mort et de la violence, et la direction de la 49è édition du festival international de Carthage a tenu bon pour continuer à assurer le programme. Tout le monde était là, organisation, sécurité, technique et Manu Dibango, ce colosse du Jazz et une des figures incontournables de la musique africaine. Quant à Salif Keita, les bruits couraient qu'il a annulé sa venue. Pris de panique, il aurait retiré ses bagages, avant l'embarquement et éteint son téléphone... La Tunisie serait-elle devenue en quelques heures, un pays qui fait peur aux artistes ?!
A notre grande surprise, le public a commencé à arriver. Plus de deux mille billets vendus, Manu Dibango allait, désormais, assurer seul le concert.
A 22H30 exactement, l'hymne national tunisien retentit. Le public, debout, observe une minute de silence à la mémoire de nos martyrs, puis la musique arrive panser les blessures béantes.
Pour commencer, Manu Dibango s'est adressé au public en disant avec une voix douce et solennelle : « Si le mot solidarité a un sens, c'est bien ce soir qu'il prend toute son ampleur », et le son de son saxophone prend place avec une mélodie lente comme une complainte, comme pour dire qu'on ne tuera point notre amour pour la vie.
A plus de quatre-vingts ans, Manu Dibango, le plus jazzy des Camerounais, était une aubaine pour Carthage. Serein, il a su faire plaisir au public présent sans agresser ses sentiments, son trouble, sa tristesse. Comme touché par la grâce, il a su nous entraîner dans un long safari à travers les villes d'Afrique, des rythmes langoureux du reggae à la rumba congolaise, en empruntant les chemins escarpés du jazz.
La soirée s'est déroulée calme et triste, mais la vie l'a emporté sur la mort qui planait au-dessus de nos têtes. Et pour rattraper le coup auprès d'un public venu voir le frileux Salif Keita, la direction du festival a annoncé au public que les billets de cette soirée seront valables pour la soirée de George Benson.


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