Le milliardaire Elon Musk est allé au bout de ce qu'il pouvait endurer pour les beaux yeux du président Donald Trump. C'est terminé. Le patron de Tesla, SpaceX et compagnie a commencé par tirer en direction du « génie » qui conseille le républicain, il a fini par jeter officiellement l'éponge dans sa mission de dégraissage de l'administration américaine. L'avenir nous dira s'il a pu rendre service à la nation, en tout cas les agents qu'il a fauchés eux le maudissent à jamais. Musk a laissé beaucoup de plumes dans l'aventurisme économique de Trump, 130 milliards de dollars de perte sèche au bas mot. Mais il y a encore pire… Son champion est en train de dépenser sans compter, de l'argent que le pays n'a pas et qu'il n'est même pas certain de récupérer dans les droits de douane et les relocalisations industrielles qui obsèdent la Maison Blanche. Rien qu'avec son Dôme d'Or, une folie sécuritaire que rien ne justifie – qui oserait attaquer le pays de l'Oncle Sam ?!-, Trump engloutira des centaines de milliards de dollars. Les USA, pays le plus endetté au monde, continuent de se financer à crédit, de creuser davantage un déficit de 31 400 milliards de dollars. Ce n'est pas pour ça que Trump a été élu, ce n'est pas ce qu'il avait promis à ses électeurs, ce n'est pas ce qui était convenu avec Elon Musk. C'est tout simplement son « oeuvre » au DOGE (The Department of Government Efficiency) qui part en lambeaux. Alors il n'est pas content, cette fois il ne tire pas sur un conseiller mais sur le Patron, sur sa «grande et belle loi» budgétaire dont il s'est vanté. «J'ai été déçu de voir ce projet de loi de dépenses massives – franchement – qui augmente le déficit budgétaire», a asséné l'homme le plus riche du monde dans un entretien avec la chaîne CBS News, dont un extrait est passé hier mardi dans la soirée. La Loi de finances du président passe en ce moment sur le gril des élus du Congrès. Théoriquement il est question de matérialiser certains engagements de la campagne électorale, tels que les méga «crédits d'impôt Trump» instaurés durant le premier mandat et qui expirent fin 2025. D'après une étude d'une agence parlementaire non-partisane, le document présentement entraînerait une nette aggravation du déficit fédéral, 3800 milliards de dollars de plus durant la prochaine décennie. «Je pense qu'une loi peut être grande ou elle peut être belle. Mais je ne sais pas si elle peut être les deux», a asséné Musk dans cette interview qui sera diffusée en intégralité ce dimanche. Dans un autre entretien avec le Washington Post sorti hier mardi, le milliardaire a également évoqué son expérience à Washington et sa tâche avec la commission DOGE. «La bureaucratie fédérale est bien pire que ce que je pensais (…). Je savais qu'il y avait des problèmes, mais c'est vraiment un parcours du combattant pour essayer d'améliorer les choses à Washington», a-t-il dit. L'entrepreneur avait admis début mai que sa mission n'avait pas totalement atteint tous les objectifs fixés, en dépit du limogeage sans ménagement de milliers de fonctionnaires et de la disparition ou du rabotage d'une pléthore d'agences publiques. A ces résultats mi-figue mi raisin s'ajoutent les folies dépensières de Trump, qui sonnent comme une trahison. Il n'est pas certain qu'on reverra Musk de sitôt dans les sphères du pouvoir… Toutefois il a confié au Washington Post qu'il continuera d'accompagner le DOGE, mais uniquement pour l'amélioration des systèmes informatiques de l'Etat fédéral, fini le sabrage du personnel de la fonction publique. Un travail ingrat et manifestement inutile au regard des largesses que s'autorise le président avec les deniers publics, ou plutôt les emprunts publics.
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