Dans le cadre de son 18e train de sanctions contre la Russie, annoncé le 18 juillet 2025, l'Union européenne a franchi un nouveau cap en s'en prenant, pour la première fois, à deux institutions financières chinoises. Ces dernières sont accusées d'avoir contourné les sanctions européennes en fournissant des services de cryptoactifs à des entités russes, contribuant ainsi indirectement à soutenir l'économie de guerre de Moscou. Une décision vivement contestée par Pékin. Une protestation officielle de la Chine Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, a exprimé mardi 22 juillet une « protestation solennelle » lors d'une rencontre avec son homologue européen, le Commissaire au Commerce Maros Sefcovic. Le ministère chinois du Commerce a dénoncé dans un communiqué les sanctions comme portant « gravement atteinte aux liens commerciaux, économiques et financiers » avec l'Union européenne. Pékin a d'ores et déjà annoncé qu'il prendrait « les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises et institutions financières chinoises ». Selon l'UE, les deux banques chinoises sanctionnées ont « fourni des services de cryptoactifs qui contrecarrent de manière significative » les mesures déjà en place contre la Russie. Cinq autres entreprises basées en Chine sont également concernées par cette série de sanctions. Ces nouvelles restrictions illustrent l'élargissement de la stratégie européenne, qui ne cible plus seulement les entités russes, mais également les partenaires internationaux soupçonnés de faciliter les opérations financières ou logistiques du Kremlin. Une approche qui marque un tournant dans la diplomatie économique de l'UE. Un climat bilatéral de plus en plus tendu Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, les relations entre Bruxelles et Pékin se sont considérablement dégradées. L'Union européenne accuse la Chine de renforcer ses liens politiques et commerciaux avec Moscou, ce qui permettrait à l'économie russe de résister aux sanctions occidentales. « La Chine est le principal catalyseur de la guerre de la Russie en Ukraine », a déclaré Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, dans une interview au Financial Times. Pékin réfute catégoriquement ces allégations, les qualifiant de « sans fondement ». Alors que les tensions montent, le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sont attendus jeudi à Pékin. Cette visite abordera les questions commerciales et géopolitiques, y compris la guerre en Ukraine, bien qu'aucune avancée majeure ne soit attendue. Le refus récent du président chinois Xi Jinping de se rendre à Bruxelles pour une réunion prévue de longue date illustre la froideur croissante entre les deux blocs. Ce contexte pèse également sur les échanges économiques bilatéraux. Un déficit commercial qui aggrave les tensions Au-delà des aspects géopolitiques, l'Union européenne s'inquiète de l'explosion de son déficit commercial vis-à-vis de la Chine. Celui-ci aurait atteint 300 milliards d'euros en 2024, selon la Commission européenne. Cette déséquilibre alimente les critiques sur la dépendance industrielle européenne et la concurrence jugée déloyale de certaines entreprises chinoises, notamment dans les secteurs des technologies et des véhicules électriques. Ainsi, l'inclusion de deux banques chinoises dans les dernières sanctions européennes contre la Russie marque une escalade significative dans les tensions entre l'Union européenne et la Chine. Alors que la guerre en Ukraine continue de redéfinir les alliances économiques mondiales, l'UE semble déterminée à étendre ses mécanismes de pression, quitte à provoquer de nouveaux remous sur la scène diplomatique et commerciale internationale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!