Le secteur bancaire tunisien enregistre une contraction relative de l'octroi de crédits aux particuliers depuis le début de l'année 2025. Selon les dernières données publiées par la Banque Centrale de Tunisie, l'encours des crédits bancaires non professionnels accordés par les banques commerciales aux personnes physiques a diminué de 180 millions de dinars entre décembre 2024 et fin mars 2025. Cette baisse reflète les défis économiques persistants et les spécificités de l'accès au financement pour les ménages tunisiens. Une tendance baissière L'analyse des statistiques mensuelles révèle une diminution constante de l'encours des crédits non professionnels. De 29,407 milliards de dinars en décembre 2024, ce montant est passé à 29,227 milliards de dinars fin mars 2025. Cette évolution s'est manifestée progressivement : 29,308 milliards de dinars en janvier, puis 29,292 milliards en février, illustrant une dynamique de ralentissement continu du crédit aux particuliers. Cette trajectoire descendante témoigne d'un changement d'orientation au niveau de la distribution du crédit bancaire, influencée par les conditions économiques actuelles. L'immobilier et l'automobile particulièrement en baisse Le segment du crédit immobilier accuse le recul le plus marqué avec une diminution de 87 millions de dinars. L'encours des prêts destinés à l'acquisition de logements est tombé à 12,927 milliards de dinars fin mars contre 13,014 milliards en décembre 2024. Cette baisse s'est accentuée mois après mois, passant de 12,986 milliards en janvier à 12,954 milliards en février. À l'inverse, les crédits d'amélioration de l'habitat, souvent détournés vers la consommation, ont légèrement progressé de 10,944 milliards à 10,950 milliards de dinars sur la même période. Les autres catégories de crédits subissent également cette tendance restrictive. Les financements automobiles ont reculé de 417 millions de dinars en janvier à 410,8 millions fin mars, soit une contraction de plus de 6 millions de dinars. Les prêts universitaires n'échappent pas à cette dynamique, passant de 14,4 millions de dinars fin 2024 à 13,9 millions au terme du premier trimestre 2025. Ces baisses touchent des secteurs importants pour le développement économique et social, questionnant l'accessibilité du financement pour les investissements productifs des ménages. Le pouvoir d'achat en cause Cette contraction du crédit s'explique principalement par deux facteurs structurels. D'une part, la variation du volume de consommation en Tunisie qui reflète des changements se rapportant au comportement d'achat des familles. D'autre part, le maintien de taux d'intérêt bancaires à un niveau relativement élevé rend le coût de l'endettement relativement onéreux pour certains ménages. Le taux directeur, fixé actuellement à 7,5%, vise à contenir l'inflation mais génère un renchérissement du crédit qui décourage, dans une certaine mesure, l'emprunt. Cette politique monétaire prudente, bien que nécessaire pour stabiliser les prix, impacte l'accès au financement et limite la capacité d'investissement des particuliers. L'évolution du coût de la vie dépasse désormais celle des salaires, créant un cercle vicieux qui affecte la demande de crédit. L'inflation persistante sur les produits de première nécessité – fruits, légumes, poissons et viandes rouges – selon les indicateurs de l'Institut National de la Statistique, amplifie ce défi. Cette situation pose des questions sur l'équilibre entre stabilité monétaire et soutien à l'activité économique, dans un contexte où les ménages tunisiens font face à des contraintes financières.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!