Des dizaines d'habitants de Taounate sont descendus dans la rue dimanche pour dénoncer la détérioration des services de santé au niveau local. Les participants ont réclamé un meilleur équipement pour l'hôpital provincial et une mobilisation accrue du personnel médical dans les centres de santé ruraux, estimant que l'offre publique ne répond plus aux besoins de base. Sur place, les manifestants ont mis en avant une situation qu'ils jugent alarmante : l'infrastructure sanitaire locale pousse de nombreux patients à être transférés vers l'hôpital de Fès, reléguant l'hôpital de Taounate au rang de simple point de transit. Plusieurs équipements seraient hors service, notamment le scanner, tandis que des appareils de radiographie ne fonctionnent pas, compliquant les diagnostics et rallongeant les délais de prise en charge. Faute de moyens, des patients disent devoir acheter des fournitures médicales de base dans des pharmacies privées ou louer des appareils pour des actes simples – comme mesurer la glycémie – afin de permettre au personnel soignant d'assurer un suivi minimal. Les témoignages évoquent également un déficit aigu en médecins dans plusieurs communes rurales. À Sidi Mokhfi, l'absence de praticiens depuis quatre ans aurait même conduit à la fermeture de la seule pharmacie, en l'absence de prescriptions médicales. La colère vise aussi les autorités locales. Les protestataires critiquent le gouverneur provincial, qui a récemment supervisé l'inauguration d'une clinique privée. Pour eux, ce geste illustre un désintérêt croissant pour le secteur public, au moment où les structures étatiques peinent à fonctionner. Dans ce contexte, ils lancent un appel urgent au ministère de la Santé et aux autorités compétentes pour intervenir, rétablir les équipements critiques, affecter du personnel dans les zones déficitaires et garantir la continuité des soins. Au-delà des revendications immédiates, les habitants de Taounate interrogent la pérennité du service public de santé dans les territoires ruraux et périphériques : sans équipements opérationnels, sans médecins et sans circuit d'approvisionnement fiable, préviennent-ils, la population la plus vulnérable reste la première exposée aux retards de soins et aux coûts cachés (achats privés, déplacements vers Fès). Les manifestants annoncent maintenir leur mobilisation jusqu'à la mise en place de solutions concrètes. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!