Barcelone - l'Atlético : quand et où suivre le match ?    Mars 2026 : 167 coupures d'eau à travers la Tunisie, Ben Arous en tête    Téléviseurs QNED evo 2026 : LG repousse les limites du grand écran avec l'IA    Dorra Zarrouk se confie sur ses fausses couches : ''Je rêve toujours de devenir mère''    L'Institut supérieur de biotechnologie de Sfax organise une journée portes ouvertes avec plus de 30 entreprises industrielles    Opportunité pour la communauté tunisienne aux USA et au Mexique    Découvrez le litre d'essence le plus cher du monde    Tunisiens, préparez-vous : Travaux majeurs sur l'A1 Nord dès ce mercredi !    Le Pr Slim Laghmani, candidat de la Tunisie au poste de juge au tribunal international du droit de la mer    FTF : Qui sera le prochain directeur technique pour guider le football tunisien ?    Salsabil Klibi - Sadok Belaid, le savant et l'esthète    Forme-toi, développe tes compétences et pars : ce projet t'accompagne pour une migration professionnelle organisée vers la France    Météo en Tunisie : ciel partiellement nuageux, températures en légère hausse    Le derby de la capitale...quand?    Taxis, louages et transport rural en grève le 27 avril en Tunisie    Le Théâtre municipal de Tunis fermé pour travaux à partir du mois de mai 2026    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale : Alors que tout change...    Comprendre le système de la "Bette" et ses règles en Tunisie    La NASA intègre le couscous au menu des astronautes de la mission Artemis II    Sadok Belaïd: Trois moments forts    Météo en Tunisie : températures en légère hausse    Soliman plage: Préserver la station balnéaire de la progradation de la côte    11 Tunisiens rapatriés du Liban arrivent à Tunis    Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027 : lancement de l'appel à candidatures    Metline 2040 et le rapport d'or: Vers une ville durable à vocation biomédicale et de bien-être    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G avec des fonctionnalités de niveau professionnel dévoilés par Samsung    6 avril 2000 : disparition du fondateur de la République tunisienne Habib Bourguiba    Trump met l'Iran en demeure : moins de 48 heures avant ''l'enfer''    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tunisie - Forum du Futur:
Les choix forts et les options d'avenir
Publié dans WMC actualités le 25 - 02 - 2016

Le forum du futur se tient à Tunis les 24 et 25 février 2016. Il est organisé en partenariat avec l'ASECTU (Association des économistes tunisiens) avec le concours du CRES. Le Forum adopte un format standard. Les conférenciers se livrent à un exercice de prospective. Ils opèrent un forcast, projetant les prévisions économiques et sociales pour le pays sur les 20 prochaines années.
Disposant d'une esquisse crédible, ils invitent la classe politique, les faiseurs d'opinion et toutes les catégories de décideurs à convenir de choix économiques et sociaux pour configurer le modèle sociétal qu'ils privilégient.
Les agrégats et les fondamentaux
Il est revenu au Pr Mohamed Haddar, président de l'ASECTU d'ouvrir le bal, de planter le décor du forum, mercredi 24 février. Son discours s'en tient à des considérations strictement scientifiques. Dans un propos concis et cohérent, il rappelle les agrégats et les fondamentaux, établis depuis Vassily Leontief (économiste américano-russe, né à Munich en Allemagne, connu pour son “Paradoxe de Leontief“…) jusqu'à Joseph Stiglitz (lire notre article: Tunisie : Joseph Stiglitz, “plus d'Etat“ et “Mieux d'Etat“?) et qui commandent l'évolution économique et sociale de la communauté nationale.
Il harmonise son discours avec la triple interrogation posée par la vulgate en sciences économiques, à savoir: “Que produire, comment produire et pour qui produire“.
Pr Haddar rappellera que dans une société, il faut se donner un système de production pour organiser le niveau de création de richesses. Ensuite, il convient de répartir ce qui a été créé via la fiscalité et les transferts sociaux en vue de garantir une justice sociale. Et pour que l'ensemble social tienne et soit solidaire, il faut un effort de protection sociale pour les inactifs, les démunis et les retraités.
On peut me rétorquer que, sans se draper du couvert scientifique, cet enchainement tombe sous le coup du sens. L'implication scientifique vient de ce que ces variables sont liées et complémentaires au sens de Vilfredo Pareto. Si l'on touche à l'une, on ne peut manquer d'impacter l'autre. Par conséquent, la réflexion en matière de planification économique et sociale doit être packagée.
L'exception tunisienne: l'anémie de croissance
C'était ensuite autour de Mustapha Kamel Nabli (MKN) d'embrayer sur le premier des cinq thèmes, celui se rapportant à la physionomie de la croissance de demain.
L'ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) rappelle que “de la nature de la croissance dépendra la qualité du développement du pays“. Même si la démonstration est établie, c'est son application à la Tunisie qui apporte un plus.
La Tunisie a fait le choix –ou délibéré, ou imposé, ou par négligence- de s'en tenir à une croissance médiane avec un taux voisin de 4,5%. Si on décomposait cette croissance, on trouverait que la contribution de la ressource humaine génère 2,5% et la productivité 2%. C'est ce dernier élément qui reste faible. Les pays émergents en sont au double, soit à 4%. C'est le cas de la Chine et de l'Inde. C'est cela qui a fait que le développement de la Tunisie a été anémique et qu'il a généré toutes les tares économiques et sociales qui ont précipité la révolution. Et tous les équilibres globaux respectés ne remplissaient leur condition qu'en façade parce qu'ils reposaient sur des fondamentaux qui étaient faibles, peu consistants.
La preuve est que le système a fini par se fissurer. Le pays a fait le choix d'investissements productifs peu capitalistiques qui ne contribuaient en rien à la productivité laquelle provenait de variables d'ajustements salariale et monétaire. Ajouter à cela que le taux d'investissement se cantonnait -bon an mal an au cours des deux dernières décennies- à un taux de 23% au maximum, ce qui est loin des 40% des pays émergents.
La démonstration de MKN est établie, ce qu'elle apporte ici c'est qu'elle établit la relation de cause à effet entre mode de production et niveau de développement. Après, il appartient aux décideurs de se prononcer et de choisir les options qui conviennent, mais en toute connaissance de cause se tenant prêts à assumer leur choix devant le peuple.
Le retournement de la démographie et les caprices de la croissance
Que sera la croissance à l'avenir? Sur les vingt prochaines années et à la faveur du retournement démographique de la population tunisienne, la pression quantitative deviendra qualitative sur le marché de l'emploi. Le flux de nouveaux arrivants sur le marché du travail va baisser de moitié. De 75.000, ils ne seraient plus que 35.000, et les nouveaux candidats à l'emploi seront des femmes en majorité. L'ennui dans tout cela est que ce changement de physionomie pourrait s'accompagner d'un fléchissement de tonalité de la croissance qui risque de s'éterniser à 2% si on ne modifie pas la productivité du facteur capital ainsi que la productivité globale de l'économie. Et ces choix devront faire l'objet d'un consensus selon un rituel démocratique.
L'écart entre la prospective et la planification
En choisissant une profondeur prospective de vingt ans, MKN imprime une certaine hauteur au débat. Ce faisant, il élude les solutions à apporter aux difficultés actuelles échappant à se prononcer sur la nature du travail de planification entrepris par le gouvernement. On aurait aussi aimé l'entendre se prononcer sur les conclusions de la BM (Banque mondiale) qui, dans son rapport “La révolution inachevée“, disait que «la Tunisie doit passer d'une économie de rente à une économie concurrentielle». S'enfermer dans les seuls paramètres nationaux sans intégrer l'environnement international ou au moins régional affecte quelque peu la qualité de la démonstration.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.