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Les promesses oubliées de Kaïs Saïed
Publié dans Business News le 18 - 04 - 2022

Voilà presque neuf mois que le président de la République, Kaïs Saïed a décidé d'évincer la quasi-totalité des institutions de l'Etat et s'est laissé champ libre pour réaliser son grand projet dont il avait longtemps fait les louanges.
Le chef de l'Etat avait affirmé qu'il avait décidé de suspendre l'activité parlementaire et de limoger l'ancien chef du gouvernement, Hichem Mechichi, afin de rendre la Tunisie aux Tunisiens et de réaliser leurs rêves et leurs attentes d'un monde meilleur et où tous, sans exception connaîtront richesse et prospérité.
« Le Seigneur, le destin et l'histoire ont fait que nous nous sommes retrouvés dans l'obligation d'annoncer des mesures exceptionnelles… Nous devons prendre les mesures nécessaires pour sauver la Tunisie, l'Etat tunisien et la société tunisienne… Nous ne laisserons personne manipuler l'Etat, son patrimoine, les vies et les biens et gérer l'Etat comme s'il était sa propriété personnelle… Plusieurs autres mesures seront annoncées sous la forme de décrets afin de réinstaurer la paix sociale et de sauver l'Etat et la société », avait-il affirmé à l'occasion de l'annonce des mesures exceptionnelles. Il avait parlé de crimes dissimulés par le pouvoir en place. Il en était même venu à affirmer qu'il comptait présider le ministère public.
Mais alors, qu'en est-il de cette fameuse lutte contre la corruption et des poursuites contre les personnes ayant contribué à la dégradation de la situation du pays ? Le fait est qu'après plus de 270 jours, aucune arrestation de l'une des figures d'Ennahdha ou même inculpation pour un crime s'inscrivant dans le cadre de l'atteinte à l'Etat ou à la sécurité nationale n'a encore eu lieu. Kaïs Saïed a échoué dans cette mission même après avoir dissous le Conseil supérieur de la magistrature et en ayant une mainmise sur la justice tunisienne. Comble de l'ironie, Rached Ghannouchi et son parti viennent d'être acquittés dans l'affaire de financement étranger de la liste présentée à l'occasion des législatives de 2019.

Le chef de l'Etat n'a pas réussi à redonner à la Tunisie cette splendeur et cet éclat tant évoqués. Il met l'accent, à chaque intervention ou discours, sur l'image de la Tunisie, le respect des institutions et de l'Etat de droit, pour appeler, par la suite, la ministre de la Justice à poursuivre un ancien président et des députés, et pourquoi pas les traîner devant la brigade anti-terroriste. Il continue, en parallèle, à démanteler l'Etat pièce par pièce en limogeant les fonctionnaires et les hauts cadres. D'ailleurs, personne ne cherche plus à être promu et à progresser dans sa carrière de peur de se retrouver limogé sur un coup de tête du chef de l'Etat ou de faire l'objet de poursuites injustifiées. L'administration, qu'il voulait débloquer, ne fait que du sur place.
En plus de cela, Kaïs Saïed ne rate pas une occasion pour expliquer qu'il ne faisait que répondre aux attentes des Tunisiens et qu'il ne faisait que traduire la voix du peuple. Il avait dans ce sens forcé la tenue de la consultation électronique et mobilisé l'ensemble des institutions de l'Etat au service de ce projet. Par la suite, malgré l'échec de l'expérience et la participation de quelque 534 mille personnes, le président a considéré que les résultats seront le point de départ du dialogue national inhibant ainsi toute possibilité d'entente et d'unité nationale.
Il avait, également, affirmé lors de l'annonce de la tenue de la consultation qu'une commission d'expert sera chargée d'étudier les réponses des citoyens et de les reformuler sous forme de propositions servant à un référendum et à la révision de la loi électorale organisant ce dernier. Nous attendons, toujours, de voir cette commission ou même d'avoir une idée sur sa composition. Aucune information n'a été communiquée par le locataire de Carthage à ce sujet. Les Tunisiens se disent prêts à participer à un référendum à la date du 25 juillet 2022, soit d'ici trois mois, alors qu'aucune proposition concernant le mode de scrutin ou le référendum n'a été présentée. Nous avançons tout simplement vers le flou et encore une fois, le chef de la République n'a pas respecté sa parole et continue à manœuvrer dans l'ombre avec dieu seul sait qui !
Autre commission qui n'a toujours pas vu le jour : celle relative à la réconciliation nationale. La promulgation du décret avait duré plus de 6 mois. A chaque discours, Kaïs Saïed s'empressait d'évoquer l'argent et les biens spoliés, les richesses volées et leur restitution. Quelques mois après, un décret voit enfin le jour. Il est promulgué à la date du 21 mars 2022. D'après le texte, une commission chargée d'étudier les dossiers, convoquer les personnes concernées et trancher dans ce domaine devait être formée par le chef de l'Etat. Un mois après, on attend toujours de partir à la découverte de cette institution. Le décret a été promulgué puis jeté aux oubliettes. On ne parle plus de réconciliation pénale. Kaïs Saïed a, encore et encore, failli à sa parole !

Restons dans la même ambiance, celle de la bureaucratie et des institutions dont la raison d'exister reste l'un des plus grands mystères de l'humanité : le Conseil supérieur de l'éducation. Ce projet a été mentionné à deux ou trois reprises par le président de la République lors des conseils ministériels. Sa création ne résulterait que de l'importance de l'éducation. Fidèle à la tradition, ce projet n'a plus refait surface. Le chef de l'Etat l'aurait, lui aussi, abandonné. Concernant le décret relatif aux sociétés citoyennes, publié à la même date, on notera que les décrets d'application n'ont toujours pas été promulgués. Encore une défaillance de la part du chef de l'Etat.
Prenons maintenant un autre angle, le président de la République s'était, également, penché sur la question des investissements et des projets d'intérêt général. Kaïs Saïed avait annoncé, le 30 janvier 2020, soit plus de deux ans en arrière, son intention de fonder une cité médicale à Kairouan. Le projet a fait l'objet de deux ou trois réunions. Il a, par la suite, sombré dans l'oubli. Le problème principal auquel ferait face ce projet serait la disponibilité d'un terrain capable d'accueillir une cité de cette envergure. Le chef de l'Etat, malgré la monopolisation des pouvoirs et un gouvernement à sa botte, n'a pas pu trouver une solution afin d'écarter cet obstacle et de tenir sa parole.
Un autre projet avait fait parler de lui, celui du TGV tunisien. Le président de la République avait affirmé, à la date du 27 janvier 2022, qu'il comptait construire une ligne de TGV reliant le sud de la Tunisie au nord. Il avait ordonné durant un entretien avec le ministre du Transport d'entamer une étude à ce sujet. Comme pour le reste des éléments évoqués précédemment, le sujet n'a pas été abordé à nouveau. Soit le président a complétement oublié la chose, soit il l'avait tout simplement évoqué pour créer une polémique et donner l'impression de vouloir innover. Nous pourrions multiplier les exemples pour montrer la défaillance présidentielle : affaires d'assassinat des deux martyrs qui avaient été instrumentalisées pour justifier la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature, l'audit ordonné à la ministre des Finances sur les dettes et les dons reçus par la Tunisie, la commission censée travailler sur les biens spoliés et la récupération de l'argent tunisien à l'étranger...

Le président de la République, Kaïs Saïed, a démontré par son comportement qu'il agit complètement à l'aveuglette. Navigant sans carte et sans boussole, il se contente de se focaliser sur une institution à la fois afin de la remodeler à sa façon et d'en faire un pion de plus dans son grand échiquier. Les promesses et autres slogans qu'il ne cesse de brandir ne sont qu'une façon d'entretenir l'image du leader suprême qu'il essaie de se construire, celle du chevalier noble et vaillant sauvant les pauvres petits citoyens des méchants monstres. D'ailleurs, l'ensemble de ces discours reprennent cette approche. Il provoque un sentiment de peur et d'incertitude en évoquant les traîtres et les vendus complotant dans l'ombre et dont la puissance serait inégalée pour se présenter par la suite comme le sauveur et l'être de lumière prêt à tous les sacrifices pour leur barrer la route. Les promesses et les projets ne sont dans tout cela qu'un simple élément de décor permettant d'accentuer un lien de dépendance émotionnelle qui commence à se créer petit-à-petit. Le chef de l'Etat n'a pas à se soucier d'échéances ou de conséquences de ses actes puisqu'il n'a qu'un seul objectif : honorer la seule véritable promesse à laquelle il tient celle de mettre en place son projet personnel de gouvernance par les bases quel qu'en soit le prix. La relation qu'il entretient avec ses promesses nous rappelle une histoire qu'il avait lui-même raconté : Celle de la promesse faite par Kafur Al Ikhshidi à Al Mutanabbi et qui n'avait jamais été honorée.


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