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Que serait advenu d'Elon Musk s'il était Tunisien ?
Publié dans Business News le 31 - 10 - 2022

Il s'appelle Elon Musk et il vient d'acquérir le réseau social Twitter pour 44 milliards de dollars. A titre indicatif, le budget de l'Etat tunisien est d'environ 17,5 milliards de dollars et le PIB de la Tunisie (c'est-à-dire l'ensemble des richesses que nous créons, tous ensemble) est d'à peine 47 milliards de dollars.
Elon Musk est connu pour être l'homme le plus riche de la planète avec une fortune estimée à 188 milliards de dollars. On le connait également pour être le patron de la société d'automobiles Tesla et de la société aéronautique Space X, celle-là même qui prépare le tourisme spatial pour nos enfants.
Ce qui est moins connu d'Elon Musk est que ce chef d'entreprises, né en 1971 (51 ans) en Afrique du Sud, s'est bâti tout seul, loin de sa famille. A douze ans, il a vendu son premier jeu vidéo pour l'équivalent de 500 dollars.
A 17 ans, il part au Canada dans l'objectif de décrocher un diplôme lui facilitant l'entrée aux universités américaines et de lui faire éviter le service militaire en Afrique du Sud. Son père, riche ingénieur, promoteur immobilier et copropriétaire d'une mine d'émeraudes, lui coupe alors les vivres.
Peu importe, Elon Musk se construira tout seul et financera ses études grâce à des travaux à temps partiel et des emplois d'été en informatique. A 22 ans, il quitte le Canada pour les Etats-Unis où il obtient une série de bourses lui permettant de décrocher quelques diplômes. Bien qu'admis en tant que boursier pour suivre un doctorat en physique énergétique à la prestigieuse université Stanford, il décida de quitter les études pour lancer sa société en 1995 et ce après avoir flairé le développement d'internet. C'est le jackpot, sa première société de logiciels Zip2 (qui aide les médias à se développer sur le web) est vendue en 1999 pour 307 millions de dollars.
Il cofonde ensuite la banque en ligne X.com (qui deviendra PayPal après la fusion avec Confinity en 2000), SpaceX en 2002 puis investit dans Tesla dès 2004 pour en devenir le PDG en 2008.

Le pedigree d'Elon Musk fait rêver. Tout comme celui de Bill Gates, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Larry Page ou feu Steve Jobs (paix à son âme). Le point commun de tous ces surdoués au QI élevé est d'avoir commencé leur carrière tous seuls à partir de zéro. L'autre point commun est qu'ils ont tous réussi aux Etats-Unis. Ni en France, ni en Suède, ni en Russie, ni en Chine.
Il y a eu quelques noms qui ont émergé, ici et là, mais ils ont tous été massacrés en plein essor. L'exemple le plus illustre, et le plus récent, est celui du Chinois Jack Ma, fondateur du géant Ali Baba.
Oublions le reste du monde et restons en Tunisie, puisque c'est elle qui nous intéresse (théoriquement) le plus.
Pourquoi n'y a-t-il pas de surdoués connus dans notre pays ? Y a-t-il quelque chose dans l'air qui empêche le gène du génie de se développer ?
La vérité est que les Musk, Bezos et Jobs ont le même ADN que le nôtre. L'autre vérité est qu'ils sont bipèdes dotés d'un cerveau comme nous. Ils sont tous nés après neuf mois de grossesse. Ce n'est donc pas une question de gènes, mais une question d'environnement.
À douze ans, Elon Musk a vendu son premier jeu vidéo. En Tunisie, on l'aurait sommé d'apprendre par cœur la sourate Yassine, plutôt que de jouer.
À 17 ans, il est parti au Canada contre l'avis de son père. En Tunisie, il aurait été bloqué par la police des frontières parce qu'il n'a pas d'autorisation paternelle pour voyager. Toute sa famille l'aurait culpabilisé pour sa désobéissance et lui aurait promis l'enfer dans l'au-delà. Car, c'est connu, celui qui n'obéit pas à ses parents va obligatoirement en enfer.
À 20 ans, Elon Musk a financé ses études grâce à des emplois d'été et des travaux à temps partiel. En Tunisie, la CNSS aurait dressé des amendes ubuesques à ses employeurs pour travail dissimulé.
À 24 ans, il abandonne son doctorat pour fonder sa start-up. En Tunisie, le statut de start-up est corrélé avec les diplômes que tu as.
À 28 ans, il vend sa société pour 307 millions de dollars. Somme grotesque et inconcevable en Tunisie. Tu ne trouveras personne prête à allonger un tel chèque à un vingtenaire.
À 31 ans, il fonde SpaceX. Impossible en Tunisie, le ciel est une question de sécurité nationale. Tu ne peux même pas faire voler un petit drone !
Dès qu'il a vraiment pris du poids, Elon Musk a commencé à avoir des déboires avec l'administration américaine, notamment le SEC, le gendarme de la bourse. Grâce à ses avocats, il a réussi à les surpasser tous.

L'identité arabo-musulmane, nos us et coutumes, notre administration, nos lois rigides, notre culture entrepreneuriale qui préfère les vieux aux jeunes, le refus total de la prise de risque, l'Etat omniprésent (même dans nos chambres à coucher), le système judiciaire, tout cela empêche que nos génies et surdoués créent des SpaceX, des Apple et des Google.
En Tunisie, dès que tu commences à percer et à gagner de l'argent, tu trouves des gens pour te jalouser, te casser, te rabaisser. Ça commence par la famille et ça monte jusqu'à l'Etat. Si tu es riche, c'est que forcément tu es corrompu. Au mieux, tu es suspect.
Dès lors que tu commences à prendre ton chemin et ton envol, on va te donner des leçons sur ce que tu dois et ne dois pas faire, on va te dire que tu es fou, on va te rappeler ceux qui ont échoué, on prendra un malin plaisir à te mettre des bâtons dans les roues et on va t'inviter à aller petit à petit, car ceux qui courent brûlent.
Si jamais tu es devenu légèrement riche, juste légèrement, on va te parler de la juste distribution de la richesse, des pauvres qui ne trouvent pas quoi manger et de l'obligation de se satisfaire de peu, car la satisfaction est divine (القناعة من الدين). Tu vas passer tes journées à répondre aux différents demandeurs d'emploi et d'emprunt de ton entourage, à qui tu ne sais pas comment dire non, à subir les commérages, à endurer les aberrations moyenâgeuses de l'administration et à défendre ton intégrité devant une justice corrompue.

Pour devenir comme Bezos, Jobs ou Gates, il faut être d'abord et avant tout un solide entrepreneur et un grand rêveur. En Tunisie, on ne fait rien pour booster l'entreprenariat et nous sommes spécialistes pour casser les rêves des jeunes.
La Tunisie est, en ce moment, en pleine crise. Qu'a-t-on fait pour booster l'entreprenariat, le seul et l'unique capable de créer de l'emploi, de la croissance et des richesses ? Rien ! Pire, le chef de l'Etat s'enorgueillit de dire qu'on ne le verra jamais avec les nantis.
Vous me direz, oui, mais la Tunisie ne fait pas exception, il n'y a pas de Musk, de Page et de Zuckerberg dans le reste du monde non plus.
C'est vrai. Il y a aux Etats-Unis quelque chose qui n'existe pas ailleurs, celle d'offrir un environnement propice à l'entreprenariat, un véritable aimant pour les génies du monde entier.
Alors que l'Europe et le reste du monde se débattent encore avec le socialisme, le communisme, la religion et la pauvreté, on a dépassé tout cela aux Etats-Unis. Malgré le racisme encore ambiant et malgré la grande criminalité, les Etats-Unis ne jalousent pas leurs génies. Les universités, l'administration, la société et la justice les accompagnent à tous les stades de leur évolution pour faire de l'Amérique la puissance numéro un au monde. On mise sur l'individu et c'est la collectivité d'individus qui fait ensuite la richesse d'une nation. Aux Etats-Unis, c'est l'Etat qui est au service de cet individu et non l'inverse.
Dans le reste des contrées, l'esprit d'Adam Smith est quasiment voire totalement absent. Au nom du socialisme, du communisme, de l'islamisme ou de « l'idiotisme », l'individu est et doit rester un piètre serviteur de l'Etat, de la collectivité, de la religion et de la famille.


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