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La persécution morale de Sonia Dahmani
Publié dans Business News le 21 - 08 - 2024

L'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani devait comparaitre hier devant la cour d'appel dans la fameuse affaire de « heyla el bled », déclaration médiatique qui lui a valu d'être emmenée de force de la Maison de l'avocat et une condamnation à un an de prison ferme en vertu du décret 54. Finalement, Sonia Dahmani n'a pas comparu devant le tribunal et ses avocats ont peiné à obtenir un report du procès au 10 septembre prochain.

Sonia Dahmani n'a pas pu se présenter devant la cour d'appel car elle était « occupée » à se faire humilier et persécuter par ses geôliers. L'avocate et membre du comité de défense de Sonia Dahmani, Hana Hatay a indiqué que sa cliente a été empêchée de porter ses vêtements, même pas de chaussures. La direction de la prison lui a indiqué qu'elle ne pouvait porter qu'un safsari. Elle a, également, été soumise à une fouille intime. Par la suite, on l'a informée qu'il était trop tard pour la transporter au tribunal. Quelques heures après, Hana Hatay a assuré que l'audience a été suspendue afin d'étudier la possibilité de faire venir Sonia Dahmani.
Il devient évident que c'est la personne de Sonia Dahmani qui est visée par ses agissements et que l'on veut l'humilier pour tout ce qu'elle est. Il est quand même étonnant de voir que la machine policière et judiciaire s'est emballée pour la déclaration médiatique d'une chroniqueuse télé alors qu'en même temps, l'énergumène qui a menacé les opposants de meurtre et du viol de leurs femmes est parvenu à s'enfuir clandestinement du pays. Quand Sonia Dahmani est condamnée à un an de prison ferme, les policiers responsables de la mort de Omar Laabidi obtiennent des condamnations à sursis, sans jamais faire ne serait-ce qu'un jour de prison. Mais au-delà de la condamnation en elle-même, le traitement auquel est soumise Sonia Dahmani en prison est affligeant.

Cette histoire de safsari est en elle-même une tentative d'humiliation et de soumission car on a essayé d'imposer ce vêtement à l'avocate. Le port du safsari au tribunal n'est pas du tout réglementé et il n'existe aucun texte sur la question, par conséquent, selon l'interprétation de plusieurs juges, il s'agit d'une liberté personnelle. Les us et coutumes des tribunaux font que certaines accusées dans des affaires de mœurs par exemple souhaitent porter le safsari pour cacher leurs visages. Il faut également savoir que les tribunaux tunisiens ont pris la saine habitude de faire évacuer la salle d'audience quand il s'agit de traiter des affaires de mœurs, que les accusés soient hommes ou femmes. Donc, le port du safsari dans une salle d'audience est synonyme de honte et matérialise une volonté de se cacher. Mais de quoi Sonia Dahmani devrait-elle avoir honte ? De qui devrait-elle se cacher ?
Ceux qui sont venus l'arrêter étaient cagoulés, mais pas elle. Ceux qui devraient ressentir de la honte ce sont les magistrats qui se prêtent à ces simulacres de justice. Ceux qui devraient avoir honte ce sont les geôliers de Sonia Dahmani qui se permettent de lui faire subir un tel traitement. Il n'existe pas de safsari assez grand pour couvrir au moins la façade du tribunal. Il n'existe pas de safsari assez grand pour couvrir la Maison de l'avocat. Les avocats ont vu leur maison envahie par les forces de l'ordre au moins à deux reprises, l'un de leurs confrères en la personne de Mehdi Zagrouba a été victime de torture et de maltraitance, leur autre consœur Sonia Dahmani subit les affres de la prison, et pourtant cela ne semble pas émouvoir la corporation. La dernière activité publique du bâtonnier, Hatem Mziou, date du 24 juillet dernier et il s'agit de la cérémonie de prestation de serment des jeunes diplômés de l'institut supérieur de la profession d'avocat. Celles qui devraient également ressentir de la honte sont ces femmes prétendument féministes et défenseures des droits de l'Homme qui ont applaudi le coup de force de Kaïs Saïed et qui ont surtout salué l'arrestation de Sonia Dahmani. Leur silence aujourd'hui devant ce que sont en train de subir toutes les femmes emprisonnées pour des raisons fallacieuses est une honte. Pendant que ces prétendues féministes font la tournée des hôtels ou la promotion de leurs nouvelles créations, d'autres femmes sont maltraitées par le pouvoir qu'elles vénèrent.

Une chose est sûre, ce n'est pas à Sonia Dahmani de ressentir de la honte et ce n'est pas à elle de se cacher. Elle est sûre de son bon droit et a de quoi être fière en se regardant dans un miroir. C'est très loin d'être le cas de tout le monde.


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