Un front de défense s'est formé autour de Lassad Yakoubi. Plusieurs figures du mouvement Echaâb, dont les avocats Haykel Mekki, Khaled Krichi et Leila Haddad, se sont mobilisées pour défendre l'ancien secrétaire général de la Fédération de l'enseignement secondaire, placé en détention dans une affaire de spéculation présumée. Le syndicaliste, arrêté le 8 octobre 2025 sur instruction du parquet de Ben Arous, est soupçonné d'être impliqué dans le stockage de treize tonnes de pommes de terre dans un entrepôt à Mornag. Malgré la mobilisation de ces avocats, deux mandats de dépôt ont été émis vendredi 10 octobre à son encontre et celui d'un autre suspect. L'affaire s'inscrit dans le cadre de la campagne présidentielle contre la spéculation et le monopole, une cause particulièrement chère au chef de l'Etat. Les figures du mouvement Echaâb, connus pour leur soutien au 25-Juillet, se retrouvent donc à défendre l'un des leurs devant la justice dans une affaire née de ce même processus qu'ils ont tant applaudi. Un paradoxe que certains observeront sans doute avec intérêt. Le secrétaire général du mouvement, Zouhair Maghzaoui, avait d'ailleurs tenu à voler au secours de son ami. Le 9 octobre, il avait rappelé que Lassad Yakoubi « exerce depuis des années une activité agricole » et que « le dépôt en question à Mornag est un dépôt légal ». Il avait appelé à attendre les conclusions de la justice avant de « déclencher une vague de diffamation » à son encontre.
Lassad Yakoubi, du même bord qu'Echaâb et soutien affiché du processus du 25-Juillet, se retrouve donc au cœur d'une affaire qui illustre à merveille l'un des principes chers au régime actuel : nul n'est à l'abri, pas même ceux qui ont contribué à en consolider le pouvoir. Selon les informations de Business News, la saisie, qui porterait sur treize tonnes de pommes de terre, serait d'une valeur marchande maximale estimée à treize mille dinars. Un montant qui, à première vue, ne semble guère justifier une incarcération.