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Le protectionnisme algérien menace les exportateurs tunisiens
Publié dans Business News le 19 - 01 - 2010

"La Tunisie et l'Egypte sont les plus concernés par la décision algérienne quant à la suspension de l'importation de 1 141 produits de la zone arabe de libre-échange, du fait que 70% des importations algériennes proviennent de ces deux pays. Bien que cette procédure couvre tous les pays arabes sans exception, il y a lieu de s'interroger sur le sort de l'accord commercial préférentiel signé avec la Tunisie parallèlement avec notre adhésion à la Grande zone arabe de libre-échange arabe ". Telle était la déclaration de Slim Othmani, directeur général de la nouvelle conserverie algérienne (NCA) de Rouiba, au quotidien algérien "EL Khabar".
Voilà donc une déclaration qui résume tout pour ce qui est de la montée en puissance du protectionnisme algérien. Une autre mesure, après celles relatives à l'investissement étranger en Algérie, qui sème le doute sur le devenir des échanges bilatéraux entre la Tunisie et l'Algérie, alors même que les deux pays ont signé un accord commercial préférentiel, à Tunis le 4 décembre 2008. Certes, il ne faut pas s'aventurer à tirer des conclusions hâtives. Mais, du moins, la question brûlante qui repassera au premier plan est celle relative à la pertinence de la décision algérienne. En termes plus simples, est-ce réaliste, pour le gouvernement algérien, de prendre une telle mesure à l'heure où les dirigeants des deux pays ne cessent d'appeler à exploiter toutes les potentialités visant à parachever la construction de l'édifice maghrébin ?
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il s'avère utile de revenir quelque peu en arrière. La Chambre algérienne de commerce et d'industrie vient d'établir récemment une liste de 1141 produits dont le ministère du Commerce veut obtenir l'interdiction d'importation auprès des pays membres de la Zone arabe de libre-échange (ZALE) pour une durée de 3 à 4 ans. Une liste, dite « négative », qui comprend entre autres les produits des secteurs agroalimentaire, agricole, textile ainsi que les produits électroménagers, le carton et le papier. Ce sont des produits relevant de filières considérées comme « prioritaires », d'où la nécessité de les protéger pour une durée déterminée.
D'après des sources algériennes, il s'agit bel et bien d'une période de trêve que les Algériens veulent utiliser à l'avantage de la production nationale. Vraisemblablement, les responsables algériens n'ont pas apprécié le fait que leur adhésion à la Grande zone arabe de libre-échange arabe (GZALE) ne joue pas en leur faveur. En effet, tout le discours algérien s'est focalisé sur la "détérioration" des termes d'échanges de l'Algérie. Les chiffres des échanges entre les pays de la ZALE et l'Algérie, publiés par l'Agence algérienne de promotion du commerce extérieur, ont amplement alimenté ce discours. D'après ces statistiques, les importations de l'Algérie ont augmenté de 28% alors que les exportations hors hydrocarbures ont régressé de 63 %. En effet, durant les dix premiers mois de 2009, les importations sont estimées à 1,37 milliard de dollars, elles ont été de 1,05 milliard de dollars pour l'ensemble de l'année 2008. Il est à préciser que 90% des importations arabes de l'Algérie sont dominés par 5 pays seulement : Tunisie (qui a occupé à plusieurs reprises la tête de classement), le Maroc, l'Arabie Saoudite, l'Egypte et la Jordanie.
Côté exportations, elles étaient de 1,04 milliard de dollars pour les dix premiers mois de 2009, alors qu'elles étaient de 2,18 milliards de dollars pour 2008 dans sa totalité. Selon le rapport de l'Algex, le marché de l'Algérie au sein de la ZALE est à 75 % dominé par la Tunisie, le Maroc, la Libye, le Koweït, la Syrie, et les Emirats Arabes Unis. Les exportations algériennes à destination de la Tunisie sont de l'ordre de 22,5%, devant le Maroc (14,4 %) et la Libye (14 %).
Pour les Algériens, cette adhésion risque de causer des dégâts. Ainsi, l'élaboration d'une liste, renfermant 1 141 produits dont l'importation sera suspendue, est la seule alternative pour garrotter cette hémorragie et stopper la descente aux enfers de leurs exportations. La trêve de 3 à 4 ans permettra, en conséquence, de protéger la production nationale. D'ailleurs, la liste qui couvre les produits agricoles, le textile, le papier et l'électroménager, appartenant à des filières jugées « prioritaires », a été élaborée par la Chambre algérienne de commerce et d'industrie (CACI) en partenariat avec les représentants des entreprises algériennes. Selon Redouane Allili, conseiller du ministre algérien du Commerce, les pays arabes ont déjà obtenu gain de cause concernant ce genre de liste, à savoir le Maroc et l'Egypte pour respectivement 804 et 709 produits. Suivent la Syrie et la Tunisie dans l'ordre de 255 et 161 produits. Enfin, le Liban et la Jordanie pour 41 et 35 produits.
Là encore, la décision algérienne place le diable dans le détail. Les pays les plus ciblés sont au nombre de trois : la Tunisie, l'Egypte et le Maroc. Pour ce qui est de la Tunisie, le "Black List" comprend l'huile de soja (100% des importations algériennes proviennent de la Tunisie), la margarine, l'eau minérale et les diverses boissons, le ciment, le coton, les vêtements et les chaussures, le verre et certains métaux. Une véritable problématique qui pointe à l'horizon, selon Slim Othmani, quant au devenir des échanges bilatéraux entre la Tunisie et l'Algérie. Il semble bien que cette nouvelle mesure, trop protectionniste, chez nos frères algériens, aurait des retombées sur les relations de partenariat entre les deux pays. De quelle façon serait traitée cette nouvelle situation par les Tunisiens ? Telle est la question qui se pose.
Les Algériens, conscients peut-être de l'ampleur des séquelles que peut laisser cette mesure, ont annoncé qu'ils vont négocier cette liste à l'occasion du sommet économique et social de la Ligue arabe qui se tiendra en février 2010. Cependant, certains observateurs précisent que les négociations ne pourront être entamées que lors de la session de septembre 2010, car cette question n'est pas inscrite à l'ordre du jour de la rencontre du mois prochain. D'ici le mois de septembre, une chose est bien sûre. Les opérateurs tunisiens et algériens, impliqués dans la grande commission mixte, auront l'occasion d'en débattre. En attendant, les exportateurs tunisiens suspendront leurs exportations de produits "blacklistés" et remettront en question leurs projets. Tout comme d'autres entreprises tunisiennes (Biat ou Gif par exemple) qui ont suspendu leur implantation en Algérie à cause des changements des règles du jeu en pleine partie !


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