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Tunisie - Minorités : Besoin de reconnaissance et non de complaisance
Publié dans Business News le 10 - 06 - 2012

«Je vous rappelle au passage Monsieur le ministre que madame Gueblaoui Souad est notre ambassadeur à Malte depuis l'année dernière et qu'elle ne doit sa nomination qu'à son travail, à son abnégation, à son intégrité et à sa compétence!».
Tel est le message adressé par Mme Saâdia Bent Mabrouk Mosbah via sa page Facebook à l'adresse de Mohamed Abbou, ministre chargé de la Réforme administrative. Il faut dire que les propos de Abbou ont pour le moins étonné : il a déclaré que l'administration procèdera au recrutement de citoyens «de couleur» dans de hautes fonctions et ce, tout en citant le cas de l'ambassade de Malte. Le hic c'est que Mme Souad Gueblaoui, officiait déjà!
Elle intitule son texte par un message, on ne peut plus clair : «La communauté NOIRE a besoin de reconnaissance et non de complaisance monsieur le ministre…».
Et d'ajouter :«Merci monsieur le ministre de nous laisser loin de la sphère politique, parce que nous avons des besoins spécifiques à assouvir, pour n'en citer que l'éducation ... Et si cette main tendue n'a qu'un but électoral, vous m'en verrez encore plus triste et plus indignée … Je tiens à vous dire, au passage, que la compétence n'a ni sexe ni couleur, et que mon Pays, aujourd'hui, a besoin de toutes les compétences de ses enfants indépendamment de leur appartenance ethnique monsieur ABBOU».
D'ailleurs, Gilbert Naccache commenta en soulignant : « Rien à ajouter à ce texte fort et émouvant et qui nous renvoie à ce racisme caché qu'on n'ose pas voir et nous amène à dénoncer toutes les discriminations. Si la révolution n'avait servi qu'à permettre que ce cri soit poussé et entendu, cela suffirait à la justifier. Bravo, Saâdia ! ».
Déformations de propos ou vraie proposition, on n'en saura point davantage puisque M. Abbou n'a pas commenté l'information. Cependant et entretemps, il a appuyé la proposition de Mme Abbou quant à un droit de regard sur les déclarations des officiels que publieraient les médias !
Mais outre les propos de M. Abbou concernant les « Tunisiens de couleurs », c'est la coïncidence de deux événements qui intrigue tant.
En effet, le même jour, c'est une source de l'ANC qui révèle que deux sièges parlementaires seront, désormais « réservés » à des représentants de la communauté juive tunisienne. Les membres de la commission chargée des relations entre les pouvoirs exécutif et législatif auraient émis un avis favorable quant à cette proposition !
En rapportant l'information, nos confrères ont, d'abord, omis de souligner que cette proposition concernait, également, les Tunisiens de confession chrétienne et qu'elle suggérait, uniquement, un siège parlementaire.
Il fallait, aussi et surtout, préciser l'identité de celui ou celle qui a formulé cette proposition : il s'avère, en effet, qu'il s'agit de la députée Samia Abbou Hammouda, épouse du ministre Abbou.
Dans un texte (sorte de PV de réunion publié sur sa page Facebook), elle explique que lors d'une rencontre avec des représentants des Tunisiens de confession juive, elle a remarqué leur absence de la scène politique tout en relevant leur sentiment d'infériorité par rapport aux Tunisiens de confession musulmane.
Elle estime que l'égalité n'est pas une fin en soi ; mais un moyen de parvenir à la justice entre les citoyens ; et dont l'adoption exige plusieurs conditions parmi lesquelles l'égalité des chances. En conséquence, le nombre des Tunisiens de confession juive est un obstacle pour qu'un représentant de cette communauté puisse gagner ne serait-ce qu'un siège au parlement.
Elle développe en soulignant que le manque de représentativité de la communauté juive ou chrétienne « constitue un déséquilibre de l'ANC» et ce, dans le sens où le Parlement doit être représentatif de l'ensemble du peuple tunisien, ce qui n'est pas le cas, actuellement, avec l'absence de représentant de cette communauté, ce qui pourrait constituer une injustice.
Dans l'absolu, les deux propositions sont judicieuses. Mais pas par leur timing. Car, dans sa déclaration, Mme Abbou intrigue en soulignant les « avantages considérables tant au niveau économique que social et politique » d'une telle décision.
Elle explique que la présence d'un député juif ou chrétien leur donnerait la possibilité de s'exprimer et de communiquer avec la société sur les questions les plus importantes.
A l'entendre, on croirait que les Tunisiens d'autres confessions que celle musulmane vivraient dans des « ghettos ». Alors que cette frange – aussi minoritaire soit-elle – est présente dans tous les secteurs de la vie socio-économique.
Mme Abbou ajoute que cette représentativité parlementaire refléterait l'image d'une Tunisie plurielle et participative, ce qui constituerait un message rassurant et à même d'ouvrir les portes pour des relations positives avec les instances internationales et avec les investisseurs !
A essayer d'expliquer ces propos au premier degré, cela revient à dire que la représentativité parlementaire des juifs ou des chrétiens est, en quelque sorte, un argument marketing pour drainer les investissements ou refléter une belle image de la Tunisie à l'étranger! Espérons qu'on se trompe dans notre interprétation.
Et puis si l'on cherche dans les annales de la « République », Roger Bismuth siégeait à la Chambre des Conseillers. Mieux encore, en 1959 à la première Assemblée nationale, des Tunisiens de confession juive y siégeaient déjà.
Et si on poussait le débat plus loin pour évoquer la suppression de la condition de la confession musulmane pour les candidats à la présidence de la République ? Un Chef d'Etat non musulman, mais bien évidemment Tunisien ça changerait quoi ? C'est peut-être ça le débat essentiel. Néanmoins, la politique a des raisons que la raison ignore.
D'ailleurs le fait de réserver des sièges est-ce, fondamentalement, une pratique démocratique ? On laissera le soin au secrétaire général du Congrès pour la République de nous répondre.
Ainsi, réserver des sièges à des Tunisiens non-musulmans ou accorder des promotions à des Tunisiens de couleurs reviendrait à les considérer, indirectement, comme des citoyens de seconde zone.
D'ailleurs, ceci nous rappelle les pratiques de l'ancien régime qui accordait des quotes-parts, à l'avance, aux femmes et à l'opposition dans les élections municipales ou législatives !


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