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Tunisie - La liberté d'expression, une problématique à géométries variables
Publié dans Business News le 16 - 06 - 2013

Tout le monde ou presque s'accorde à dire que la liberté d'expression est le seul véritable acquis réalisé par la révolution tunisienne. Les médias n'ont jamais été aussi libres, le gouvernement et la présidence sont critiquées à tout va. Toutefois, cet état de fait ne semble pas plaire à tout le monde et la liberté d'expression se trouve menacée, encore…

Le 13 juin 2013, un rappeur de 20 ans est condamné à 2 ans de prison ferme pour avoir fait une chanson au titre de « Les flics sont des chiens ». Amina, une jeune fille de 19 ans, est maintenue en détention car elle a posté des photos d'elle, seins nus, sur Facebook. Ghazi et Jabeur, deux jeunes d'une vingtaine d'années sont condamnés chacun à 7 ans et demi de prison pour avoir fait des caricatures portant atteinte au Prophète. Nizar Bahloul, condamné par contumace à 4 mois de prison ferme pour un article, Sahbi Amri, condamné par contumace à 8 mois de prison ferme également pour un article. Ceci est un florilège de condamnations et de procédures en cours contre des personnes qui ont exprimé des avis divergents, des avis dérangeants pour la majorité.

La question de la liberté d'expression reste une question épineuse même dans les plus grandes démocraties. La problématique n'est effectivement pas aisée : Où s'arrête la liberté d'expression et à partir de quel moment celle-ci devient condamnable et donc punissable par la loi ? Plusieurs fois, cette problématique a été posée en France, par exemple, pour le cas de l'humoriste Dieudonné, où précédemment pour le cas du groupe de rap NTM. En Tunisie, le problème de la liberté d'expression n'est pas posé en ces termes. La loi est asservie et employée uniquement pour protéger la forteresse morale de la majorité. Les affaires citées plus haut concernent des insultes dans une chanson, une femme nue et des jeunes athées, tout est bon pour que la « tranquillité » morale soit sauvegardée et protégée de ces jeunes inconscients.

En comparaison avec la France ou les Etats-Unis, il est clair que la Tunisie a encore un long chemin à faire avant d'arriver intégrer la liberté d'expression comme partie intégrante du fonctionnement social. Toutefois, on pourrait commencer par adopter certaines pratiques pour nous mener vers une liberté d'expression décomplexée. La première de ces mesures concerne le châtiment en lui-même.
Dans les grandes démocraties, les peines ayant trait à la liberté d'expression ne sont jamais privatives de liberté. L'humoriste Dieudonné a été condamné à payer des amendes et il n'a pas fait un seul jour de prison. Ceci est du au fait qu'emprisonner une personne à cause de ses paroles, aussi choquantes soient-elles, est contraire à la philosophie même du droit à la liberté d'expression. De retour en Tunisie, on se rend compte que c'est ce type de peines qui est privilégié pour condamner des personnes à cause de leurs manières de s'exprimer. En Tunisie, on oscille entre le soutien béat à la liberté d'expression dans le sens où tout le monde a le droit de dire ce qu'il veut n'importe où et entre la révulsion viscérale aux FEMEN, à Weld el 15 et à Jabeur et Ghazi les athées, qui méritent tous leur sort, une manière de dire que« ça donnera » l'exemple. C'est à la justice de décider si une personne est coupable ou non, a enfreint une loi ou pas, c'est un rouage essentiel au fonctionnement social et la liberté d'expression ne peut, en aucun cas, être totale et illimitée. La loi se doit d'encadrer la liberté d'expression et se doit de la protéger des usurpateurs et des profiteurs. On ne peut se mettre à diffamer ou à menacer d'autres personnes sous couvert de liberté d'expression, un appel au meurtre ne pourrait jamais être protégé par la liberté d'expression. Toutefois, cet encadrement ne doit pas se faire au moyen de peines privatives de liberté. Dans cette question précise, ce sont les punitions prévues qui sont à réformer.

La loi se doit d'être juste et il est injuste de priver un jeune de 20 ans de deux ans de sa vie à cause d'une chanson. Il est injuste de condamner deux jeunes à 7 ans et demi de prison à cause de caricatures. Il est à noter d'ailleurs que Ghazi Béji, condamné dans cette affaire d'athéisme, a réussi à obtenir l'asile politique en France devenant ainsi le premier réfugié politique tunisien post-révolution. L'injustice dont la Tunisie s'est rendue coupable envers Ghazi a été comprise par la France qui l'a accueilli et protégé. Pendant ce temps là, Jabeur Mejri, condamné dans la même affaire, croupit en prison.
Il n'est pas question que la défense de la liberté d'expression donne llieu à une certaine impunité. Il est devenu facile, aujourd'hui, de brandir l'étendard de la liberté d'expression à tort et à travers. Toutefois, ces usurpateurs ne doivent pas porter préjudice à ce droit et c'est pour cela que la loi existe. L'essence même de la loi est de protéger les libertés et non pas de sévir aussi férocement. Les peines privatives de liberté ne sauraient être tolérées dans le cadre de procédures ou d'affaires relevant de la liberté d'expression.

En Tunisie, nous devons d'abord nous assurer que les mêmes peines sont prononcées pour tout le monde, que la justice se tient à la même distance de chaque citoyen. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas en Tunisie car eux qui ont proféré des menaces de mort à l'encontre d'Ahmed Néjib Chebbi et de feu Chokri Belaïd n'ont jamais été inquiétés comme Weld El 15, les pseudos imams qui appellent à la haine et au meurtre n'ont pas connu le sort de Jabeur Mejri, le porte-parole d'Ansar Chariâa qui a insulté l'Etat a passé 4 nuits en prison alors qu'Amina croupit en prison jusqu'aujourd'hui, des journalistes sont condamnés par contumace alors que ceux qui publient des photos déformées et des diffamations ne sont pas inquiétés parce que proches du pouvoir. Un proverbe français dit : « Celui qui sème l'injustice moissonne le malheur ». A méditer…


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