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On ne touche pas à l'Espérance sportive de Tunis !
Publié dans Business News le 09 - 12 - 2013

Il a provoqué l'implosion de son parti, s'est attiré les foudres de ses alliés et celles de toute la classe politique. Il s'est également ridiculisé sur la scène internationale et s'est mis à dos les journalistes de Tunisie. Moncef Marzouki, serial gaffeur de la présidence, a trouvé le moyen de se mettre à dos le public de l'Espérance sportive de Tunis. A croire qu'il le fait exprès…
Il nous étonnera toujours notre président ! Le plus fin des analystes et le plus avisé des observateurs ne pouvait anticiper la publication de ce fameux Livre noir. En un seul ouvrage, la présidence de la République a réussi à s'attirer les foudres des opposants, des journalistes et des politiciens. Ce qui fait dire à Aziz Krichen, conseiller politique de la présidence, que la publication de ce livre est une «grosse erreur politique».
Les rédacteurs de ce Livre noir ont eu la mauvaise idée d'inclure l'Espérance sportive de Tunis dans leur liste noire des journalistes. Comme son nom l'indique, le livre était censé réunir les noms de journalistes, pourquoi y trouve-t-on, alors, le nom de l'un des plus grands clubs de Tunisie ?
A la page 131 du Livre noir, l'Espérance sportive de Tunis (EST), et particulièrement son instance dirigeante, sont mentionnées, selon des extraits du journal Echourouk du 1er novembre 2001, comme ayant appelé l'ancien président à « poursuivre son cheminement ». Ceci a provoqué un véritable tollé chez les dirigeants de l'Espérance et, surtout chez les supporters. Ces derniers se sont juré de répondre, au stade, à l'insulte faite à leur équipe avant le début du match qui devait opposer l'EST au CSS le dimanche 8 décembre. Toutefois, cela n'a pas été possible car le match a été miraculeusement reporté pour des raisons de sécurité. Un report qui a été officialisé moins de quatre heures avant le coup d'envoi. Du jamais vu.
Les responsables de l'EST ont tenu à apporter des précisions quant à cette mention dans le Livre noir. Ils ne nient pas les faits mais s'étonnent du fait que seule l'Espérance sportive de Tunis ait été citée dans ce livre alors que la majorité écrasante des clubs tunisiens ont fait les mêmes éloges à l'ex-président. Selon eux, la présidence a stigmatisé tout un club en s'y prenant de cette manière. Ils ajoutent que l'apport de l'ancienne instance dirigeante, sous la houlette de Slim Chiboub, a beaucoup apporté au club, à l'instar de celles qui l'ont précédée et de celles qui l'ont suivie. Un véritable camouflet pour la présidence de la République.
Adnane Mansar, porte-parole de la présidence, a tenté de désamorcer la crise en essayant de clarifier le passage du Livre noir concernant l'EST. Bien mal lui en prit car ses justifications étaient vaseuses et incohérentes. En effet, Adnane Mansar a déclaré que ce n'était pas le club qui était visé mais la personne de Slim Chiboub qui a « utilisé sa présidence à la tête de l'équipe pour se rapprocher davantage de la famille au pouvoir ». Deux contre vérités sautent aux yeux. Si c'était Slim Chiboub qui était visé, pourquoi ne pas l'avoir mentionné explicitement ? Cela aurait permis d'éviter de salir le nom de l'Espérance sportive de Tunis. D'un autre côté, Slim Chiboub, en plus d'être le président de l'Espérance, était le gendre du président de l'époque avant même qu'il ne prenne le pouvoir. A-t-il assumé les responsabilités de ce club pour se rapprocher d'une famille à laquelle il appartenait déjà ? Cela semble invraisemblable…
Intervenant ce soir, lundi 9 décembre, sur Nessma Tv, l'ancien patron de l'Espérance sportive a rétorqué au conseiller de la présidence : "S'ils ont un problème avec moi, qu'ils viennent me voir, mais qu'ils laissent l'Espérance en dehors de ça".
Ceux qui ont compilé certaines archives pour en faire un livre semblent méconnaître les symboles de ce pays. L'Espérance sportive de Tunis est un des symboles qui correspondent à ce cas de figure. Fourrer le nom d'un prestigieux club, bientôt centenaire, dans ce pamphlet, constitue une maladresse, voulue ou non, de la part de la présidence de la République qui s'attire ainsi l'ire de tous les supporters de l'équipe. Dans l'Histoire, même les dictateurs les plus sanguinaires ont évité de s'attaquer à de tels symboles comme Mussolini en Italie ou Franco en Espagne. Notre présidence a jugé bon de s'attaquer à l'une des plus grandes équipes de Tunisie et d'Afrique.
Aujourd'hui, Moncef Marzouki est insulté partout où l'Espérance sportive de Tunis joue et quelque soit la discipline. Par ailleurs, la colère que les autorités ont pensé éviter en reportant le match EST-CSS ne s'en trouve que plus alimentée, plus vigoureuse et plus ravageuse car elles semblent oublier que le public de l'Espérance est l'un des publics les plus puissants et les plus craints d'Afrique.
Cette manœuvre de la présidence ne fait qu'illustrer, une fois de plus, la fuite en avant que pratiquent ses dirigeants à tous les niveaux. Au lieu de s'excuser d'avoir sali le nom d'un grand club, la présidence pousse le bouchon plus loin en présentant des explications pour le moins maladroites. N'ayant apparemment pas retenu la leçon, il est possible, selon la présidence, que le deuxième tome du Livre noir comporte les noms d'autres clubs sportifs accusés d'avoir fait allégeance à Ben Ali. Ce que Slim Chibou qualifie de "réparer une erreur par une autre", dans son intervention ce soir.
La mention de l'Espérance sportive de Tunis dans ce livre est également une insulte au passé de ce club. L'EST fût parmi les premières équipes composées de Tunisiens musulmans à tenir la dragée haute aux équipes composées de Français ou de Tunisiens de confession juive. L'Espérance sportive de Tunis a été fondée en 1919 et son passé de militantisme, au niveau sportif, n'est pas à prouver ni à remettre en cause aujourd'hui.
L'effet négatif et la critique auraient été les mêmes s'il s'est agi d'un autre club sportif, notamment les grands, tels le Club Africain, le Club Sportif Sfaxien, l'Etoile Sportive du Sahel, pour ne citer que ceux-ci.
Comme le dit si bien Taïeb Zahar, directeur du magazine « Réalités », celui qui a le plus redoré le blason de Ben Ali c'est bien Moncef Marzouki. Il l'a fait en multipliant les gaffes et en s'attirant les foudres d'un large pan de la population. Il l'a fait en poussant une grande partie de la société à dire : « C'était mieux avant ».
Il est certain que l'Espérance sportive de Tunis ne sortira que grandie de ce conflit avec la présidence de la République. Il est certain aussi que les supporters de l'EST n'oublieront pas l'affront qui leur a été fait par la présidence provisoire, ils le montreront au prochain match de leur équipe favorite, avec l'espoir que cela se passe dans le cadre du respect des lois et sans recours aux violences. Quand on s'attaque aux symboles d'un pays, on en paie le prix, même si on est président de la République. Marouen Achouri


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