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Salafisme djihadiste en Tunisie : Les anges aux sales visages!
Publié dans Business News le 24 - 06 - 2014

Des images ensanglantées d'une cruauté inouïe de combattants tunisiens sur le front syrien ou irakien, engagés pour libérer les contrées des mains des « Taghout » et mécréants et ériger ainsi l'Etat islamique (Al khilafa al islamiya). Ce sont des jeunes à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Ils sont issus de quartiers pauvres, paumés et marginalisés par la société et par l'Etat. Désespérés, ils se sont engouffrés solennellement dans l'isoloir, celui de l'extrémisme religieux. Ils ont appris à aduler les Abou Yadh et les Ben Laden en y voyant une issue de sortie de la déche quotidienne dont ils sont victimes. Ce sont les salafistes djihadistes, ils ont choisi un combat atypique, celui de la guerre menée contre l'ennemi de l'Islam, au nom d'Allah, de son prophète et de la religion. Ce sont les anges aux sales visages.
L'Institut tunisien d'études stratégiques (ITES) relevant de la présidence de la République a effectué une étude sur deux ans portant sur le salafisme djihadiste en Tunisie et dans la région du Maghreb. Les résultats de ladite étude, établie dans deux quartiers dits « populaires », font état d'une forte présence de Tunisiens au poste de commandement au sein de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL). 14 kamikazes tunisiens se sont faits exploser en Irak l'année courante. Rien que cela ! Autre indicateur cafardeux : les combattants djihadistes tunisiens sont les plus habiles en matière d'utilisation d'armes de toute sorte. Cette maniabilité les a, à juste titre, conduit, aux postes de commandements des combats. Sami Braham, universitaire et chercheur à l'ITES, souligne d'un trait rouge « l'anarchie déferlante » ou encore « l'anarchie sauvage », un concept épousé par le courant salafiste djihadiste dans le but de justifier la mise en place d'un projet dit alternatif en remplacement de celui élaboré par un gouvernement au pouvoir et dont les promesses sont restées lettre morte. « Lorsque le projet afférent à la transition démocratique débouche sur des succès d'ordre politique et social, les dispositions objectives génératrices de violence politique, en l'occurrence idéologique, déclinent une courbe décroissante » constate le chercheur.
Jihad Haj Kacem, chercheur au même institut, embrasse de près une théorie plutôt généraliste et tenant racine des clichés. Voici le topo : le courant salafiste djihadiste voit l'adhésion de jeunes issus de quartiers populaires, ils sont aigris, STF (Sans Travail Fixe) et évoluent dans la misère et l'anarchie. Et c'est de là que nait leur envie de renverser une situation qu'ils jugent inégale et injuste à leur égard. Et c'est là, singulièrement, que les enrôleurs salafistes dits les caïds s'empressent de se faufiler dans la brèche en affriandant ces jeunes par ces biens matériels qui leurs font défaut. A eux le travail, l'argent, la situation et par surcroît l'estime et le statut social. « Alors qu'ils étaient auparavant rejetés par la société, ils se sentent désormais acceptés et intégrés dans un système duquel ils étaient à un moment éjectés » remarque M. Haj Kacem. Ce dernier estime que ces jeunes enrôlés connaissent une «situation précaire » ou encore une « situation de fracture » qui crée en eux cette frustration sociale et économique.
De fait, ces jeunes, à la coquille souvent vide sont dans une quête, quasiment interminable, d'une identité sociale, celle-là même qui les aidera à recoudre leurs plaies, bien qu'elle les pousse involontairement à une abjuration. Jihad Haj Kacem préconise, en vue de stopper cette hémorragie, une approche globale incluant les volets économique et social. Une approche qui dépasserait les élucubrations dans lesquelles, ces jeunes ont été embringués et à qui l'approche sécuritaire, à elle seule, ne peut être une réponse suffisante.
Anouar Ouled Ali, avocat spécialiste dans les affaires de terrorisme en Tunisie, nous fait part de son outrage quant à l'étude effectuée par l'ITES. Il conteste, dans un premier temps, le fait de tirer des conclusions et de procéder à un véritable jugement de valeur sans pour autant que les concernés ne soient présents. « J'aurai aimé qu'un ou plusieurs représentants du courant salafiste djihadiste soient présents afin de faire part de leurs idées, leurs opinions, leurs principes et se défendre des accusations qu'on leur jette ainsi » s'indigne Ouled Ali. Curieux de comprendre, dans ses béatilles, son approche du sujet, nous avons eu ce bref échange avec l'avocat :
- Nous ne pouvons pas généraliser et traiter tous ceux qui appartiennent à la mouvance salafiste de djihdistes et de combattants de la mort. Ce n'est pas correct de dire que seuls les jeunes paumés et pauvres sont proie à l'endoctrinement salafiste djihadiste, personnellement j'ai eu des clients dans des affaires de terrorisme qui sont des docteurs et des ingénieurs et ont, de ce fait, une bonne situation sociale et économique.
- Si leur situation est si solide, qu'est-ce qui les fait retourner ainsi ?
- Pourquoi nous ne posons pas la question suivante plutôt : les femmes démocrates pourquoi ont-elle intégré le mouvement démocrate ?
Ouled Ali juge, à ce niveau, que l'homosexualité peut-être plus dangereuse encore que le salafisme djihadiste. Confus, nous l'interrompons :
- Comment pouvez-vous avoir ce genre de jugement alors que la comparaison ne peut s'établir ? Les homosexuels ne font de mal à personne et ne portent pas atteinte à autrui et à leur sécurité, ils ne menacent pas l'intégrité des Etats ni des sociétés , c'est un choix basé sur une conviction intime et personnelle qui ne va pas au-delà de l'espace privé du concerné. Les homosexuels ne se font pas exploser et ne tuent pas des innocents au nom d'Allah.
- Détrompez-vous. Ce n'est pas vrai que les homosexuels ne portent pas atteinte à autrui et à la sécurité et l'intégrité de la société. Ces « pervers sexuels » vont infuser leur propre idéologie, d'abord dans les tissus de la micro-société pour que celle-ci se généralise à une échelle plus grande. De là naîtront les sectes, certaines conduisent au suicide collectif et à des dérives des plus dangereuses.
Anouar Ouled Ali pense que la stigmatisation des salafistes djihadistes est en soi un crime contre l'humanité ou un semblant, en tous cas. Selon le défenseur des accusés de terrorisme, nous faisons tous, nous autres musulmans, partie de la mouvance salafiste. Ceux qui mènent le djihad au nom de l'Islam, estiment suivre au pied de la lettre les consignes de Dieu. Seulement voilà, l'allégorie du musulman qui tue un musulman, ne peut se plier à aucune logique de la nature ou de la religion quel qu'elle soit. Aucune crainte, pour l'heure, des Tunisiens djihadistes à l'EIIL, leur combat est en Irak et sera tranché par l'issue du conflit, rassura Tarek Kahaloui, directeur de l'ITES. En d'autres mots, les djihadistes tunisiens ne sont pas prêts de retourner au bercail de si tôt, l'Etat du califat c'est sur la terre de l'Irak qu'ils veulent l'instaurer d'abord. Mais le fait est que ces mêmes Tunisiens promettent de mettre le pays à feu et à sang une fois que l'Irak serait « libéré». Difficile donc de faire fondre le givre qui se dépose sur des consciences meurtries par le terrorisme.


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