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Moncef Marzouki en a rêvé, Abdelfattah Sissi l'a fait
Publié dans Business News le 18 - 05 - 2015

Deux grosses polémiques ont occupé les médias la semaine dernière, le discours de Moncef Marzouki à Doha, à l'occasion d'une conférence organisée par la chaîne « moozesque » Al Jazeera, et le montage-vidéo relatif à cette même conférence, diffusé par la chaîne tunisienne Al Hiwar Ettounsi.
Le gouvernement de Habib Essid a cent jours d'existence et mérite des analyses, des critiques et des recommandations, mais nous préférons, nous autres médias, nous occuper des frasques de Marzouki. Les futilités de l'ancien président rapportent plus, en audience, que n'importe quelle analyse sur Essid. Et que vous le vouliez ou pas, chers téléspectateurs/auditeurs/lecteurs, tant que les médias vivent de pub, c'est l'audience qui commande.

Moncef Marzouki a donc fait un discours polémique, comme à son habitude. Business News a été parmi les tous premiers à le relayer avec la vidéo entière et un texte synthétisant l'essentiel de son contenu (voir notre article à ce sujet).
Moncef Marzouki est un homme politique présent dans une conférence politique organisée par une chaîne télévisée des plus politisées, financée à fonds perdus par un pouvoir despotique assis sur un puits de gaz et de pétrole. Partant, toute analyse du discours de Marzouki ne peut être autre que politique. Et en matière d'analyse politique, les analystes décortiquent les mots prononcés, mais aussi les messages enfouis entre les lignes. Il s'agit là du b.a.-ba de l'analyse politique et c'est comme cela que ça se passe dans n'importe quel pays au monde, qu'il soit démocratique, dictatorial, religieux ou monarchique. Un discours politique, quel qu'il soit, n'est pas accessible au commun des mortels et ne saurait jamais être lu au premier degré.
Le fait même que Marzouki parle de potences, sachant qu'il a déjà déclenché une polémique en usant du même mot par le passé, a un sens. Le fait qu'il parle des révolutionnaires syriens qui vont brûler leur pays, cela a un sens, cela porte un message. A moins de se considérer lui-même comme un « tartour », Moncef Marzouki ne peut pas prétendre qu'il ne transmettait pas de messages bien déterminés à ses fans en parlant de potences et de terres brûlées. Dans ce discours, Marzouki a traité ses opposants d'idiots (plus d'une fois), il a insulté les médias (plus d'une fois) et a parlé de potences et de terres brûlées. Il parle de la Syrie ? Certes ! Mais Marzouki parle de la Syrie un peu comme Imed Deghij parle du Mozambique, quand il a envie de dénigrer les appareils sécuritaires et judiciaires tunisiens, sans se faire épingler par le procureur.
Quand Marzouki parle de potences et de terre brûlée, puis se défend en disant qu'il ne parle pas de lui-même et de la Tunisie, c'est qu'il nous prend pour des idiots. D'ailleurs, nous n'avons même pas besoin de comprendre qu'il nous prend pour des idiots, puisqu'il nous le dit clairement et sans ambiguïtés. Tu n'es pas avec moi ? C'est que tu es un idiot !
Quand il dit que si la dictature revient, il va y avoir d'autres révolutionnaires qui vont venir dresser des potences, Marzouki ne parle pas de martiens qui vont débarquer dans le pays, mais de ses propres fans, les mêmes qui nous promettent, matin, midi et soir, ces potences sur les réseaux sociaux.

Dans une véritable parodie judiciaire, le président islamiste déchu Mohamed Morsi a été condamné à mort. Plusieurs membres de son équipe ont déjà été exécutés. Voilà donc comment le pouvoir égyptien d'Abdelfattah Sissi traite ses adversaires politiques. Par la potence ! Partant de la devise bien connue qu'un « bon islamiste est un islamiste mort », Sissi n'y va pas de main morte.
Quelle différence y a-t-il entre un Sissi qui dresse les potences et un Marzouki qui promet d'en dresser ? Quelle différence y a-t-il entre un Sissi qui divise le pays en « Egyptiens » et « Ikhwen » et un Marzouki qui divise le pays en « peuple des citoyens » et « azlem » ? Entre les « honnêtes » et les « bourgeois » ? La seule différence : le passage à l'acte !
Avec la polémique déclenchée, on constate que l'ancien président n'a même pas le courage d'assumer ses propos. Il joue aux vierges effarouchées et jure ses grands dieux qu'il est l'élève de Gandhi et de Mandela.
Désolé, monsieur le président, mais Gandhi et Mandela n'ont jamais parlé de potences, n'ont jamais traité leurs adversaires politiques de « bourgeois » et « d'idiots » et n'ont jamais justifié la détention abusive d'un athée en déclarant qu'il est là pour sa sécurité. S'ils étaient vivants, Mandela et Gandhi n'auraient jamais foulé le sol du Qatar, un pays où l'on pratique encore l'esclavage et où il faut un tuteur pour travailler.
En se cachant derrière Gandhi et Mandela, non seulement Marzouki n'assume pas ses propos, mais il se croit plus intelligent que les autres.
Et il le prouve davantage après la diffusion du montage-vidéo d'Al Hiwar Ettounsi en dénigrant les journalistes et les médias, les taxant de manipulation et d'orientation préméditée du public. Il a déjà jugé et condamné l'équipe de Hamza Belloumi, sans même leur donner le bénéfice du doute et le droit à l'erreur. Ses équipes ont fait le reste avec une campagne odieuse et virulente d'insultes et d'insanités. Pour avoir été trois ans au pouvoir, Marzouki et ses sbires savent parfaitement comment les productions et les rédactions travaillent et avec quels moyens (très limités) elles fonctionnent. Ils connaissent Hamza Belloumi, son équipe et son degré de probité. Ils savent parfaitement qu'il y avait erreur (grossière certes, mais erreur quand même) et non manipulation. La réaction disproportionnée de Marzouki and co ne reflète pas de mauvaise foi, mais de la malhonnêteté intellectuelle. C'est ça les élèves de Gandhi et Mandela ?

Dans son discours, Marzouki n'a pas de mots assez durs contre ses adversaires politiques. Il dit que la transition démocratique est menacée et que les libertés sont menacées, en nous miroitant, sans cesse, le passé de Béji Caïd Essebsi ou, plutôt, le passé de l'ancien régime dans lequel il veut impliquer, par tous les moyens, son successeur, alors que M. Caïd Essebsi a quitté la politique dès 1991.
Concrètement, et sans paraphraser Adnène Mansar lorsqu'il a parlé des opposants qui n'atteignent pas la semelle des chaussures de Moncef Marzouk, que retenons-nous de l'exercice de Marzouki et celui de BCE ? A Doha, l'ancien président parle du retour de l'ancien régime et du despotisme, est-ce vraiment le cas ?
Marzouki a été le président divisant les Tunisiens en « séfirat » et « mounaqabet », en « bourgeois » et « pauvres », en « eux » et « nous ». Béji Caïd Essebsi, par son discours officiel du moins, est le président de tous les Tunisiens.
Marzouki a été celui qui a trainé les médias devant les tribunaux et traite ceux qui ont une ligne éditoriale qui lui déplait de « médias de la honte » et de « médias corrompus ». Caïd Essebsi a été celui qui a promis de ne jamais porter plainte contre les journalistes. Et nous serons là le jour où il ne respectera pas sa parole.
Marzouki parle de valeurs et de morale, mais dénigre et insulte ses adversaires politiques à l'étranger. BCE n'a même pas besoin de parler de valeurs, il ne dénigre personne, ni en Tunisie ni à l'étranger.
Marzouki a été celui qui a dépassé de deux ans son mandat initial et refuse la transition démocratique et le résultat des urnes. BCE a respecté son mandat de 2011, a laissé le pouvoir et y est revenu par les urnes.
Marzouki a supplié les islamistes pour occuper le palais de Carthage, après avoir récolté 17.000 voix aux élections. BCE a défié les islamistes et a occupé le palais de Carthage avec 55% des votes et 1,7 million de voix.
Aussi bien en matière de démocratie, qu'en matière de respect des valeurs et des droits, la différence entre les deux est nette et ne profite pas à celui qui a un meilleur historique « droit-de-l'hommiste ».

Moncef Marzouki a occupé un poste sans passer par les urnes, il croit avoir raison envers et contre tous et ses discours parlent de potences et de terres brûlées. Il dénigre ses adversaires et lâche ses « chiens de garde » (le mot appartient à l'un de ses flagorneurs) contre les médias et ceux qui s'opposent à lui.
Il a beau nous traiter d'idiots, il a beau ne parler que du montage-vidéo dans lequel s'est embourbé l'équipe de Belloumi, il a beau chercher à nous faire oublier le reste de son discours de Doha, il a beau évoquer Gandhi et Mandela, nous ne sommes pas dupes et encore moins idiots pour le croire.
La Tunisie n'est ni l'Egypte, ni la Syrie. Elle ne sera jamais brûlée et ne dressera pas de potences pour ses enfants, même si la Constitution (signée et applaudie par le « droit-de-l'hommiste » Marzouki) n'a pas aboli la peine de mort.


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