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C'est toujours les meilleurs qui partent en premier...
Publié dans Business News le 14 - 04 - 2016

La scène nationale vient d'être touchée de plein fouet, en ce mois d'avril 2016, par la perte cruelle de trois figures de proue connues par leur probité et leur patriotisme.
Trois figures emblématiques de la Gauche tunisienne nous ont quittés en ce triste mois d'avril. Après le décès du poète fétiche Mohamed Sghaïer Ouled Ahmed et d'Abderrazak Hammami, secrétaire général du parti du Travail patriote démocrate, c'est au tour d'Ahmed Brahim ancien secrétaire général d'El Massar et ancien député de nous quitter en ce jeudi 14 avril 2016.
Ahmed Brahim n'est pas uniquement un simple politicien. Il est également un éminent professeur universitaire et un des derniers mastodontes de la linguistique française tout en étant un fervent supporter de la culture de haut niveau.
Militant de la première contre les dérapages des gouvernants postindépendance, Ahmed Brahim s'est inscrit dès le milieu des années Soixante dans les mouvements d'opposition, plus précisément à travers le parti communiste tunisien (PCT) où il fut élu membre du comité central en 1981 avant d'en devenir membre du bureau politique en 1987.
En 1993, au 10ème congrès du PCT, il figure parmi les fondateurs du mouvement Ettajdid, héritier du PCT et rassemblant des militants progressistes aux orientations intellectuelles et politiques diverses.
En 2008, lors des incidents du bassin minier de Gafsa, tout le monde était agréablement surpris par l'action énergique et hautement militante d'Ahmed Brahim qui se démenait comme un lion en se déplaçant aux procès et en cherchant le soutien partout tout en étant présent partout.
Un épisode saillant de son militantisme et de son engagement en faveur du processus démocratique et des libertés politiques, consiste en cette décision d'Ahmed Brahim qui a eu le courage de présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2009 sous la bannière de l'Initiative nationale pour la démocratie et le progrès (INDP), une candidature loin d'être à l'instar de celles en carton des autres partis de l'opposition de façade.
En effet, officiellement investi le 22 mars 2009, il avait affirmé, alors, s'engager « dans une véritable compétition pour s'opposer fermement, d'égal à égal, au candidat du pouvoir ». Mais sans se faire trop d'illusions et comme l'on s'y attendait, à l'issue du scrutin, il arrivait en dernière position avec 1,57 % seulement des suffrages exprimés.
Mais il aura eu, au moins, le mérite et le courage de se présenter malgré les risques encourus, car oser se présenter face à Ben Ali, constituait un vrai lèse-majesté et un défi que peu de personnalités étaient capable de relever.
D'ailleurs, le défunt Abderrazak Hammami, du Parti du travail patriotique et démocratique, voyait en Ahmed Brahim, « le candidat de l'opposition le plus crédible »
D'autre part, juste après la Révolution, il a été brièvement ministre de l'Enseignement supérieur dans le gouvernement de transition formé par Mohamed Ghannouchi en 2011. Et en un laps de temps trop court, il avait pu mettre en place un mécanisme crédible pour l'élection de tous les doyens et présidents des Universités, une élection ardemment revendiquée par le Syndicat dont il faisait partie.
Ainsi, et grâce à lui, tous les doyens et présidents sont, désormais, élus par les différents conseils scientifiques. C'est un acquis historique prouvant que l'on peut changer les choses pour peu qu'une réelle volonté de bien faire existe. Il a, également, réussi à faire éliminer la police de l'intérieur des enceintes universitaires
Ensuite, il a été élu membre de l'Assemblée Nationale Constituante dans la circonscription de Tunis 2. Le 1er avril 2012, il a pris la tête d'un nouveau parti, la Voie démocratique et sociale, dans lequel le mouvement Ettajdid est intégré avant de se transformer en une nouvelle formation « Al Massar » dont il a cédé le secrétariat général, en faveur de Samir Ettaieb, suite à sa grave maladie.
A noter, par ailleurs, qu'engagé et marqué par la pensée sociale et démocrate, il était intègre, clair et assumait toutes ses positions. On se rappelle qu'il a été un des rares à avoir tout fait pour que l'alliance « Union pour la Tunisie » marche et aboutisse. Vrai patriote progressiste, pour lui, la Tunisie a toujours été la priorité absolue.
En tant que professeur et chercheur, Ahmed Brahim a dirigé des dizaines de thèses de doctorat et de mémoires de master. Il a assumé des responsabilités au sein du conseil scientifique de la faculté des lettres de La Manouba ainsi que dans d'autres instances académiques.
Il a fondé et dirigé à partir des années 1990 une unité de recherche baptisée « Langage et métalangage » qui regroupe des dizaines de chercheurs de diverses universités et spécialités linguistiques. Il a également publié divers ouvrages, études et articles en linguistique française, arabe et générale ainsi qu'en linguistique comparée.
Il a joué un rôle primordial dans la mise en œuvre du congrès tenu en juillet 2007, considéré comme étant l'aboutissement d'un processus unitaire ayant regroupé sur une base paritaire les cadres du mouvement et des militants démocrates et progressistes indépendants.
Ses compagnons politiques reconnaissent en lui un militant intègre qui a vécu en toute propreté et mourut tout « propre ». Et ses collègues enseignants témoignent de lui come étant un éminent professeur universitaire qui a joué un rôle essentiel dans le changement des méthodes de recherche et de l'enseignement dans la discipline de la linguistique française, tout en affirmant qu'il était un des rarissimes à n'avoir jamais mélangé, ou cherché à le faire, entre son appartenance politique et l'éthique de sa profession.
En juin 2014, Ahmed Brahim a su quitter l'arène politique en toute dignité. En effet, suite à des problèmes cardiaques, il a préféré s'en aller et quitter son poste de secrétaire général d'Al-Massar. Admis depuis quelque temps à l'hôpital militaire de Tunis, son état a continué à se détériorer avant de rendre l'âme en ce jour du 14 avril 2016 chez lui à Tunis. Il sera inhumé au Carré des Leaders du cimetière du Jellaz de la capitale.


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