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Contre qui va-t-elle se marier ?
Publié dans Business News le 14 - 12 - 2016

Pour être clairs quant à cette polémique concernant la fille de 13 ans du Kef, elle n'a pas été violée. Elle a eu un rapport avec son copain qui a 7 ans de plus qu'elle. A la suite de cet acte sexuel la fille est tombée enceinte et c'est de la constatation de cette grossesse que toute cette histoire est partie. Donc, première hypocrisie : La fille aurait pu continuer à voir son copain dans une relative tranquillité si elle n'était pas tombée enceinte, comme si le réel problème était le fait qu'on découvre l'existence de cette relation, plutôt que la relation elle-même.

Suite à la découverte de cette grossesse, une plainte est engagée. Après la procédure, le juge décide, avec le consentement de la famille de la jeune fille, d'ordonner le mariage du couple conformément à ce que stipule l'article 227bis du code pénal tunisien. Deuxième hypocrisie : Il est vrai qu'il ne s'agit pas d'un viol ici, mais il s'agit, d'après la loi, d'un crime punissable de peine d'emprisonnement. Comment est-ce qu'un crime, quel qu'il soit, peut être effacé par la contraction d'un mariage ? Si la famille de la fille avait décidé de ne pas la marier avec ce jeune homme, il serait allé directement en prison, donc il y a matière à punir, au-delà de la qualification du crime. Le fait même que les effets d'un acte illégal puissent être effacés par un mariage, qui doit être d'une durée minimale de deux ans qui plus est, est une hypocrisie sans nom.

Le juge a donc rendu sa décision, le jeune homme et la fille doivent donc se marier. Une décision qui, selon toute vraisemblance, contente les deux familles. Donc, pour la famille de la jeune fille, l'affront est lavé et on pourra continuer à vivre comme si de rien n'était. Il était même question d'organiser une fête pour célébrer cela ! Que la fille soit maman à 13 ans ? C'est son problème, maintenant qu'elle va se marier, le plus important est sauvé. Que le jeune homme soit chômeur dans un village perdu du Kef ? C'est pas grave, « l'enfant arrivera avec les moyens de sa subsistance » comme dit le proverbe, Dieu va s'en occuper. Le regard que portera sur eux la société ? Qu'ils assument, ils avaient qu'à faire attention. Troisième hypocrisie : Personne ne se soucie du sort de l'enfant à naitre, celui qui n'a demandé rien à personne. L'essentiel, le plus important, c'est de sauver les apparences. Le reste, on s'en fout !

L'affaire est ébruitée par les médias. Les mots sont balancés sans aucune retenue et on parle tout de suite de viol, alors qu'il n'en est rien. Le ministère de la Femme ajoute à la confusion en parlant d'agression et de victime. Et c'est là que la toile s'est embrasée et tout le monde réclame la suppression de l'article 227 bis du code pénal qui autoriserait, selon eux, le viol d'une mineure. Un crime dont la sentence en Tunisie, réellement, peut être la peine de mort. Et comme on ne sait même pas revendiquer et s'indigner, il y a eu les « blagounettes » de bourgeois du genre : « maintenant, si une fille te plait, viole la, le juge te la donnera en mariage ». Mais disons que tout cela part d'un bon sentiment. Mais que faudrait-il faire des autres gamines ? Les autres gamines qui travaillent dans les maisons cossues, habitées par ses bourgeoises qui nous pompent l'air avec les indignations à deux balles ? Là, pour le coup, c'est expressément interdit par la loi tunisienne. Ces gamines qui passent la journée à briquer les sols, qui dorment dans la cuisine, privées d'école et parfois même de soins. Ces gamines qui, quand elles échappent au maitre de maison, se font prendre en douce par les enfants, qui eux, sont de bonne famille, pas comme le gars de 20 ans au Kef. Quatrième hypocrisie : Même ces faits divers sont vus par l'angle social dans ce qu'il a de plus dégueulasse. Beaucoup pensent que c'est « normal » que ça se passe comme ça dans ses contrées lointaines du Kef, où les gens sont des animaux. Par contre, ceux des quartiers huppés de la capitale jugent, dénoncent, insultent –sur la toile évidemment- tout en exploitant de manière plus atroce ces mêmes fillettes de 13 ans.

Il serait trop long, et franchement fastidieux de lister toutes les hypocrisies que l'on peut tirer de cette histoire. Je n'ai même pas évoqué la position de l'Etat, représenté par le ministère de la Femme, dans cette histoire. Mais il y en a une, particulièrement croustillante, que je ne peux mettre de côté.

Avant de marier la fille, le juge désigne un expert qui doit « jauger » la fille pour décider ensuite si elle est apte, physiquement et moralement, à se marier. Comme un vendeur de bétail, cet « expert » doit évaluer la « mariabilité » de la fille en vertu de la loi. Laquelle me direz vous, celle du code du statut personnel ! L'acquis tunisien par excellence qui a donné ses droits à la femme et bla et bla…


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