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L'art de racketter l'Etat
Publié dans Business News le 28 - 04 - 2017

« C'est notre pétrole, nous y avons droit avant le reste du pays ! Nous voulons notre droit sinon nous proclamerons notre indépendance de la Tunisie ! ». Voilà ce que gueulait hier le coordinateur du sit-in d'El Kamour à la face du ministre des Affaires locales, Riadh Mouakhar. Une bien triste revendication. Un chantage qui démontre le patriotisme sans faille de certains de ces protestataires de Tataouine. Appeler à la scission, à scinder la Tunisie en deux à l'instar du Soudan, une belle trouvaille !
C'est au cours de la semaine que des milliers de jeunes et de moins jeunes, à bord de leurs pick-up, se sont installés dans la zone pétrolière protégée par les forces armées pour un sit-in ouvert. Une action qui a eu pour effet de bloquer la circulation des véhicules de transport pétrolier dans le désert.

Pour mettre la pression sur le gouvernement, il n'y a pas mieux. Des partis politiques et des organisations, notamment l'UGTT ou l'UTICA, ont annoncé leur soutien à ce mouvement de protestation. Le plus dans cette affaire, c'est que le mouvement Ennahdha a affiché clairement son soutien. On oublie vite que le parti islamiste est dans ce même gouvernement. Il frappe d'une pierre deux coups : il a le beurre et l'argent du beurre…
Sur le fond, les revendications pour de meilleures conditions de vie se tiennent. Réclamer de l'Etat du développement, de s'occuper de sa région, de trouver des solutions à la pauvreté et au chômage est un droit. En Tunisie, la disparité est telle qu'un fossé s'est creusé avec ces régions laissées pour compte et qu'un grand sentiment d'injustice a poussé les jeunes au désespoir. Toutefois, ces mouvements ont vite fait d'être récupérés politiquement. La manipulation n'est pas bien loin. Contester, revendiquer oui, mais non à l'anarchie!

Et c'est justement le chaos qui a accompagné la visite du chef du gouvernement à Tataouine. Une visite sous haute tension où Chahed et la délégation de ministres ont subi le courroux et l'insolence de personnes qui refusaient tout bonnement le dialogue. C'était 20% de la production pétrolière au bénéfice des habitants de Tataouine ou l'escalade !
« Puisque les puits de pétroles sont dans notre région, c'est qu'ils nous appartiennent en premier lieu », martelaient les contestataires. Ils ne veulent rien entendre, ils ne veulent rien d'autre, ils n'ont rien à cirer des mesures ou des solutions avancées, on leur propose des emplois et des projets, ils ne veulent que leur part du butin. Suivant cette mentalité, les habitants de Gafsa peuvent réclamer 20% des revenus du phosphate, ceux du Nord-ouest des revenus des céréales, les habitants du Sahel leur part de la production de l'huile de l'olive, ceux de Nabeul les entrées du tourisme. Il ne leur reste que prendre possession d'un lieu stratégique pour y arriver. Racketter l'Etat est tout un art, un filon qu'il faudra exploiter au maximum, jusqu'à ce que, justement, l'Etat disparaisse.

Ce qui est arrivé à Tataouine hier est inacceptable et ne pourrait être justifié par les problèmes de développement et de chômage. Faire main basse sur les ressources de la Tunisie, rançonner le représentant de cet Etat au vu et au su de tous, c'est l'image qui a été renvoyée par les sit-inneurs en colère. L'équipe de Youssef Chahed est aussi responsable de ce fiasco. Avait-il été mal conseillé ? C'est à se le demander. Accourir à chaque fois que des protestataires font la loi, risquer de saper l'autorité de l'Etat et renvoyer, à juste titre, l'image d'un Etat affaibli, malmené et tremblotant devant des groupes clairement manipulés, est-ce la bonne attitude à adopter ? Jusqu'à quand les autorités resteraient elles figées, immobiles et impuissantes ?


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