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Maher Zid : Retour sur un verdict controversé
Publié dans Business News le 06 - 02 - 2018

Les observateurs de la scène politique et médiatique attendaient avec impatience le verdict du procès du blogueur Maher Zid. Le non-lieu prononcé hier soir en a, du coup, surpris plus d'un, dans la mesure où les faits qui lui ont été reprochés étaient graves et condamnables. Retour sur un verdict controversé.

Maher Zid, blogueur, autoproclamé journaliste d'investigation, a souvent été au centre des polémiques. Arrêté à plusieurs reprises dans des affaires aussi graves les unes que les autres, il est parvenu à s'en sortir à chaque fois, laissant planer des doutes et un grand mystère quant aux subterfuges qu'il trouve systématiquement.

La dernière affaire en date concerne une plainte déposée contre lui par le chargé du Contentieux de l'Etat au nom du ministre de l'Intérieur, Lotfi Brahem. Ce dernier fait l'objet de multiples accusations de la part de Maher Zid avant même qu'il ne soit ministre lorsqu'il occupait le poste de chef de la Garde nationale. L'acharnement de Maher Zid contre Lotfi Brahem a atteint son paroxysme ces derniers jours quand il l'a accusé, sans preuves, d'avoir mené une opération anti-terroriste fictive. En effet, le blogueur affirme que l'opération d'El Mnihla a été montée de toutes pièces. Une accusation qui s'inscrit, sans doute, dans le cadre de toute une campagne de dénigrement visant le chef de l'appareil sécuritaire, ainsi que plusieurs autres dirigeants politiques et hommes d'affaires.

Comme à son accoutumée, Maher Zid adore faire dans le sensationnel. Le vendredi 2 février 2018, il a publié un post Facebook dans lequel il indique avoir été kidnappé par trois hommes avant qu'on ne lui retire son appareil téléphonique. Il fût interpellé vers 13h05 devant le tribunal de première instance de Tunis, alors qu'il venait de déposer des plaintes contre des personnes impliquées dans des affaires « de corruption », selon ses dires.
Cependant il a été libéré après son transfert à la brigade criminelle de Ben Arous. Un procès lui a été fixé et il a bénéficié d'un non-lieu après avoir comparu devant la chambre pénale du Tribunal de première instance de Tunis.

Un jugement qui demeure incompréhensible. Qu'il s'agisse d'un vice de procédure ou d'un manque d'éléments de condamnation, le principal intéressé semble bien s'en réjouir, continuant de narguer les hauts cadres de l'Etat sur sa page Facebook personnelle, en toute impunité.

Faut-il encore rappeler que M. Zid n'est pas à sa première condamnation? Le 20 janvier 2017, il a été condamné à une peine de quatre ans de prison par la première chambre pénale du tribunal de première instance de Tunis, et ce pour avoir subtilisé des documents relatifs à l'affaire Chokri Belaïd, du secrétariat du tribunal. Toutefois, l'exécution de la peine a été arrêtée par simple pourvoi en appel du condamné. Il a déclaré, par la suite, qu'il allait donner les raisons de ce jugement qu'il qualifie de « injuste et spectaculaire ».
Il a ajouté que les « bandes vouées à la corruption avec leurs ailes sécuritaire, judiciaire et médiatique essayent de reprendre du terrain après leurs multiples défaites, avec à leur tête la défaite de la bataille de la conscience ». Il félicite ensuite le degré de conscience des Tunisiens devant la multitude de « complots, de ruses et de falsifications de l'Histoire ».

Quelques années plus tôt, plus précisément le 8 novembre 2013, il a été arrêté et transféré à la brigade criminelle d'El Gorjani. Son arrestation intervient suite à une procédure engagée par le ministère public en raison de ses propos visant des cadres du ministère de l'Intérieur qu'il accuse d'être derrière l'assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
Maher Zid est, également, accusé d'entretenir des relations avec Abou Iyadh. D'ailleurs, le ministère public a déjà ouvert une enquête à son encontre à ce sujet.

Présenté sous plusieurs casquettes, dont celles de journaliste d'investigation et de spécialiste des questions sécuritaires, on ne sait comment présenter Maher Zid. Une chose est sûre cependant, il a bénéficié de l'amnistie générale et a été recruté en tant que greffier au Tribunal de première instance de Tunis. Un fait qu'il essaye de faire oublier par tous les moyens.

Actuellement, Maher Zid fait brandit l'argument de la liberté d'expression pour faire passer ses accusations, alors qu'elles sont dénuées de toute preuve tangible. Il surfe sur la vague des dernières tensions ayant éclaté entre des journalistes et des syndicats sécuritaires pour mener sa campagne orchestrée contre le ministre de l'Intérieur Lotfi Brahem. Une manœuvre aussi louche que douteuse qui pousse à se demander pour qui roule « l'irréprochable » Maher Zid.


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