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In memoriam : Salah Zeghidi, l'irréductible révolté
Publié dans Business News le 02 - 04 - 2019

Salah Zeghidi nous a quittés il y a de cela un an, jour pour jour. Le 2 avril 2018, les Tunisiens apprenaient la triste nouvelle. Les hommages n'avaient pas tardé à abonder sur les réseaux sociaux, mais également d'abjectes insultes dirigées contre celui qui a été un fervent défenseur de la laïcité et des droits de l'Homme.

Tous ceux qui ont connu Salah Zeghidi de près ou de loin peuvent en témoigner. L'homme, la personne, amoureuse de la vie et de ses plus belles manifestations. On se souvient de lui, toujours volontaire, actif, souriant, solaire. On se souvient du militant farouche et infatigable, de tous les combats, depuis des décennies, pour une société et une Tunisie évoluées qui aurait eu, au bout du chemin, gain de causes des obscurantismes.
Son parcours militant depuis les années soixante est une preuve irréfutable de ses profondes convictions. Salah Zeghidi avec son infatigable verve luttait pour une justice sociale, pour l'égalité entre les femmes et les hommes, les libertés syndicales et politiques et bien évidemment la laïcité.

Après la révolution et l'avènement de la troïka au pouvoir, il a fait d'Ennahdha et de la montée en force de l'islam politique, son ennemi numéro 1. Il était à la première ligne de ceux qui s'étaient érigés contre les islamistes. Salah Zeghidi dévoilait, avec pour seule arme sa plume, les dessous de leur stratégie. Il alertait l'opinion publique sur ce qui pourrait advenir de la Tunisie, si les démocrates se laissaient submerger par les islamistes, si ces derniers venaient à se sentir sur un terrain conquis.
Pendant les années post-révolution, les articles et les actions de Salah Zeghidi ont enrichi le débat politique. Avec son départ, les démocrates tunisiens ont perdu en lui un combattant tenace et intransigeant.
L'immonde campagne de dénigrement dont il a fait les frais, alors qu'on venait d'annoncer son décès, en dit long sur le personnage. C'est que par son franc-parler et son verbe courageux, Salah Zeghidi dérangeait et pas qu'un peu. Rétrogrades de tous bords s'étaient réjouis de la triste nouvelle. Ils s'étaient indécemment déchaînés ignorant la peine de sa famille et de ses amis. Ils ont montré leur véritable visage de haine et de violence, contre lequel le défunt n'a cessé de nous mettre en garde.

Depuis les années 60, Salah Zeghidi a passé toute vie à défendre ses convictions jusqu'à ses derniers jours. Sa dernière apparition, remarquée, a été la marche nationale pour l'égalité dans l'héritage qui s'est déroulée le 10 mars 2018. Quelques jours plus tard, il est victime d'un accident vasculaire cérébral qui a nécessité son hospitalisation. Le 2 avril, à 77 ans, il nous quitte, suscitant un grand émoi.
« Papa s'en est allé, entouré et aimé des siens, mais aussi de vous toutes et tous. Gardez en mémoire son beau sourire et sa passion pour la vie ». C'est en ces termes que sa fille Meriem Zeghidi Adda a annoncé son décès.

C'est tout un pan de l'Histoire contemporaine de la Tunisie qui s'évanouit à sa disparition. Figure notoire de la gauche tunisienne, il avait été emprisonné en 1968 avec les Perspectivistes. En plus de ses appartenances politiques, Salah Zeghidi était un syndicaliste chevronné au sein de la puissante UGTT. Il avait contribué à la fondation de la Fédération générale des banques et des établissements financiers, défendant les droits des employés du secteur. Il faisait également partie du comité directeur de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme. Très actif au sein de la société civile, il s'est donné pour mission de lutter pour les valeurs humanistes si chères à son cœur et à toute une génération de Tunisiens avides de liberté.

Pour le premier anniversaire de son décès, une cérémonie « simple et chaleureuse » autour de ses amis sera organisée à El Teatro le 8 avril à 17h « pour se souvenir de ce qu'il a été et ce qu'il a représenté », annonce sa famille.
Salah Zeghidi est parti trop tôt. Son parcours, son expérience, manqueront dans les nouveaux combats auxquels la Tunisie s'apprête à faire face, mais il laisse un héritage. Celui d'une pensée progressiste et d'un engagement sans faille pour défendre les causes nobles. Il laisse ce souvenir marquant d'une personne réfractaire à l'obscurantisme, d'une personne ivre de liberté, le souvenir d'un irréductible révolté.


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