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Fort et simple
«Nhebbek Hédi» de Mohamed Ben Attia
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 03 - 2016

A partir de lundi, le film tant attendu et doublement primé au festival de Berlin sortira sur nos écrans. Une brillante étude de caractère du Tunisien lambda. Ce n'est pas un film à couper le souffle : mieux, il nous en donne un nouveau!
Fortement simple ou simplement fort ! On hésite d'abord à faire le choix. Mais lorsqu'on parle de film fort, on a l'habitude de sous- entendre un film «coup de poing» qui traite de sujets graves avec son cortège d'effets sonores et de travail sur le pathos, ses images fortes qui s'inscrivent dans une facture particulière. Mais la force de «Nhebbek Hédi» est justement loin de tout ça. Autrement dit, ce n'est pas un film qui nous coupe le souffle, mais c'est un film qui nous en donne un nouveau. C'est peut-être le premier film tunisien de ces dernières années qui, par une histoire tout à fait banale, nous attache à l'écran sans nous donner à réfléchir mais en nous donnant une autre dimension sur notre perception de l'individu. Un individu (en l'occurrence Hédi) qui ressemble à tous les Tunisiens ou presque dont la personnalité est multiple, un individu hésitant, qui ne sait pas ce qu'il veut, qui a un mini-talent qu'on brime, qui se marie pour se marier et qui n'offre aucun intérêt pour personne. Comment filmer tout ça sans tomber dans le discours et dans le piège du télévisuel? Le tour de force du réalisateur ici est d'avoir filmé ce personnage de l'intérieur et d'avoir trouvé un acteur qui offre ce type de pâte, à savoir Majd Mastoura. Un point de vue de héros certes, mais l'interprétation de ce dernier est d'une grande justesse. À aucun moment il ne nous fait sentir qu'il est en train d'acter dans ce rôle de composition assez complexe somme toute. Son langage corporel est d'une extrême conformité avec le personnage et nous communique toute cette strate de non-dit que l'écriture veut transmettre. Nous étions même frappés que, même filmé de dos et sans prononcer une parole, Hédi pouvait nous dire son extrême désarroi. Rim Ben Messaoud a également porté Majd Mastoura en trouvant le point juste ou «la diagonale du fou» qui fait que deux personnages arrivent à nous communiquer cette vraie-fausse sensation que la vie les a vraiment réunis. Là aussi, le casting a fait mouche, car, disons le mot, peu d'actrices tunisiennes auraient réussi ce rôle tellement l'image de leur «moi» les empêche de fusionner avec l'acteur qui leur fait face. Rim Ben Messaoud l'a fait dans ce rôle qu'elle qualifie comme celui d'une «vraie Tunisienne, rebelle et insoumise qui a envie de vivre et de suivre ses rêves.»
C'est très difficile d'écrire, de filmer et d'interpréter les histoires anodines et de décrire une vie plate comme un trottoir, une émotion qui contamine le spectateur. Qu'est-ce qu'il y a d'émouvant dans l'histoire d'un jeune homme qui annule son mariage parce qu'il s'est embarqué dans une passion amoureuse à l'improviste ? Rien, de prime abord, mais l'écriture cinématographique de «Nhebbek Hédi» apparemment est très particulière dans sa grammaire puisqu' elle tisse entre les personnages un rapport plein de non-dits et de sous-entendus. En fait, c'est une écriture qui transforme tous les personnages du film en un seul, conduit par Hédi (Majd Mastoura). Un personnage taciturne qui subit l'autorité de sa mère, de son frère et de son patron et qui «explose» tout d'un coup. Cela dit, «Nhebbek Hédi» qui dénonce la mainmise de la famille sur l'individu et la très froide et matérialiste conception du mariage tunisien tient sa force de son rythme. En effet, à part quelques rares effets sonores intelligemment placés, le film ne comporte pas de musique, mais il réussit à nous imposer par le rythme de son montage, «la respiration» de son personnage à mesure que celui-ci évolue. À aucun moment l'attention du spectateur ne tombe parce qu'il est justement accroché non pas à l'action mais à la tempête interne qui agite Hédi.
Seul film arabe présent à la 66e édition de la Berlinale, «Nhebbek Hédi» de Mohamed Ben Attia , produit par Dorra Bouchoucha , Jean-Pierre et Luc Dardenne, réconcilie le cinéma tunisien avec les grands rendez -vous cinématographiques du monde. Avec ce premier long métrage, Mohamed Ben Attia a obtenu le prix du meilleur premier film au festival de Berlin. Majd Mastoura a obtenu l'Ours d'argent dans la catégorie Meilleur acteur.


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