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Entrepreneuriat féminin: Comment libérer un potentiel bridé?
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 11 - 2022

Selon les statistiques officielles, seules 23% des entreprises sont dirigées par des femmes en 2021. Un taux, qui se situe en dessous de la moyenne mondiale, estimée à environ 33%, mais qui, toutefois, tend à s'améliorer. Ces chiffres renvoient à la condition féminine et au poids des stéréotypes de genre que les femmes traînent comme un boulet au pied.
L'entrepreneuriat féminin est un outil important d'autonomisation de la femme, de réduction des inégalités de revenu entre les deux sexes et de lutte contre le chômage féminin. Autant dire que c'est un moyen qui permet de mettre en branle un vecteur de croissance inexploité, puisque les femmes représentent la moitié de la population active. Mais il est clair —et les chiffres parlent d'eux-mêmes— que les barrières et les freins, qui entravent l'essor de l'entrepreneuriat féminin, subsistent malgré les efforts déployés pour libérer le potentiel entrepreneurial des femmes. Pour mieux aborder le sujet, le "Global Entrepreneurship Week" vient d'organiser, en partenariat avec l'Iace, une info session où il est question de dresser un état des lieux de l'entrepreneuriat féminin en Tunisie. S'inscrivant dans le cadre de la semaine de l'entrepreneuriat (qui s'est étendue du 12 au 18 novembre 2022), l'atelier, qui a été animé par Jalel Ben Romdhane et Emna Jammali, fondateurs de 1KUB (incubateur dédié à l'entrepreneuriat féminin), a permis aussi de présenter les structures d'appui et de financement qui accompagnent les femmes dans la création de leurs entreprises.
L'actionnariat, ce talon d'Achille
Chiffres à l'appui, les intervenants ont donné, dans un premier temps, un aperçu de l'entrepreneuriat féminin en Tunisie. En termes d'emploi, le paradoxe est frappant : alors que la gent féminine constitue plus de 60% des diplômés de l'enseignement supérieur, cette dernière est frappée de plein fouet par le chômage qui dépasse les 38% contre 15% pour les hommes. En effet, selon les statistiques officielles, seulemes 23% des entreprises sont dirigées par des femmes en 2021. Un taux qui se situe en dessous de la moyenne mondiale estimée à environ 33%, mais qui tend à s'améliorer. Dans le domaine de la Tech et l'innovation, ce chiffre est drastiquement revu à la baisse : seules 2,3% des start-up sont exclusivement fondées par des femmes, tandis que le taux des cofondatrices frôle les 34%. Majoritairement jeunes et spécialisées dans les filières d'ingénierie (61% d'entre elles sont âgées entre 21 et 34 ans), ces startuppeuses sont principalement attirées par les activités du E-Commerce et de l'Edtech. Les statistiques relatives à l'écosystème de l'innovation montrent, par ailleurs, que l'actionnariat est le talon d'Achille de l'entrepreneuriat féminin : plus de 18% des actionnaires femmes détiennent entre 0 et 5% seulement des actions de la start-up.
Traîner les stéréotypes comme un boulet au pied
Ces chiffres renvoient, en effet, à une réalité et à des facteurs intrinsèques qui brident le potentiel entrepreneurial des femmes. Emna Jammali, cofondatrice de 1KUB, a souligné, à cet égard, que des études ont été réalisées, en ce sens, et ont levé le voile sur la condition féminine et sur les véritables raisons qui empêchent les femmes d'aller de l'avant dans leurs projets. Il va sans dire que l'une des principales causes révélées, ce sont les stéréotypes de genre que les femmes traînent comme un boulet au pied. Elles doivent, constamment, équilibrer entre vie familiale et carrière et subissent une charge mentale importante, souvent sans aucun soutien familial en contrepartie. L'intervenante a précisé que les études ont également montré que les femmes sont souvent victimes du syndrome de l'imposteur. Ce qui les empêche de faire avancer leurs projets, car la confiance en soi est un élément-clé dans le monde de l'entrepreneuriat et particulièrement des start-up où on est appelé à prendre la parole et convaincre. La peur de l'échec est, de ce fait, très importante chez les femmes qui n'osent pas rêver grand.
Jammali a, par ailleurs, fait savoir que les difficultés d'accès au financement sont davantage accentuées, quand il s'agit d'entrepreneures. Prenant en exemple les résultats d'une étude réalisée en Europe, l'intervenante a souligné qu'un Business Plan présenté par un homme a 5 fois plus de chance d'être accepté que celui présenté par une femme. De surcroît, les entrepreneures sous-évaluent leurs besoins de financement et font montre d'une plus forte aversion au risque par rapport aux hommes : elles ont tendance à créer des entreprises de plus petite taille avec un haut effet de levier.
Quels sont les programmes d'appui à l'entrepreneuriat féminin ?
De son côté, Jalel Ben Romdhane a énuméré les programmes d'appui à l'entrepreneuriat féminin qui existent en Tunisie. Il s'agit, entre autres, du programme Riada qui est géré par la BTS et qui offre entre 10 et 300 mille dinars pour les micro-entreprises, TPE et start-up implantées dans 14 gouvernorats; des programmes AIR et AIR 2 qui permettent d'octroyer des subventions et des avances avec une bonification particulière pour les femmes et du projet Fast qui est codéveloppé par l'AFD et la CDC. L'intervenant a, en outre, recommandé aux entrepreneures de solliciter des plateformes de crowdfunding et surtout des prêts d'honneur ( à travers Initiative Tunisie et Réseau Entreprendre) qui constituent, selon lui, le mécanisme de financement le mieux adapté aux femmes. "Le networking manque beaucoup aux femmes qui sont éduquées à rester dans un environnement safe, alors qu'il est important pour une entreprise de se vendre. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, le self Branding est devenu beaucoup plus facile pour les jeunes générations à travers l'utilisation des réseaux sociaux", a commenté Jammali.


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