La part des exportations en régime offshore dépasse 78% du total des exportations, hors énergie. En contrepartie, les importations en régime offshore ne représentent que 36% du total des importations hors énergie. Ce qui dénote de la contribution à la valeur ajoutée du régime offshore Bien que l'apport des sociétés totalement exportatrices dans la croissance économique ait été longuement discuté, les offshores ont, énormément, contribué à l'intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales. Ce qui revient à dire que grâce à la libéralisation de l'export, notamment en instaurant le système offshore, la Tunisie a pu arracher une part du marché international sur lequel elle a pu se positionner durablement. Tout d'abord, rappelons que parmi les raisons évoquées par certains spécialistes pour démontrer les limites du système offshore, figure l'intégration de la Tunisie par l'Union européenne dans la liste des paradis fiscaux à cause des faveurs fiscales dont jouissent les sociétés offshores. A cela s'ajoutent les facilités de rapatriement des dividendes des sociétés totalement exportatrices, qui sont encore un point discutable. Mais pour la Tunisie les sociétés offshores ont permis de développer, à la longue, un tissu industriel assez robuste. Avantages comparatifs L'étude sur l'intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales, qui a été récemment publiée par l'Ocde, démontre le rôle des sociétés offshores pour une meilleure intégration de l'économie nationale dans le marché international, notamment en matière d'échanges commerciaux. En effet, durant les deux dernières décennies, la diversification et la montée en gamme des exportations tunisiennes ont été bien avérées. Le rapport évoque des avantages comparatifs de la Tunisie par rapport aux pays de la région, notamment grâce à la performance du secteur manufacturier qui est en train de céder la place en faveur des secteurs des technologies de pointe. « Les performances des filières électronique, mécanique, électrique, pharmaceutique et plastique sont particulièrement bonnes reflétant un investissement de longue date dans le secteur éducatif, notamment les sciences et l'ingénierie», indique le rapport. Les exportations ont fait preuve de robustesse face aux aléas des conjonctures économiques post-révolution, grâce notamment à une nature diversifiée et sophistiquée des exportations tunisiennes. Une structure d'exportation diversifiée et sophistiquée La diversification des exportations tunisiennes se sont bien améliorées durant les deux dernières décennies. Ainsi, en matière de produits exportés, la Tunisie dispose d'une structure d'exportation peu concentrée, c'est-à-dire, assez diversifiée puisque les 4 premiers produits précités exportés par la Tunisie représentent 26% du total des biens exportés en 2015 contre 33% au Maroc et 56% pour la moyenne des pays de la région MENA. En effet, selon le classement de l'Observatoire de la Complexité Economique (Oce) de l'année 2017, la Tunisie occupe la 39e place, mondialement en matière de complexité qui reflète la sophistication, la diversification et la spécificité des exportations, devançant tous les pays africains, y compris l'Afrique du Sud. Le rapport publié par l'Ocde prévoit des perspectives de croissance très favorables à l'horizon 2025, grâce à une orientation de plus en plus axée sur des exportations technologiques de pointe. Par ailleurs, la participation de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales a progressé pour atteindre le niveau de certains pays de l'Union européenne, à l'instar du Portugal. Toutefois, le rapport indique qu'une «levée des contraintes à l'exportation rencontrées par les entreprises du secteur onshore et le décloisonnement entre régimes offshore et onshore permettraient à la Tunisie de se hisser dans les chaînes de valeur mondiales et d'en tirer plus d'avantages, notamment en termes de progrès technologique, de création d'emplois et de richesse».