Les murs de la cathédrale Saint-Louis ont vibré samedi soir aux rythmes de la rumba et du cha-cha- cha sublimés par Ibrahim Ferrer le fils, et son groupe le Latin Cuban Group. Tous les ingrédients y étaient : congas ou plutôt "tumbadoras " en cubain, déhanchés rapides et sensuels dont seuls les Latinos détiennent le secret, ajoutez à cela le timbre viril et la tchatche du chanteur-musicien, le résultat ne peut que combler l'auditoire venu en masse pour clôturer en fête la 6e édition de Mûsîqât. Tout y était, certes, sauf les conditions adéquates pour profiter de ces moments de passion musicale, renvoyant au riche legs afro-cubain que l'artiste revendique et cultive. Oui, les gens se sont déplacés en grand nombre malgré les intempéries et non, l'on n'a pas prévu dans l'organisation ce flux de spectateurs… Résultat (et comme la salle ne jouit pas d'un jeu de niveaux), on a eu droit à un bloc de chaises entremêlées et à une mauvaise acoustique (un mauvais renvoi du son par rapport à l'espace). Donc, pour pallier le manque de places, des chaises supplémentaires ont été mises à la disposition du public, mais à part nous procurer des maux de dos, elles ne permettaient aucunement, faute d'espace, de bien profiter du spectacle…Malheureusement, cela n'a pas permis une bonne appréciation de la musique du fils Ferrer et de son groupe qui, pourtant, avaient de la répartie et sont connus pour s'être produits dans les plus grands festivals du monde. L'artiste avait insisté pour dire que la salsa et la rumba étaient également des danses invitant le public à se déhancher. L'envie y était (pour certains) M. Ferrer, mais l'aménagement ne le permettait, malheureusement, pas ! Cela n'a pas terni l'excellente programmation de cette 6e édition de Mûsîqât qui se voulait plus " ouverte " en investissant d'autres espaces, mais s'ouvrir est un risque, comme cela s'est vérifié par les organisateurs, et passer d'un espace restreint à d'autres plus larges n'est pas chose facile. Espérons que Mûsîqât parviendra petit à petit à bien tracer ce nouveau chemin qu'elle revendique dans la nouvelle Tunisie et trouver ce juste équilibre, tout en gardant la rigueur habituelle de son organisation et sa note singulière.