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Le projet de tous les défis
Construction de 30.000 logements sociaux d'ici à fin 2013
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 07 - 2012

• 1.400 MD d'investissement global et un appel d'offres international
• Mise en place d'une structure d'exécution composée de 40 membres au sein du ministère de l'Equipement et de l'Habitat
•Eradication de 10.000 habitations rudimentaires
•Importation d'une nouvelle technologie de construction
Le projet est grandiose. Les défis nombreux. Les Tunisiens, impatients. A-t-on tout dit sur le projet de construction de 30.000 logements sociaux en, à peine, deux ans? Pourquoi investir dans l'habitat avant l'emploi ? Le gouvernement provisoire élu compte-t-il sur la carte de l'atout cœur pour gagner la partie des prochaines élections ? Eclairages avec M. Moncef Sliti, chef de cabinet du ministre de l'Equipement et de l'Habitat.
Après la révolution, la question sociale s'est posée avec toute son acuité, ses difficultés et ses défis. Le chômage, la mère des tares sociales, en amont de la plupart des mouvements de contestation, a mis à nu l'ampleur de la pauvreté, de la précarité et de la marginalisation. Pour tout gouvernement post-révolution, la mission est claire : satisfaire, en priorité, les attentes sociales. La mission est loin d'être accomplie pour les multiples raisons que l'on connaît et le problème du chômage reste entier avec encore plus de chômeurs, de contestations et de doute. Quand le projet de construction des 30.000 logements sociaux, en deux ans, fut annoncé par le chef du gouvernement, M. Hammadi Jebali, en période de grandes agitations syndicales, l'étonnement est général et les questions nombreuses : avec quels moyens financiers ? Quels promoteurs ? Quels seront les bénéficiaires ? A quel prix ? Quelle structure sera chargée de l'exécution ? Et pour les centaines de milliers de chômeurs en attente d'un emploi, l'incompréhension est totale parce que « la révolution a été faite d'abord pour procurer du travail à ceux qui n'en ont pas, au nom de la dignité retrouvée». Pour le gouvernement actuel, le logement social est tout aussi important que l'emploi et «ce qui compte le plus n'est pas tant le nombre de logements à construire, ni les délais d'exécution, mais le fait de mettre sur les rails un projet intégré d'envergure qui tentera de résoudre plusieurs problèmes à la fois, à court, moyen et long terme, y compris celui du chômage», explique M. Sliti, soulignant au passage que la concrétisation de ce projet relèvera de la responsabilité de l'actuel gouvernement et de celui qui lui succèdera après les prochaines élections. Et pour manifester ses bonnes intentions, le gouvernement Jebali décide de faire mieux que tous ses prédécesseurs en optant pour un projet grandiose, onéreux, voire «difficile à réaliser», selon certains professionnels.
Projet intégré, clés en main pour 1.400 MD
L'idée du projet est partie d'un constat irréfutable: la demande en logements sociaux (35.000 chaque année) dépasse de loin l'offre (10.000 annuellement dont 1.500 réalisés par les promoteurs immobiliers publics). Cela, malgré un marché du bâtiment potentiellement important avec 60.000 permis de construction délivrés annuellement, 2.300 promoteurs immobiliers privés aux côtés des promoteurs publics, à savoir la SNIT (un logement sur 7 est construit par la société), la SPROLS (spécialisée dans le logement social), l'ARRU et l'AFH, fournisseur des terrains constructibles. Deuxième constatation : la prolifération des habitations rudimentaires autour des grandes villes et en milieu rural, révélée au grand jour par la révolution du 14 janvier. Pour les nouveaux responsables du secteur de l'habitat, les solutions ponctuelles appliquées par le passé ne suffisent plus et la conjoncture post-révolution impose une nouvelle approche en matière d'habitat social. L'approche des grands moyens pour satisfaire la plus grande demande.
Le projet est donc grandiose, touchant simultanément les 24 gouvernorats et dépassant les capacités nationales de construction. L'enveloppe globale d'investissements est conséquente, estimée à 1.400 millions de dinars (MD), l'équivalent du sixième des investissements publics, dont 100 MD prévus dans la loi de finance complémentaire. D'où viendra le reste ? «Pour répondre aux besoins du projet en investissements et pour réduire les coûts et les délais d'exécution, nous avons lancé un appel d'offres international et nous sommes ouverts à toutes les propositions, tunisiennes et étrangères, de financement, d'études, de construction et autres», affirme M. Sliti.
Deux objectifs stratégiques sont assignés à ce projet de type intégré, clés en main : d'abord, l'éradication définitive des habitations rudimentaires et leur remplacement par de nouveaux logements sur place ou à proximité ; puis, la construction du plus grand nombre possible de logements sociaux pour satisfaire une demande croissante en cette catégorie d'habitations. «Nous démarrons avec 30.000 logements, mais nous comptons aller jusqu'à 50.000 voire plus, le logement est une priorité pour le Tunisien, c'est une culture, et il n'a pas tort, ne dit-on pas quand le bâtiment va, tout va», avance M. Sliti, convaincu que ce projet contribuera à résorber une partie du chômage et à impulser le secteur du bâtiment et des matériaux de construction locaux. Qui se chargera du suivi du projet ? Selon le chef de cabinet ministériel, une unité chargée de l'exécution du projet a été créée au sein du ministère de l'Equipement et de l'Habitat. Rattachée au cabinet ministériel, l'unité compte une quarantaine de membres et est constituée administrativement d'une direction générale, de quatre directions et de plusieurs sous-directions.
Enquêtes sociales et affichage des listes des bénéficiaires
Les délais d'exécution limités à deux ans, 2012 et 2013, est un autre défi pour les instigateurs du projet qui comptent réaliser au moins dix mille unités d'ici à la fin de l'année en cours. Une gageure, le premier trimestre de 2012 ayant été consacré à la mise en place des cadres juridique et financier du projet. Parallèlement, il aura fallu ratisser large et, par le biais des services sociaux concernés, faire l'inventaire de tous les « gourbis » existants dans chaque gouvernorat et identifier les familles bénéficiaires du projet. L'opération se poursuit encore à ce jour. D'ores et déjà, on avance le chiffre global de dix mille habitations rudimentaires qui vont être remplacées par des logements décents d'une superficie de 30 à 50 mètres carrés, selon les données personnelles de chaque famille, et dont la construction, de type classique avec des matériaux de construction locaux, sera confiée aux tâcherons locaux. Le gouvernorat de Kébili, le plus avancé dans le projet, a identifié 258 «gourbis» répartis sur 7 délégations et a déjà lancé son appel d'offres pour la construction, à leur place, d'autant de logements de catégorie 1, pour une enveloppe estimée à 6 MD dont 5 MD ont été versés par l'Etat, en première tranche, la même pour tous les gouvernorats. Selon le directeur régional du ministère de l'Equipement et de l'Habitat à Kébili, Les clés devraient être remises à leurs bénéficiaires le 1er mars 2013. Les travaux de construction devraient prochainement démarrer également dans les gouvernorats de Gabès et de La Manouba, les cahiers des charges étant fin prêts et les appels d'offres lancés.
Qui sont les bénéficiaires ? Sur la base d'enquêtes sociales effectuées par les services relevant du ministère des Affaires sociales, une première liste est établie et affichée au siège de la délégation. Ce procédé permet de recueillir les oppositions quand elles existent et de signaler les éventuelles omissions. A Kébili, près de 500 nouvelles demandes ont été rajoutées et deux oppositions examinées. «Ce procédé va être appliqué pour toutes les listes qui vont être élaborées dans le cadre de ce projet ; elles seront affichées au siège des délégations, c'est le meilleur moyen de respecter les règles de la transparence et d'éviter les tentatives de malversation de quelque nature que ce soit», précise M. Sliti. Les bénéficiaires de l'ensemble du projet devront appartenir aux catégories dont les revenus ne permettent pas d'accéder au FOPROLOS, soit entre zéro dinar et deux à trois fois le Smig.
Subventions de l'Etat jusqu'à 50% et facilités de paiement avec trois années de grâce
Le principe social fondamental du projet répond à trois soucis : la compression des coûts des logements, les facilités de paiement accordées aux bénéficiaires et la réduction des délais d'exécution. Pour cela, le ministère de l'Equipement et de l'Habitat prend des mesures audacieuses. La première : les lots de terrain viabilisés appartiennent au domaine de l'Etat, ce qui contribue à baisser le prix du logement (240 ha à El Fajja, gouvernorat de La Manouba, dont 30 ha déjà viabilisés).
La deuxième permettra l'intégration d'une nouvelle technologie basée sur le préfabriqué pour la construction des logements sociaux et dont une partie sera importée. «Cette technologie n'est pas onéreuse et permettra de réduire les délais d'exécution», explique M. Sliti. La troisième mesure concernera les modalités de paiement. L'Etat s'engage d'emblée à «subventionner» une partie du prix de vente du logement, lequel est estimé à 35.000 dinars. «La participation de l'Etat pourrait aller jusqu'à 50% du montant », avance le chef de cabinet du ministre de l'Equipement et de l'Habitat. Le reste sera remboursé sur 25 ans sans intérêt avec trois années de grâce. «Nous tenons à ce que le citoyen, bénéficiaire du logement, surtout celui qui est en mesure de le faire, participe même symboliquement au financement, et ce, afin de bousculer la mentalité d'assisté; seules les familles démunies ou les bénéficiaires portant des handicaps bénéficieront de la gratuité», ajoute M. Sliti. Cela dit, le responsable n'omet pas de souligner la disposition exprimée par certains promoteurs et fabricants d'équipements sanitaires de participer à la réalisation de ce grand projet en faisant des dons ou en procédant à des réductions de leurs prix. Et de confier: «Nous comptons également lancer une campagne pour sensibiliser les promoteurs et tous ceux qui peuvent et veulent participer à cette noble cause».


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