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L'Afrique, le parent pauvre de la diplomatie tunisienne
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 11 - 2012


Par Ezzeddine ZAYANI*
La conférence des ambassadeurs de Tunisie, tenue récemment presque en catimini, a mis l'accent sur le développement des relations de la Tunisie avec l'Afrique. Le président de la République a consacré une partie de son intervention à ce thème. Le ministre des Affaires étrangères a mis, lui aussi, en exergue l'importance des échanges dans tous les domaines avec le continent noir.
Toutefois et indépendamment de ces discours de façade, la Tunisie perd quotidiennement d'innombrables opportunités en Afrique. Pis encore, la crédibilité de notre pays a été mise à rude épreuve aussi bien auprès des officiels africains qu'au niveau de la société civile du fait de nos choix irrésolus.
1) 30.000 postes d'emploi volatilisés
Les analyses, expertises et évaluations sont presque unanimes sur le fait que le continent africain est sans équivoque le continent qui est en mesure de sauver la croissance en Europe, en particulier, et dans d'autres pays de la planète, en général.
Les richesses colossales du sous-sol africain, les immenses opportunités qu'offre le sol africain pour l'agriculture et surtout le retard enregistré par de nombreux pays dans différents domaines à cause de l'instabilité politique et des guerres civiles sont des atouts qui ne trompent pas.
D'ores et déjà, les vrais connaisseurs, ceux qui parlent peu mais qui agissent vite et bien, sont sur place. Outre ceux qui y sont installés, la Chine, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et récemment la Turquie sont à pied d'œuvre et s'arrachent les marchés et les contrats juteux : les mines, le pétrole, la construction de routes, d'aéroports, d'immeubles, la mise en valeur des terres agricoles, l'élevage, la pêche et même le transport aérien. Rien n'est laissé au hasard. Les délégations d'hommes d'affaires et des prospecteurs qui envahissent les capitales africaines se comptent par centaines. A titre d'exemple et selon l'Inse français, il y aurait plus de 20 mille cadres français qui ont émigré en Afrique les trois dernières années pour échapper à la crise chez eux. Et la Tunisie ? Fort de mon expérience personnelle en tant qu'ancien ambassadeur accrédité dans quatre pays d'Afrique centrale, je peux affirmer qu'hormis les initiatives personnelles de quelques cadres tunisiens qui ont eu le flair et l'intelligence de privilégier la destination Afrique, rien de concret n'a été entrepris par le gouvernement actuel pour encourager les cadres tunisiens à s'installer sur le continent noir, laissant ainsi les opportunités à d'autres nationalités.
Les hauts responsables congolais à Kinshasa et à Brazzaville ont fait des appels du pied pour que des experts tunisiens, même sans expérience, viennent nombreux occuper des postes vacants en médecine, en agriculture, dans le tourisme (gestion des hôtels), etc... Aucune réponse. Les visites du ministre des Affaires étrangères en Afrique se comptent sur le bout des doigts d'une seule main, des visites hors celles effectuées à Addis-Abeba dans le cadre des différentes réunions de l'Union africaine.
J'avais proposé, dans le cadre d'une meilleure présence tunisienne en Afrique, la révision voire la refonte des réunions des commissions mixtes entre la Tunisie et ces pays, ainsi qu'un redéploiement de nos postes diplomatiques. Mais en vain. Toutes mes suggestions et celles de mes collègues sont demeurées sans suite.
La question que l'on est en droit de se poser est celle de savoir «à qui s'adressent les discours de nos responsables sur l'Afrique ?».
C'est de l'irresponsabilité de lancer des vœux pieux et de perdre des opportunités, que j'évalue personnellement à près de 30.000 postes d'emploi au profit des cadres tunisiens.
2) De quelle Afrique parle-t-on ?
Nous avions cru, naïvement, nous autres diplomates tunisiens, au lendemain de notre glorieuse révolution que le gouvernement allait adopter une véritable stratégie qui ouvrirait les portes de l'Afrique à nos hommes d'affaires et à nos cadres, surtout que les premiers discours des nouveaux responsables corroboraient cette tendance, mais ce fut malheureusement la confirmation du proverbe qui dit «chassez le naturel, il revient au galop», autrement dit, les clichés sur l'Afrique, c'est-à-dire «le continent des guerres et du sida», ont repris le dessus. En d'autres termes, combien de chefs d'Etat et de gouvernement ont visité la Tunisie ces dix derniers mois ?
Les responsables tunisiens ont préféré d'autres régions telles que le Japon, l'Allemagne, etc...
Ma déception était grande quand j'ai lu à la Une des journaux tunisiens que Tokyo, par le biais de son organisme Jica, a accordé un don à la Tunisie de presque 3 millions de dollars, et qu'au même moment, le même organisme japonais accordait un don à la République Démocratique du Congo de 22 millions de dollars US avec une différence de taille au niveau du traitement de l'information puisque les journaux congolais avaient signalé cette information dans un petit entrefilet sur leurs pages intérieures. De même et à titre indicatif, l'organisme allemand de coopération internationale a accordé au même pays et pour la seule année 2012, 249 millions d'euros pour l'assistance technique, tandis que le Club de Paris a fait un moratoire de la dette de la RDC de l'ordre de 7 milliards de dollars US.
De son côté, l'Union européenne accorde une aide annuelle directe aux 4 pays d'Afrique Centrale de l'ordre de 1,5 milliard d'euros.
Ces chiffres montrent sans ambages l'importance qu'accordent les partenaires internationaux à l'Afrique et à son développement tandis que nous, nous continuons à traiter le thème Afrique avec la même frilosité d'antan.
C'est dommage que la Tunisie n'ait réussi ces derniers temps qu'à dilapider ce qui reste de sa grande réputation qui date de l'époque bourguibienne. En effet, de nombreux Congolais gardent jalousement jusqu'à aujourd'hui chez eux et parfois dans leurs boutiques, des portraits de Bourguiba. Les Africains estiment peut-être à tort que la Tunisie s'éloigne d'eux de jour en jour, favorisant son arabité. Ils regrettent les rares visites des responsables tunisiens par comparaison avec ceux des pays occidentaux qui sillonnent l'Afrique sans discontinuer.
En définitive, les solutions existent, il faut juste avoir un pilote dans l'avion. C'est-à-dire arrêter une véritable stratégie pour l'Afrique, et ce :
– En constituant un ministère délégué ou à défaut un secrétariat d'Etat auprès du ministère des Affaires étrangères en charge uniquement des Affaires africaines et qui chapeauterait tous les intervenants dans le dossier africain, particulièrement celui des débouchés.
– Le premier responsable de ce département devrait être francophone et également anglophone, car la langue chez les Africains a une importance particulière.
De même, il serait impérieux que ce responsable ait une connaissance approfondie de l'Afrique, ses institutions et ses hommes. Avoir exercé quelques années en tant qu'expert ou enseigné dans un pays africain, n'est pas suffisant pour tisser un réseau de connaissances utiles pour la bonne marche des affaires et le développement des relations tous azimuts.
Le continent africain constitue à mon sens une bouée de sauvetage pour notre économie et surtout à nos cadres sans emploi. Il faut juste y croire car d'autres pays y ont cru tels que le Maroc, l'Algérie et l'Egypte, leur politique africaine est cohérente et leur présence est devenue remarquable. Sans nul doute, il s'agit d'une question de perception et surtout de continuité.
* (Ancien ambassadeur)


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