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Vous avez dit «discrétion» ?
Publié dans Leaders le 31 - 08 - 2016

«Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut qu'ils comprennent que dans l'espace public où se définit l'intérêt général, tous les citoyens doivent faire l'effort de recourir à la raison naturelle. Le conseil que je donne en cette période difficile, comme le recteur de la mosquée de Bordeaux, est celui de discrétion».
Discrétion ? Vous avez dit discrétion ? Rien ne prédestinait ce terme, si doux par sa sonorité à être un jour au centre d'une polémique, à devenir un nouveau point Godwin et à enflammer les réseaux sociaux. L'auteur de ces paroles, Jean-Pierre Chevènement, est connu pour être un grand ami du monde arabe et islamique, donc peu suspect d'islamophobie. Fraîchement nommé à la tête de la Fondation pour l'islam de France, il avait jugé utile, avant d'entrer en fonction, de conseiller la discrétion aux musulmans de France en ces temps troubles. Un conseil qui n'a pas apprécié par les musulmans de France. D'où cette volée de bois vert à laquelle il a eu droit sur facebook. Surpris par la violence des réactions, l'ancien ministre a dû s'expliquer : «J'ai voulu attirer l'attention sur les risques d'exaspération du communautarisme».
A moins qu'il n'ait subi un glissement sémantique, on ne comprend pas en quoi l'usage de ce terme peut choquer ? Par acquit de conscience, je me suis replongé dans mon Petit Robert. Discrétion : attitude de quelqu'un qui veille à ne pas gêner les autres, à ne pas s'imposer; «attitude de quelqu'un qui veille à ne pas gêner les autres» y lit-on. Une fois de plus, cette sensibilité à fleur de peau à tout ce qui peut toucher de près ou de loin aux arabes et l'Islam est en train de nous jouer un sale tour en nous fourvoyant dans des explications oiseuses qui nous font retomber à chaque fois dans le discours victimaire et nous aliénent nos meilleurs amis. En fait, L'ancien ministre français a tout simplement touché du doigt, l'un des obstacles majeurs à l'intégration des communautés arabes et musulmanes en Europe. On l'oublie souvent : la civilisation occidentale est avant tout celle de la discrétion, dans les comportements quotidiens, dans les pratiques religieuses. la discrétion, c'est le pilier du savoir-vivre. On n'élève pas la voix dans la rue, on n'affiche pas ses sentiments, on n'attire pas l'attention sur soi. Les communautés asiatiques de France l'ont compris alors que les musulmans se complaisent dans des comportements qui gênent leurs concitoyens : l'épanchement, l'ostentation et le verbe haut.
Cela me rappelle un vieux souvenir. La scène se passe un dimanche du mois de juillet au petit matin dans une station de métro à Berlin. Des Tunisiens en mission en Allemagne échangent leurs impressions sur leur séjour en attendant le métro. Sur les quais déserts en cette heure matinale, leurs voix résonnaient si fortement que le guide allemand qui les accompagnait, gêné, leur demande de baisser la voix. «Je vous en prie, un peu plus de discrétion.Ils vont croire à une rixe», explique-t-il en dirigeant son regard vers un vieux couple allemand manifestement apeuré par ce brouhaha.
Il y a quelques années, une chaîne de télévision arabe avait diffusé une émission sur la communauté musulmane en Suède. Parmi les invités, un professeur palestinien résidant à Stockholm. Il fait un parallèle saisissant entre les communautés juive, parfaitement intégrée, et musulmane, qui ne l'est pas : «Dans la rue, vous auriez du mal à distinguer le Suédois de souche du juif. Ce dernier est discret, parle le suédois, n'ignore rien de l'histoire et de la culture de ce pays, se conforme à ses us et coutumes et se plie à ses lois. De retour à la maison, il redevient juif, met sa kippa, pratique sa religion et mange cacher. Il pousse le souci de s'intégrer jusqu'à suédiser son nom. Le musulman cultive sa singularité en vivant en communauté, ne parle que sa langue maternelle, ignore tout de son pays d'accueil, discute à haute voix au point d'indisposer les gens, provoque un scandale si on ne lui sert pas de la viande halal dans les restaurants et n'hésite pas à pratiquer sa religion dans l'espace public». Tout est dit.
Rien n'empêche aujourdhui les membres des communautés musulmanes d'Europe, à l'instar de celles des Amériques de s'intégrer et de réussir, ni la langue ni la religion. Mais leur comportement et parfois leurs accoutrements dans l'espace public détonent et inquiètent leurs concitoyens (45% des Français ont peur de l'islam). Ils doivent comprendre leurs sentiments, faire preuve d'empathie. Se confondre dans la multitude, ce n'est pas se cacher, ni renier ses origines. C'est manifester une ferme volonté de s'intégrer. Suivre le conseil de Jean-Pierre Chevènement serait sans doute un pas important dans la bonne direction


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