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Un insecticide à bannir d'urgence… pour protéger le quotient intellectuel de nos enfants et l'équilibre de notre balance commerciale
Publié dans Leaders le 24 - 06 - 2019

«Pendant que les citoyens marchent, les lobbys des pesticides avancent et le gouvernement recule.» Communiqué de la Fondation Nicolas Hulot (France)
Il porte le doux nom de Dursban, Pyrinex ou Lorsban. Il s'agit de l'insecticide organophosphoré Chlorpyrifos. Un vieux cheval de retour dont le brevet date de 1964 au profit de la firme américaine Dow. Sous le régime de Ben Ali, la municipalité de l'Ariana a utilisé le Dursban pour soi-disant éradiquer les moustiques et, pour faire avaler la pilule aux habitants de la ville des roses, a prétendu qu'il s'agissait d'un produit « neuf » âgé à l'époque d'à peine une quarantaine d'années !
Rappelons que Dow Chemical a abondamment fourni à l'armée américaine l'herbicide Agent Orange que les militaires ont répandu sur les rizières pour affamer le peuple vietnamien et pour détruire la jungle, sanctuaire de Ho Chi Minh et des patriotes et des résistants à la dictature de Ngo Din Diem. L'agent Orange - via une terrible impureté, la dioxine - agit encore au Vietnam sur les femmes enceintes. On compte dans ce pays martyr le plus grand nombre de malformations congénitales au monde.
Dans notre pays, le chlorpyrifos est homologué sous plusieurs numéros : I.157-11 ; I.014-13 ; I.156-11… par la réunion de la commission ad hoc du 18 octobre 2017 qui a même autorisé de « liquider les stocks du produit Lorsban 5G ». Il est utilisé, entre autres, sur le maïs, la vigne, le figuier, les agrumes…
En fait, mis au point comme gaz de combat (gaz innervant) capable d'attaquer le système nerveux central (CNS) pendant la 2ème Guerre Mondiale et en mesure aussi d'interférer avec le développement du cerveau, l'industrie n'a eu aucun état d'âme pour le commercialiser comme insecticide dans le monde : pour la firme Dow, il devint même un produit phare. Celle-ci dépensa en 2016 la coquette somme de 13 635 982 dollars en lobbying pour promouvoir ce toxique et d'autres produits souvent aussi dangereux.
Pourtant, on sait depuis belle lurette que le chlorpyrifos est un redoutable poison. D'après wikipedia, en 1995 et en 2005, Dow Chemical a été condamnée à 732 000 dollars puis 2 millions de dollars d'amende, pour avoir dissimulé pendant 30 ans aux autorités, 249 cas d'empoisonnement au chlorpyrifos, insecticide phare de la compagnie Dow Chemical.
Ralentissement de la croissance du cerveau
En 2011, une importante revue américaine d'environnement a fait état d'une perte de 7 points de « Quotient intellectuel » (QI) pour les enfants les plus exposés à cette substance. On estimait en 2015 qu'un enfant né en Europe en 2010 perd 2,5 points de QI en raison des pesticides organophosphorés, tel le chlorpyriphos.
Les résultats d'une étude scientifique américaine, publiée en avril 2012 dans une revue scientifique donnant les comptes-rendus de l'Académie Américaine des Sciences (AAS), montrent des anomalies importantes causées par le chlorpyriphos-éthyl sur le développement du cerveau d'enfants dont les mères ont été exposées pendant leur grossesse en milieu urbain (jardins, parcs, terrains de golf).
Des liens avec l'autisme ont aussi été établi lors d'une étude publiée en avril 2012 par un grand journal scientifique américain le PAS.
L'exposition aux pesticides organophosphorés comme le chlorpyrifos serait associée à 59300 cas de déficience intellectuelle par an en Europe (Le Monde, 18 juin 2019, p. 10)Dans l'Union Européenne, huit pays interdissent le chlorpyrifos pour tous les usages. En France, il n'est autorisé que sur la seule culture des épinards sous le nom de Pyristar.
Aux Etats Unis, depuis 2001, les usages ménagers des pesticides organophosphorés -dont le chlorpyrifos- sont interdits. De plus, des sénateurs démocrates pressent l'Administration Trump de mieux protéger la faune des graves atteintes que lui infligent cet insecticide.
Quand le journal le monde met le paquet… et cite la Tunisie
Le Monde daté du mardi 18 juin 2019, consacre cinq colonnes à la Une et deux pleines pages au chlorpyrifos, « un scandale sanitaire majeur ». La Commission Européenne s'apprête enfin à le retirer du marché, elle qui, après deux décennies, se décide à évaluer les données fournies par le fabricant. Surprise : on découvre que le chimiste américain Dow a manipulé les résultats des expériences menées pour évaluer la toxicité cérébrale du produit. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale à l'Université du Danemark du Sud et à la Harvard School of Public Health de Boston (E.U) note que Dow a omis de rapporter des détails très importants sur l'action de son insecticide sur la taille du cerveau chez l'animal de laboratoire : « A partir du moment où l'on voit des choses comme un ralentissement de la croissance du cerveau, c'est alerte rouge. Ce n'est vraiment pas quelque chose que l'on peut ignorer. C'est pourtant ce qu'ils ont fait…..On constate des dégâts sur le développement du cerveau aux doses les plus faibles. Par définition, cela signifie qu'on ne peut pas établir de dose maximale tolérée : elle doit être zéro. » Pour cet expert, il est inacceptable que des femmes enceintes et des enfants soient exposés au chlorpyrifos « car il est probablement tellement toxique que, en pratique, on ne peut pas du tout l'utiliser. »
Le quotidien parisien donne des tableaux détaillant la présence du chlorpyrifos dans les aliments d'un certain nombre de pays européens ainsi qu'une liste des produits les plus contaminés. On lit que, en 2016, 41% des échantillons de graines de cumin sont contaminés ainsi que 39% des citrons, 29% des oranges, 26% des mandarines et 16% des coings.
Le journal fournit la liste des 15 premiers pays exportant des « aliments végétaux non transformés les plus contaminés dans l'Union Européenne » en 2016.
Si le Laos rafle – si on peut dire- la première place avec 44% d'échantillons contaminés et Chypre la deuxième avec 26%, la Tunisie s'adjuge, hélas ! la troisième place avec 19% d'échantillons contaminés par le chlorpyrifos à l'entrée du marché européen.
Ainsi donc, le chlorpyrifos homologué dans notre pays est dangereux pour la santé du Tunisien et pour le développement normal du cerveau de ses enfants, risque en outre de fermer les portes du marché européen à nos productions végétales.
Bien entendu, tous les Tunisiens souhaitent que leur pays soit élu au Conseil de la FAO à Rome mais il est urgent, pour nos responsables, de se pencher sérieusement sur l'emploi des pesticides dans l'agriculture et les foyers et tout particulièrement sur le glyphosate, le chlorpyrifos et l'ensemble de leur classe chimique.
Nos enfants, en particulier, ne nous pardonneront pas de laisser libre cours à ces toxiques dans leur environnement.
Le poète palestinien Ashraf Fayad- né à Gaza en 1980– actuellement en prison en Arabie Saoudite- écrit :
«Les enfants sont des moineaux
Mais
Ils ne construisent pas leurs nids
Dans les arbres morts
…………………………………………….
Ne force pas la planète à vomir
Et reste près d'elle, très près.»
«Instructions, à l'intérieur». Poèmes traduits par Abdellatif Laâbi
Le temps des Cerises, éditeur, Paris, février 2016.


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