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IA et transhumanisme : vers un dépassement de l'humain ? Risques et opportunités pour la Tunisie ?
Publié dans Leaders le 20 - 05 - 2025

Par Sofiane Zribi - Une époque où l'intelligence artificielle (IA) n'est plus un gadget technologique ou une fiction lointaine, mais une force qui redéfinit nos pratiques, nos professions, et nos vies. Une époque aussi où le transhumanisme, cette idée selon laquelle l'homme peut — et devrait — dépasser ses limites biologiques grâce aux sciences, cesse d'être un rêve de laboratoire pour devenir un projet techno politique structuré ouvertement vanté par l'équipe autour de Donald Trump et Elon Musk...
Et si, demain, l'humain n'était plus vraiment humain ? Si ce que nous appelons aujourd'hui "naturel", "vieillesse", "maladie", devenait obsolète ? Plus que des hypothèses : ce sont des trajectoires en cours.
Alors que nous pensons demain, la réalité des laboratoires californiens de la Silicon Valley nous crie " c'est aujourd'hui !"
IA et humain augmenté : la convergence est en marche
L'intelligence artificielle, telle que nous la connaissons — de ChatGPT aux systèmes médicaux de diagnostic prédictif — repose encore sur des bases dites "faibles", c'est-à-dire sans conscience. Mais elle évolue vite. Très vite. Et surtout, elle s'intègre de plus en plus dans nos corps et nos cerveaux.
Aujourd'hui déjà, des interfaces cerveau-ordinateur permettent à des patients tétraplégiques de bouger un bras robotisé par la pensée. Demain, des implants neuronaux — comme ceux développés par Neuralink — pourraient nous permettre de communiquer mentalement avec une machine, d'apprendre une langue en quelques heures, ou même de neutraliser une crise anxieuse par recalibrage en temps réel de notre activité cérébrale.
Dans ce contexte, l'humain devient une plateforme technologique à part entière. L'IA n'est plus seulement à notre service : elle s'incorpore, au sens propre dans notre corps. L'interface homme-machine tend de plus en plus à se dissoudre et une sorte de continuité entre l'information biologique et purement technique tend à s'installer.
Transhumanisme : nouvelle utopie ou rupture anthropologique ?
Le transhumanisme ne propose pas seulement de soigner. Il propose d'améliorer. De réparer, puis de perfectionner. De guérir, puis d'augmenter.
Longévité extrême, mémoire assistée par IA, performance cognitive boostée : ce qui relevait hier du fantasme est aujourd'hui discuté dans les congrès de neurotechnologies ou de médecine personnalisée.
Mais à quel prix ? Si les plus riches peuvent améliorer leur intelligence, leur forme physique, leur espérance de vie… que restera-t-il aux autres ? Une biologie "par défaut" ? Une existence standardisée ? Pire, ils deviendront inutiles, bons à effacer d'un coup de gomme atomique ou biologique.
Les inégalités sociales pourraient bientôt devenir des inégalités biologiques et cognitives.
Des scénarios contrastés
Voici décrits succinctement les trois scénarios possibles :
Scénario Description
Optimiste L'IA améliore la médecine, réduit les souffrances, et prolonge la vie en bonne santé. Une coévolution éthique et démocratique s'installe entre l'humain et la machine.
Ambivalent Le monde se divise : ceux qui ont accès aux technologies d'augmentation (élite cognitive et physique), et ceux qui ne l'ont pas. La fracture numérique devient une fracture anthropologique.
Dystopique L'IA atteint l'autonomie. L'humain devient assisté en tout, puis dépassé. Une nouvelle espèce émerge, post-humaine. L'ancien homo sapiens devient marginal, superflu.
Et nous, dans le monde arabe ?
Nous avons été tous surpris lors de la dernière visite de Donald Trump dans les pays du golfe de voir les pays arabes courir pour investir des milliards de dollars dans l'industrie d'IA américaine. Comme si les rois du golfe avaient soudain compris que l'IA sera la principale source de richesse dans les années à venir. Elle leur donnerait non seulement la pérennité du pouvoir mais aussi quelque chose de non évaluable, la longévité, la vie et la santé. Le bonheur éternel !
Dans nos sociétés du Sud, la question est encore peu débattue. L'IA est souvent perçue comme un progrès à imiter, le transhumanisme comme une curiosité occidentale. Pourtant, les choix qui s'annoncent nous concernent tous.
Voulons-nous subir cette révolution ou y participer activement ? Avons-nous les cadres éthiques, culturels, juridiques pour en débattre ? Et surtout : que voulons-nous préserver de l'humain, dans son imperfection, sa vulnérabilité, son lien au vivant et au sacré ?
La Tunisie, avec son héritage philosophique, médical et humaniste, a toute légitimité pour participer à ces débats. Il est grand temps de les ouvrir.
Une question de société, pas de science-fiction
Ce qui se joue ici dépasse les questions techniques. Il s'agit d'un nouveau contrat anthropologique.
Ce n'est pas à la machine de décider si elle peut penser à notre place, aimer à notre place, ou vivre à notre place. C'est à nous de poser les limites. Non par peur, mais par responsabilité.
L'IA peut nous aider à mieux vivre. Le transhumanisme peut offrir des solutions inédites. Mais si l'humain devient un simple produit modifiable, optimisable, dégradable… que restera-t-il de ce mystère qu'est une conscience, un regard, un rêve, un souffle ?
Pour que l'IA reste un outil, rien qu'un outil
La tentation de l'homme augmenté telle que l'a professé récemment à Djerba le psychiatre Raphaël Gaillard est forte.
Elle parle de nos fragilités, de nos deuils, à nos limites. Mais face à cette promesse de toute-puissance technologique, restons lucides.
Améliorer la vie ne signifie pas abolir l'humain. Prolonger la vie ne signifie pas perdre son sens.
Ceux qui ne prendront pas assez tôt le virage nécessaire, resterons sur le banc des spectateurs et demain sur celui des esclaves numériques.
La véritable grandeur de l'humanité n'est pas dans son efficacité, mais dans sa capacité à penser, douter, aimer, résister, créer. C'est la raison pour laquelle, si la Tunisie se veut un avenir, elle doit savoir le vouloir maintenant.


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