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Plan 2026-2030: Comment façonner la Tunisie de demain
Publié dans Leaders le 03 - 09 - 2025

Sera-t-il prêt à temps et adopté au début de l'année prochaine ? Le plan quinquennal 2026- 2030, en rupture avec les précédents, est adossé à un processus complexe. Il repose sur une méthodologie ascendante et décentralisée et un planning serré.
Premier fondé sur la Constitution de 2022, inscrivant de nouveaux engagements de l'Etat qu'elle instaure et les droits qu'elle octroie aux Tunisiens, il intervient dans un contexte régional et international en pleins bouleversements. Sa grande portée sera d'incarner les aspirations de la Tunisie et de la projeter dans le nouveau monde, la dotant de leviers puissants.
A l'inverse des plans précédents, c'est aux conseils locaux de formuler les projets. Réussiront-ils à se muer en véritables planificateurs capables d'intégrer les équilibres globaux ? Quel sera le volume d'investissements mobilisés, et comment seront-ils financés ? Quelles retombées concrètes peuvent espérer les Tunisiens d'ici à 2030 grâce à ce plan ?
Le premier cycle du plan 2026-2030, réservé aux territoires et aux secteurs, a été bouclé, à temps, le 31 août 2025. Pas facile d'y aboutir. Dans les 279 délégations que comptent les 24 gouvernorats du pays, les membres de cette nouvelle structure territoriale devaient identifier les besoins et fixer les priorités. Une architecture croisée a été minutieusement conçue dans une lettre de cadrage signée par la cheffe du gouvernement le 22 avril 2025. Elle inclut des exercices au niveau des gouvernorats, des districts et des 26 ministères. D'autres, transversaux, sont réservés aux grandes thématiques.
La première phase devait être clôturée fin août dernier, et l'ensemble du document du plan est à soumettre à l'examen en Conseil des ministres avant la fin de l'année. La version finale adoptée sera alors transmise au Conseil national des régions et des districts.
Retour sur un making of.
Au sein des conseils locaux, chacun y est allé de ses rêves, n'étant pas formé à la planification. Les débats et les arbitrages n'étaient guère apaisés. Mais la formation dispensée, les guides pratiques et l'accompagnement assurés par des facilitateurs ont réduit les ardeurs pour se concentrer sur l'essentiel. Une synergie commençait à s'installer pour parvenir à un accord.
Du local, il fallait passer aux conseils régionaux, où deux entrées étaient prévues : la première pour la prise en charge des projets locaux, la seconde, afin de prendre en compte les priorités régionales et leur cohérence. Le troisième niveau est celui des cinq districts qui maillent le territoire. L'enjeu est alors de veiller à l'intégration structurante et interrégionale des projets à retenir.A cet exercice territorial fondamental s'ajoute l'approche sectorielle. Chacun des 26 départements ministériels a eu la charge de formuler, dans un document de politiques publiques, ses propres orientations et projets. Il ne restait plus que les analyses et propositions transversales pour les grands thèmes d'intérêt commun : eau, changements climatiques, sécurité alimentaire, etc.
L'ensemble de cette première phase territoriale et sectorielle devait être bouclée avant le 31 août 2025. Le pari était difficile à tenir, surtout qu'il fallait gagner la confiance et l'implication des participants à tous les niveaux. Il aura fallu pas moins de 3 317 réunions locales, 154 séances de travail régionales et 12 sessions des conseils de districts pour aboutir à la formulation de 35 435 projets. Chaque projet est consigné dans un fichier électronique unifié, enregistré dans une base de données, et pouvant être consulté sous diverses entrées.
Sont-ils tous de qualité, pertinents, prioritaires et d'impact significatif ? Il est prématuré de se prononcer. Le bon sens et la connaissance de la réalité peuvent l'emporter pour certaines propositions.
Un changement positif
Comment le ministère de l'Economie et de la Planification s'y est pris ? En capitalisant sur une expérience acquise depuis l'indépendance au fil de 12 plans précédents. Mais aussi en activant les institutions concernées, notamment le Commissariat général au développement régional, les trois offices de développement régional, les équipes du programme de développement régional, les autorités et administrations régionales, les divers ministères et d'autres partenaires. Ils étaient invités à assurer un accompagnement efficace tout au long du processus, jouer un rôle de facilitateur et fournir les renseignements nécessaires.
«Ce qui est positif, témoigne à Leaders un membre de conseil local au Cap Bon, c'est que l'esprit de méfiance et de surenchère qui pouvait naître au départ s'est rapidement atténué en faveur d'une meilleure compréhension des notions de base de la planification et de ses enjeux.» Un cadre de l'administration ajoute : «Un véritable réseau de planificateurs locaux et régionaux s'est créé. Il sera utile pour les prochaines étapes d'adoption et dans la mise en œuvre.»
Et le financement ?
L'ultime phase est déclenchée. Dès le 1er septembre commence, en effet, un travail d'analyse, d'évaluation, de mise en cohérence et d'intégration dans les agrégats globaux. C'est une tâche essentielle qui doit tenir compte des choix fondamentaux, des nouvelles perspectives qui s'ouvrent et de la capacité réelle de réalisation. Chaque projet sera examiné quant à sa pertinence, son impact et son maillage dans les stratégies nationales.
Quid du financement ? C'est la grande question qui reste pour le moment sans réponse claire, tant que les projets définitifs ne sont pas encore retenus et leur chiffrage n'a pas été établi. Le plan 2026- 2030 connaîtra un début d'exécution à la faveur du budget de l'Etat pour l'année 2026, mais demeure tributaire des ressources financières mobilisables.
Outre le financement, les contraintes sont multiples. Manque de cadres et de spécialistes de haut niveau, forte pression sociale sur l'emploi, érosion du pouvoir d'achat, vulnérabilité économique externe et capacité d'exécution réduite. La détermination est grande pour les surmonter.
Façonner une Tunisie nouvelle
Plus qu'une simple compilation de projets, le plan 2026-2030 se veut l'expression d'une vision nationale et des aspirations des Tunisiens. Il s'agit de façonner un nouveau visage pour la Tunisie, de l'ancrer dans l'avenir et de répondre aux attentes profondes de la société. Le recensement général de la population et de l'habitat (Rgph 2024), ainsi que divers documents préparatoires, offrent des bases solides. Des enquêtes d'opinion, des analyses sociologiques et philosophiques, tout comme l'apport de spécialistes en géopolitique et en technologies, enrichiront encore la réflexion et aideront à tracer des perspectives durables.
Au ministère de l'Economie et de la Planification, la question revient avec acuité à chaque plan. Divers experts sont associés pour s'y atteler.


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