Ils seront plus de deux cents délégations des nations à défiler à Pékin, dans quelques jours. Cela fait plus d'un siècle depuis qu'un aristocrate inspiré a eu l'idée de faire ressusciter les jeux de l'antique Grèce. Pour glorifier certaines valeurs précisait-il, commune la droiture, l'intégrité, le désintéressement et la plus fondamentale de toutes : la justice. Depuis 110 ans, tous les quatre ans quand les guerres le permirent l'olympisme s'est ainsi, voulu comme le symbole de l'éthique qui devrait régir la jeunesse et donner au monde les raisons pour faire régner la paix et imposer la justice. Mais, Hélas ! ces raisons ne servirent la plupart du temps qu'à répéter des slogans que le temps a fini par les rendre comme des coquilles vides. Car à l'Idéal de Coubertin, bien d'autres intérêts, plus palpables furent substitués. L'amateurisme pur et dur a fini par céder la place au mercantilisme. Au naïf "esprit sain dans un corps sain", le dopage porta préjudice. Et quant à la devise chère à Coubertin qui assure que l'essentiel est de participer, elle tomba vite en désuétude devant le conquérant qui "vaincre à tout prix". Même les droits élémentaires des nations sont désormais subordonnés à la Politique, comme le simulacre des protestations sur le parcours de la flamme, il y a deux mois. Pouvait-on espérer une manifestation de ce genre s'il s'est agi de réclamer par exemple, une place pour la Palestine dans le défilé prochain ? Se trouvera-t-il même une voix pour rappeler que ce pays qui, aujourd'hui, n'existe que dans nos rêves, put, il y a un siècle, le premier pays à déléguer des athlètes arabes aux jeux. Il fut un temps où les valeurs humaines avaient un répondant dans l'olympisme. Aujourd'hui, il ne reste plus que la forme.