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A chacun « sa démocratie »
Publié dans Le Temps le 13 - 06 - 2007

« Vérité en deçà des Pyrénées ; erreur au-delà ». C'est Pascal qui le dit et c'est plus que jamais d'actualité.
En 1981, La Rose de Mitterrand faisait irruption dans l'Elysée et à l'Assemblée Nationale. Telle une déferlante, cette gauche Mitterrandiste et, pourtant, hétéroclite, proposait un projet de société nouveau pour les Français, et ceux-ci y ont, en majorité, adhéré. Pour la gauche de l'époque, c'est la démocratie qui triomphait...
En 2004, cette « gauche », autrement remodelée, obtenait vingt régions sur vingt-deux : la démocratie n'était toujours pas en cause... Et puis, s'est-on jamais posé cette question : Comment se fait-il que la gauche présidât presque tous les départements, paradoxalement, en pleine cohabitation avec un Chirac, chef d'un gouvernement de droite, assiégeant « affectueusement » un président de gauche ?
Mais, aujourd'hui, que la vague bleue réédite, mais à son profit, le scénario de 1981, voilà que la gauche s'insurge contre ce qui serait à ses yeux « un retour du totalitarisme par les urnes » ou, tout bonnement, contre le « pouvoir absolu » (le dernier Nouvel Obs.)...
Nul ne naît démocrate. Mais c'est quand même en France, berceau de la Déclaration des droits de l'Homme que l'on puise – autant qu'aux Etats-Unis et, à un degré moindre en Angleterre – l'essence de la démocratie, magistralement résumée par Georges Burdeau, dans son célèbre ouvrage « La Démocratie », publié en 1966 : « La démocratie est, aujourd'hui, une philosophie, une manière de vivre, une religion et presque accessoirement une forme de gouvernement ».
Le hic est, justement, dans ce « presque accessoirement, une forme de gouvernement ». Burdeau, tout comme les autres grands constitutionnalistes et politologue français : Duverger, Raymond Aron, Revel, lui-même, n'auraient pas songé un instant que l'exercice de la démocratie comme « forme de gouvernement » conduirait à cette cohabitation, une bizarrerie institutionnelle donnant naissance à une commodité juridique doublée d'une impossibilité politique.
Or, si la France en est là à devoir tout refaire, à devoir rétablir des équilibres s'étant sclérosés depuis des décennies ; si le pouvoir d'achat baisse et que l'inflation galope ; si, encore, elle n'a pas résolu les problèmes autour de l'immigration et si elle a été absente sur la scène internationale alors que l'équilibre de la planète capotait, c'est justement, à cause des paralysies successives provoquées par ces cohabitations contre-nature.. Peut-on dès lors en vouloir à Sarkozy s'il brûle la politesse à tous ceux qui prendraient le temps de se réorganiser et de réémerger selon l'ancienne formule des législatives pour, au mieux grignoter des sièges, au pire (cela dépend de quel côté on se place), rééditer une nouvelle cohabitation ? Ce mode de scrutin des législatives, tel que pratiqué, dimanche dernier a, sans doute, quelque chose de coercitif comme le sont, d'ailleurs, toutes les proportionnelles... Mais il y a déjà deux tours... Et, il y a eu un record d'abstentionnistes !
Ce n'est pas la démocratie qui est en cause. Mais Sarkozy est dans sa logique : pour refaire la France, il a besoin d'une Assemblée qui lui soit ralliée... On dira, bien sûr, que le pouvoir législatif en sera réduit, avec près de 500 députés bleus, à une « Chambre d'enregistrement ». Quelqu'un l'a déjà écrit sur un canard français : sauf que cette appellation « Chambre d'enregistrement » a été inventée durant les années 60 pour qualifier les parlements dans des régimes à parti unique. Et tiens, tiens, avec De Gaulle, c'était presque le cas, puisque sa trouvaille, le référendum était pratiquée dans une forme de plébiscite : c'est-à-dire, une espèce de conditionnement et de fait accompli.
Avant-hier, soir, sur France 2, un candidat socialiste ruait dans les brancards : « M. François Hollande m'a parlé d'un projet nouveau... Or, c'est quoi ce projet si ce n'est que la vie du parti socialiste dépend de la vie du couple Hollande/Royal ».
C'est, peut-être, là, c'est sans doute là le problème de ce Parti Socialiste. Il n'est pas politique. Il est sociétal...
Au-delà de l'écume des choses, Sarkozy aura réussi à briser les clivages idéologiques. Alors que Royal croyait pouvoir battre Sarkozy sur le terrain idéologique, le futur président soumettait tous ses concitoyens à une sorte d'exorcisme idéologique. Une libération. On rendra tout de même grâce à la vague bleue et à la démocratie française (celle-là même qui l'a rendue possible) d'avoir presque anéanti le Front National.


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