La soirée a débuté, vers 9H avec une heure de retard, à cause, visiblement, de l'arrivée tardive de quelques invités, par le Slam de Hatem Karoui, intitulé « 66 histoires tunisiennes », en allusion à 1966, l'année du lancement officiel des JCC, et l'hommage rendu au cinéaste Nasser Khemir. La cérémonie de remise des prix était animée par les deux humoristes Lotfi Abdelli et le Congolais Phil Darwin qui ont égayé l'ambiance par leurs sketchs originaux. Il est à remarquer que les journalistes étaient obligés à aller chercher leurs invitations chez le comité d'organisation qui en a livré une par institution médiatique. Cela a indisposé, en particulier, les femmes et les jeunes filles parmi eux qui n'étaient pas motorisés et qui ne pouvaient pas se faire accompagner d'un parent ou d'un ami pour rentrer à une heure tardive de la soirée, étant donné que ces invitations étaient individuelles. Le film palestinien « Omar » a, presque, raflé tous les prix Le film palestinien « Omar » de Hany Abou Assâad a remporté haut la main la compétition, puisqu'en plus du Tanit d'or, il a, également, obtenu celui du prix Jury Jeune, le prix du public et celui du meilleur scénario. C'est une vraie moisson réalisée par ce film qui, de l'avis du grand jury, « permet de voir l'amour s'épanouir dans les cœurs d'un jeune couple à travers la poésie de leurs lettres et dans la complexité de la cause palestinienne ». Pour le Tanit d'Argent, il a été attribué, dans la même catégorie, au film marocain « C'est eux les chiens » de Hicham Lasri, tandis que le Tanit de Bronze a été décerné au long métrage « Before snowfall » de Hisham Zaman( Irak). Un prix spécial Jury a été décerné au long-métrage sénégalais « Des étoiles » de Dyana Gaye. Le Prix du meilleur rôle féminin a été décerné à Suzan Ilir pour son rôle dans le long-métrage « Before Snowfall ». Quant à celui du meilleur acteur, il a été accordé à Khaled Ben Aissa pour son rôle dans le film algérien « L'Oranais » de Ilyès Salem. Pour les courts-métrages, le Tanit d'Or a récompensé le film tunisien « Peau de colle » de Kaouther Ben Henia. Le Tanit d'Argent a été attribué au film « Madama Esther » de Luck Razanajaona (Madagascar ), et le Tanit de Bronze au film « Les jours d'avant » de Karim Moussaoui » d'Algérie. Dans la catégorie des documentaires, le Tanit d'Or a été attribué au film « The wanted 18 » d'Amer Shomali et Paul Cowan (Palestine). Le Tanit d'argent a été décerné au film « Examen d'Etat » de Dieudo Hamadi (République démocratique du Congo). Le Tanit de Bronze a été attribué au film tunisien « El Gort » de Hamza Ouni. Une mention spéciale a été décernée dans la catégorie documentaire au film sud africain « Nelson Mandela: the myth and me » de Khalo Matabane. Enfin , pour ce qui est de la compétition nationale, le premier prix du Centre national du cinéma et de l'image (CNCI) a été décerné au film « Pousses de printemps » d'Intissar Belaid. Le deuxième prix a été attribué par le CNCI au film « Abderrahmane » d'Elias Sfaxi. Le prix de TV5 Monde a récompensé le film « Boubarnous » de Badi Chouka. Un public en or C'était une soirée inoubliable qui restera ancrée à jamais dans les annales des JCC non seulement pour son organisation, quasiment, sans faille et la qualité des films projetés, mais aussi par le grand enthousiasme qu'elle a suscité chez le grand public cinéphile qui les a suivies et qui était au nombre de 100 000. La 25ème édition marque un tournant historique à plus d'un titre. D'abord, tous les invités que nous avons rencontrés étaient unanimes à reconnaître ce grand succès et à exprimer leur gratitude envers la direction et le public qui leur ont réservé un accueil chaleureux partout où ils sont passés, dans les salles, aux hôtels, dans la rue... Ils ont, grandement, apprécié l'hospitalité légendaire des Tunisiens. Ensuite, on n'a relevé aucun différend parmi les membres du jury qui ont travaillé dans une ambiance bon enfant grâce, notamment, à la sagesse et la modestie de son président, l'illustre producteur américain, Danny Glover, qui n'a jamais essayé d'imposer son statut, bien au contraire, il a toujours été à l'écoute des autres membres qu'il faisait, systématiquement, participer à toutes les décisions sans essayer de se prévaloir de sa voix prépondérante, comme l'a témoigné l'un d'entre eux, Selma Baccar. On est donc loin des dissensions et polémiques qui ont caractérisé certaines éditions précédentes où des verdicts ont été contestés et où des prix ont été supprimés pour éviter des rivalités. Enfin, le dispositif de sécurité était bien installé et les journées se sont déroulées sans connaître le moindre incident malencontreux, en dépit de la fragilité de la conjoncture et des menaces qui pèsent sur le pays. Toutefois, sur le plan artistique, la participation tunisienne laisse à désirer comme le témoigne son absence au podium de la compétition prestigieuse des longs métrages. Ce soir-là, l'avenue Bourguiba et le Théâtre municipal de la ville de Tunis ont brillé de mille feux grâce à la grande affluence du public, dont la grande partie était restée à l'extérieur et dont les acclamations se faisaient entendre à l'intérieur de la salle, et à la présence de stars et icônes du cinéma arabe et du football mondial, à l'instar de Leila Alaoui et Eric Cantona. La grande nouvelle c'est que les éditions de ces journées seront, dorénavant, annuelles. C'est une manière d'entrer dans le giron des grands festivals internationaux. Les raisons en sont nombreuses, se rapportant à des impératifs techniques, artistiques et autres, comme nous l'ont expliqué certains invités. Ce qui est sûr c'est que cela est de nature à dynamiser la vie culturelle dans le pays, qui est l'une des armes les plus efficaces pour lutter contre l'extrémisme religieux qui tend à travestir notre culture nationale, bien ancrée dans nos mœurs depuis de longues décennies, en interdisant l'art, la science et la joie de vivre. En général, le bilan est plus que satisfaisant et vivement les JCC 2015 !