Lors d'un point de presse tenu, hier, au palais du gouvernement à la Kasbah, le ministre de la Formation professionnelle et de l'Emploi, Ziad Ladhari , a annoncé un train de mesures urgentes pour la période à venir, destinées à atténuer les effets du chômage. Selon le ministre, le nombre des chômeurs a atteint 605 mille d'après les statistiques de 2014 dont 241 mille diplômés du supérieur au moment où plus de 100 mille élèves interrompent leurs études chaque année et que plus de 80 mille nouveaux diplômés du supérieur sont enregistrés chaque année. Ces chiffres, a-t-il dit, font du dossier de l'emploi un des plus grands défis nationaux à l'étape actuelle, notamment à la lumière du recul de l'investissement étranger et le ralentissement de l'investissement intérieur, outre la fermeture de plusieurs entreprises économiques et la baisse du nombre des travailleurs. Ce programme urgent du ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi pour les 100 premiers jours de son entrée en fonction comporte un ensemble de dispositions tendant à l'encouragement de la création de projets et d'entreprises privées de la part des diplômés du supérieur grâce à l'institution de nouvelles formules de financement des petits projets et l'appui des entreprises qui rencontrent des difficultés parallèlement à la mise en service d'un portail sur l'Internet relatif aux concours de recrutements dans la fonction publique et le secteur public. Le ministre a indiqué que l'objectif est d'aider à la création de 13 nouveaux projets pendant 2015 et ce à travers l'institution d'un nouveau mécanisme appelé « mécanisme de contribution » qui doit permettre aux diplômés du supérieur de disposer de l'autofinancement des projets qu'ils désirent créer et dont le coût varie entre 100 mille et 150 mille dinars et ce à hauteur de 25% du montant de l'investissement. Au même moment il a été décidé de porter la durée de remboursement des crédits qui leur sont consentis pour créer leurs projets à 12 ans avec 12 mois de délais de grâce, parallèlement à l'obligation de traiter les dossiers de demande de prêts auprès de la Banque tunisienne de solidarité dans 20 jours au maximum et au démarrage de la mise en œuvre du projet pilote portant sur la création d'entreprises d'économie solidaire devant bénéficier notamment aux régions intérieures. Appui aux projets en difficulté Dans le même esprit, 2000 projets en difficulté ont été inscrits dans le cadre de l'initiative d'appui aux entreprises rencontrant des difficultés et ce en leur accordant des prêts se montant jusqu'à 5000 dinars à titre de fonds de roulement. S'agissant du projet de création d'un portail sur l'Internet relatif aux concours de recrutement dans le secteur public, il vise à unifier les sources d'informations dans ce domaine ainsi qu'à renforcer la transparence de ces concours en adoptant l'inscription à distance. Ce portail sera fonctionnel au mois de mai prochain. Parmi ces cinq mesures urgentes retenues par le ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, figure, aussi, la mise en œuvre d'un programme pilote visant à impulser les initiatives régionales et locales en matière d'emploi en fournissant les financements nécessaires pour la création d'opportunités d'emploi au profit des chômeurs en fonction des spécificités régionales et locales. La cinquième mesure urgente tend, enfin, à encourager l'inscription dans les centres de formation professionnelle en généralisant la bourse de 60 dinars accordée actuellement à certaines spécialités à 50 nouvelles spécialités de façon à porter le nombre des spécialités bénéficiant de cette bourse de 60 dinars à 250 sur un total de 400 spécialités. En réponse aux questions des journalistes, le ministre s'est dit optimiste en ce qui concerne l'avenir de l'emploi en Tunisie, grâce aux nombreux projets programmés dans des secteurs porteurs, à l'instar de l'économie numérique, l'économie verte ou encore l'économie solidaire.