Dans son premier discours public depuis la fin du conflit armé avec Israël, le guide suprême iranien Ali Khamenei a salué ce qu'il qualifie de « victoire » de la République islamique face à l'ennemi israélien et d'« humiliation » infligée aux Etats-Unis. Une déclaration prononcée dans un climat tendu, moins de deux semaines après une guerre éclair qui a profondément marqué la région. Le conflit, déclenché le 13 juin par une offensive israélienne soutenue militairement par Washington, a duré douze jours et causé, selon les autorités sanitaires iraniennes, la mort de 606 personnes et plus de 5 000 blessés sur le territoire iranien. L'opération israélo-américaine a ciblé plusieurs installations militaires et nucléaires, ainsi que des infrastructures civiles. Plusieurs figures majeures des forces iraniennes, dont des scientifiques nucléaires, ont été tuées. Une riposte iranienne d'envergure Dans sa riposte, l'Iran a lancé une vague massive de missiles balistiques et de drones sur le territoire israélien. Une partie importante de ces projectiles a échappé aux défenses anti-aériennes israéliennes, provoquant selon le ministère de la Santé israélien la mort de 28 personnes et plus de 3 000 blessés. Les médias israéliens ont parlé d'un niveau de panique inédit dans certaines zones civiles. Khamenei a salué l'unité de la population iranienne face à cette agression, affirmant que « le peuple s'est levé comme un seul homme et a soutenu les forces armées, montrant la véritable âme de la nation ». Il a ajouté que les forces iraniennes avaient « percé les systèmes de défense ennemis » et « exposé leurs bases à nos missiles ». Un avertissement direct à Israël et aux Etats-Unis Le guide iranien a prévenu que tout nouvel acte d'hostilité israélien entraînerait une réponse encore plus destructrice. « Toute agression contre la République islamique aura un coût exorbitant pour Israël », a-t-il déclaré, qualifiant l'Etat hébreu de « régime sioniste artificiel en décomposition ». À l'adresse des Etats-Unis, Khamenei a reproché à l'administration Trump – toujours en fonction après sa réélection – d'avoir « surévalué les résultats de ses frappes pour faire bonne figure ». Il a qualifié l'intervention américaine d'« échec total » et d'« opération de relations publiques ». Selon lui, les frappes sur des installations nucléaires n'ont « pas eu les effets escomptés » et n'ont fait que renforcer la détermination iranienne. Refusant catégoriquement l'idée d'un « abandon inconditionnel » formulée par le président américain, Khamenei a martelé : « Une nation aussi ancienne et cultivée que l'Iran ne se soumettra jamais à de telles injonctions. Notre peuple est fort, notre volonté inébranlable. » Une guerre aux conséquences régionales durables La guerre de juin 2025 marque un tournant géopolitique au Moyen-Orient. Pour la première fois, l'Iran a réussi à frapper le territoire israélien de manière significative, démontrant ses capacités balistiques malgré les sanctions internationales. La solidarité de plusieurs pays de la région, ainsi que les réactions modérées de certaines puissances occidentales, ont mis en lumière un nouvel équilibre régional, plus incertain que jamais. À l'inverse, Israël sort affaibli politiquement, avec une opinion publique profondément marquée par les pertes humaines et les images de destruction. L'unité nationale affichée en début de conflit laisse place à des interrogations sur l'efficacité de la stratégie militaire et sur la dépendance à l'appui américain. Vers une redéfinition des rapports de force au Moyen-Orient ? Le discours de Khamenei s'inscrit dans une logique de communication de puissance et vise à capitaliser sur une guerre courte mais symboliquement lourde. Trois enseignements majeurs en émergent : 1. L'Iran affirme désormais une capacité de dissuasion crédible. L'usage massif de missiles et de drones combinés à une résistance interne forte place le pays au cœur du nouveau dispositif régional. 2. Les Etats-Unis voient leur influence contestée. Si leur appui militaire à Israël a limité l'ampleur des dégâts, il n'a pas empêché l'image d'un partenaire impuissant à empêcher une escalade destructrice. 3. Israël, affaibli, pourrait adopter une posture plus défensive dans les mois à venir, redoutant une nouvelle offensive asymétrique ou des troubles internes. À court terme, une nouvelle course à l'armement et un renforcement des alliances régionales semblent inévitables. Mais à long terme, ce conflit pourrait redessiner les contours d'un Moyen-Orient moins dominé par les équilibres d'hier et plus réceptif aux dynamiques multipolaires. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!